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Top modèle d’origine Camerounaise harcelée par un intellectuel Francais

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« Injures à caractère racial, violation des données informatiques et menaces » : une mannequin d’origine Camerounaise porte plainte contre Alain Soral.

Le 16 novembre en fin d’après-midi, Binti, une jeune femme de 33 ans au corps élancé, se présente au commissariat de Strasbourg. La top modèle et chanteuse noire vient pour déposer plainte contre Alain Soral et deux de ses proches. Un document que StreetPress a pu consulter. Les accusations courent sur plusieurs pages et sont lourdes :

« Injures à caractère racial, violation des données informatiques et menaces »

Ou des mails :

« Dans 10 ans ton corps sera tout sec, et avec ton gros pif sémite, tu ressembleras à un vieux chef indien ! Sur le marché du travail tu ne vaudras plus rien… »

Mars 2014 – la modèle réside à Los Angeles, d’où elle a découvert les vidéos de Dieudonné :

« Je le trouvais très chaleureux, comme un tonton. Et de voir quelqu’un, rejeté par tout le monde, qui se battait pour défendre les noirs, ça m’a touchée. Progressivement, je me suis intéressée à toute cette mouvance, et j’ai eu envie d’aider. »

Sa contribution est modeste, elle envoie via les réseaux sociaux des liens vers des articles de presse à Egalité et Réconciliation. Le 2 mars à 00h46 exactement, elle reçoit une réponse. « C’était Alain Soral lui-même. J’étais flattée », se souvient-elle. Sauf que ce n’est pas vraiment son soutien à la cause qui retient l’attention du leader d’E&R :

« Il me demande si c’était bien moi sur la photo. »

Binti est modèle, installée aux Etats-Unis, pour poursuivre une carrière débutée en France. Découverte lors d’un « casting sauvage » à Paris, elle pose pour la couverture du Monde 2, le supplément magazine du quotidien du soir. Le début d’une belle carrière et de nombreuses apparitions dans les plus grands titres, de Elle à Glamour en passant par Entrevue. Elle collabore un temps avec Karl Lagerfeld. Une carrière qu’elle met finalement en stand by, dans l’espoir d’aboutir un projet musical qu’elle travaille depuis plusieurs années.

Un parcours qu’Alain Soral juge « chic », se souvient Binti. « Au début, il était vraiment charmant, raconte-t-elle à StreetPress. Longtemps nous nous sommes vouvoyés. » Après quelques mails, ils échangent sur Skype. De longues conversations quasi quotidiennes. « Je lui ai raconté toute ma vie. Il écoutait. » Et progressivement la relation évolue en flirt. Il lui demande des photos intimes, qu’elle envoie. « Des photos d’art pris par des photographes professionnels et des selfies où je faisais attention à ne pas montrer mon visage », precise Binti. Ils parlent de se rencontrer, sans jamais que ça n’aboutisse. Elle lui fait aussi part de ses rêves de musique et Alain Soral se propose de la mettre en relation avec son ami Mathias Cardet, l’un des fondateurs du label Bras d’Honneur.

« Mathias était intéressé par ma musique, il voulait me signer. Moi j’étais contente. J’allais pouvoir rentrer en France pour lancer ma carrière. Mais du jour au lendemain, je n’ai plus eu de nouvelles. »

Joint par StreetPress, Cardet confirme :

« J’aimais bien sa musique, mais quand j’ai découvert que c’était la meuf de Soral, j’ai complètement lâché l’affaire. »

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Un coup au moral pour la jeune femme. Sa relation avec Alain Soral, connaît également des hauts et des bas. « On se disputait, parfois à cause de ce qu’il publiait sur Egalité & Réconciliation. Je n’aimais pas qu’il tienne des propos racistes sur Taubira. » Ils se rabibochent, « mais ce n’était plus comme avant ». Elle le trouve trop pressant, obsédé par son physique :

« Il me demandait tout le temps si j’avais grossi. Il voulait tout le temps des photos de moi sous tous les angles. »

Finalement la jeune femme décide « de rester amis ». Mais la pilule passe mal, raconte Binti :

« J’attends d’un homme qu’il soit gentleman. Je lui ai dit que mes amis hommes en général sont gays et qu’il serait mon premier ami proche hétéro ! »

« C’est là qu’il a craqué, affirme la jeune femme. Il n’a pas supporté d’être associé à des gays. » Lui, déclare par sms « Ce soir je pense que c’est le moment de te remettre à ta place. » Les insultes pleuvent : « Ton destin est d’être un fantasme à vieux blanc juif pervers… », « Tu as un gros nez d’homme ». La traitant de « Black à pédé ».

StreetPress a pu consulter de longs échanges de SMS et mails, parfois menaçants :

« Je garde tes photos sous le coude au cas où je trouverais que tu te la racontes un peu trop… »

En réponse elle le traite de « porc gras, la version ratée de DSK » et autres amabilités. Sur Facebook, Alain Soral se défend : il accuse Binti d’avoir la première lancé des insultes. En l’espace de 24 heures, il publie 6 posts sur le sujet, et dénonce notamment « une manipulation crapulo-sioniste ». StreetPress a essayé de contacter Alain Soral. Nos demandes sont restées sans réponses.

L’affaire dépasse progressivement la sphère intime. Le 16 août, elle reçoit aussi un mail anonyme de menaces que StreetPress reproduit ici :

Le mail anonyme. / Crédits : Binti

Son calvaire ne s’arrête pas là :

« Mon téléphone a été hacké et tout son contenu effacé. Ils voulaient sans doute faire disparaître les preuves, mais j’avais fait une copie de presque tout. »

Dans la nuit de lundi 17 novembre, une page Facebook parodiant son nom publie les photos dénudées de Binti (notamment les selfies dénudés envoyés à Alain Soral pendant leur relation), les parties intimes couvertes par… un ananas ! Sans doute en représailles à la diffusion par le paparazzi Elfassi d’un selfie d’Alain Soral nu dans sa salle de bain. La jeune fille assure ne jamais avoir transmis cette photo à Jean-Claude Elfassi. « J’ai même envoyé un mail à toutes les personnes qui avaient eu cette photo, leur demandant de ne pas la diffuser. Je ne voulais être instrumentalisée par personne », insiste-t-elle.

Au moment de sa plainte, Binti s’était rendue au commissariat accompagné d’un collègue. Elle a depuis fait appel à un avocat, pour la suite des poursuites judiciaires.

[via www.streetpress.com]

 

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