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Migrations: l’Europe dos au mur

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12 200. C’est le nombre de personnes qui sont arrivées à Munich en Allemagne pour la seule journée de samedi, 12 septembre. Ce tableau est révélateur du vaste mouvement des populations qui frappent aux portes de l’Europe pour s’y installer. Depuis de longues semaines, les réfugiés ne cessent d’affluer.

Pour l’essentiel, ils proviennent de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan. Cet afflux massif est lié à la déliquescence de la situation politique et sécuritaire dans les pays cités. Et ils ne sont pas les seuls. Si aujourd’hui, ce sont des mouvements en provenance de Syrie ou d’Irak notamment qui cristallisent l’attention, le continent européen exerce depuis toujours un attrait certain sur les populations d’autres régions du monde. Les souvenirs de naufrages en séries en Méditerranée ayant englouti des milliers d’Africains sont encore incandescents. Mais, ces derniers temps, l’Europe semble particulièrement débordée. Et ses capacités d’accueil et sa volonté intrinsèque d’ouvrir ses frontières aux réfugiés sont dès lors mises à rude épreuve.

Ce qui n’était encore,  il y a quelques semaines, qu’un mouvement de clandestins de plus, est devenu une véritable crise transcontinentale dont personne ne peut déterminer avec exactitude les conséquences. La crise des migrants est au cœur des débats en Europe. Les longues files de migrants syriens ou irakiens sur les routes, les images de morts dans cette quête du graal à laquelle se livrent hommes, femmes et enfants  a fini par attirer l’attention. Dimanche, vingt-huit personnes sont encore mortes noyées au large de la Grèce après le naufrage de leur embarcation qui transportait plus d’une centaine de migrants, selon des garde-côtes. Parmi les victimes retrouvées dimanche,  figuraient un enfant. Ces bilans macabres que l’on évoque quasi quotidiennement mettent aujourd’hui le continent européen dans un embarras indescriptible. Jamais l’Union européenne n’a été confrontée à un tel afflux de réfugiés sur son sol. Il s’agit de réfugiés fuyant des zones de guerre, les migrants économiques n’étant qu’une partie minoritaire de l’afflux actuel. Mais malgré cela, les pays-membres de l’Union européenne, destination finale des migrants, ont longtemps été incapables de s’entendre sur une position commune. Et c’est  dans la cacophonie qu’ils ont géré l’afflux de migrants, entre rejet vers les pays voisins et édification de nouvelles barrières.C’est le chacun pour soi, chacun tentant de se débarrasser du mistigri.

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Au demeurant, selon de nombreux observateurs, la situation que vit l’Europe, en cemoment, peut être assimilée à la plus grande crise de l’asile depuis la Seconde Guerre mondiale. D’où la forte mobilisation qui a fini par se constituer sur la question. Les atermoiements des politiques sur la réponse à apporter à l’afflux des réfugiés,  tranchent ainsi avec l’élan de solidarité affiché par les populations. Ainsi à Berlin, Paris, Londres ou Copenhague, de nombreux Européens sont sortis dans la rue samedi  dernier pour réclamer un meilleur accueil des réfugiés. Mais la question ne fait pas l’unanimité partout. Ainsi en Pologne, le week-end dernier, plusieurs milliers de nationalistes chantant « Polonais contre les immigrés » ont défilé dans les rues. Il y  avait même des slogans antimusulmans. Du reste, la plupart des pays sont confrontés à un ras-le-bol de leurs populations vis-à-vis de l’immigration musulmane. En Hongrie, l’Eglise catholique a évoqué une invasion (180 000 migrants ont passé ses frontières) avant de se raviser. Au Danemark, le pays s’est engagé dans un durcissement de sa législation sur l’immigration.

Cette semaine, un conseil extraordinaire des ministres de l’Intérieur de l’Ue sur la crise migratoire devrait se tenir pour tenter de résorber les divisions béantes entre les pays de l’Union. En attendant, la Chancelière allemande, Angela Merkel, milite pour une gestion collective des flux. L’Allemagne par la force des  choses est devenue championne de l’accueil des réfugiés avec 450 000 nouveaux entrants enregistrés en 2015. Un exemple que toute l’Europe devrait bien suivre.  Le président français François Hollande, a quant à lui, annoncé que la France allait accueillir 24.000 réfugiés sur les deux prochaines années. Ce mercredi, devant le Parlement européen à Strasbourg, Jean-Claude Juncker, le chef de la Commission européenne devrait demander aux Etats-membres de répartir en urgence 120.000 réfugiés supplémentaires au sein de l’Ue. Comme quoi tous concernés…

Simon Pierre ETOUNDI

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