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Médias : Guerre de tranchées dans la famille Fotso Victor

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L’opinion publique le savait confusément.Les enfants mêmes du milliardaire de Mbo tracent les grandes fissures de l’éclatement de l’une des plus  puissantes familles du Cameroun. Encore du vivant du père. Christelle Nadia Fotso est docteure en droit, avocate aux barreaux de Washington Dc et de Bruxelles. Ce n’est point en cette qualité qu’elle va parler de  l’ancien directeur général de la Cameroon Airlines, pris dans les tenailles de l’opération épervier et incarcéré à Yaoundé.

Dans les colonnes de Jeune Afrique, édition du 22 au 28 mars 2015, elle s’exprime surtout en tant que sa sœur, tous deux issus de Victor Fotso, maire de Bandjoun :

«Yves Michel Fotso est un adulte qui a fait ses propres choix. Il est donc pour le moins incongru de sa part d’attendre de l’homme intègre qui lui a donné la vie et un nom un sacrifice abrahamique lorsque son pays lui demande des comptes».

Et elle continue : «En somme, la véritable différence entre M. Fotso et l’un de ses nombreux enfants (Yves Michel Fotso, ndlr) semble, hélas, fondamentale ; elle explique sans doute les lieux d’où chacun d’eux parle : Fotso Victor croit au droit et reste avant toute chose un notable qui comprend qu’avec les privilèges viennent des devoirs et des obligations avec lesquels on ne peut transiger, surtout lorsqu’on vient d’une grande famille». Et elle conclut : «Cela s’appelle de la dignité. Elle est la force de ceux qu’à Bandjoun (village de Fotso Victor, ndlr) on appelle encore aujourd’hui peben (les notables)» ou les hommes, les vrais.

Pour comprendre cette sortie de Me Christelle Nadia Fotso, il faut revenir à l’édition précédente du même hebdomadaire, Jeune Afrique. Dans ce journal panafricain, l’ancien Pca de la commercial Bank of Cameroon (Cbc),  à travers des déclarations et des révélations aussi fracassantes que bouleversantes, n’a point fait de quartiers, en crachant son venin sur tous ses proches. Par exemple :

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«Je me rends compte à quel point la fortune peut fragiliser un homme âgé. Elle fait de lui la proie facile des prédateurs. Quand j’ai été arrêté, il (Fotso Victor, ndlr) s’est précipité à la prison dès le lendemain et m’a assuré de sa détermination à obtenir ma libération dans les plus brefs délais…Il disait espérer que son amitié avec le président Paul Biya faciliterait au moins une mise en liberté provisoire, même s’il devait pour cela donner toute sa fortune pour payer la caution…Malheureusement, quelques aigrefins sont parvenus à nous brouiller. En effet, comme je l’ai appris à mes dépens, au sein de ma propre famille, nombreux étaient ceux  qui espéraient ma disparition».

Que le fils du milliardaire utilise le terme «prédateurs» pour désigner ses frères qui ont trouvé en leur père une proie facile est révélateur de la rancœur qu’il nourrit à l’endroit des siens. Et pour le père, il lui trouve des circonstances atténuantes. Avec son âge. Il faut dire que c’est la première fois que l’ancien «capitaine d’industrie» accuse ainsi ouvertement des membres de sa famille, dont ses frères et sœurs, d’avoir dissuadé leur père de voler à son secours.

«Ils ont abusé de la faiblesse de notre père et l’ont convaincu de ne rien faire pour me sortir de cette situation, au prétexte, selon eux, que j’aurais falsifié son testament pour m’approprier une partie de son patrimoine et, surtout, que j’aurais manœuvré en coulisses pour le déposséder d’un immeuble de douze étages situé à Bonanjo».

Selon une élite Bandjoun proche de cette famille, «l’avenir n’est pas du tout reluisante pour la famille de ce patriarche qui était le symbole de la réussite pur nombre d’homme d’affaire de notre village et même de tout le Cameroun». Et dire que  ce milliardaire  dont la réussite a toujours forcé le respect de tous, est encore là pour assister à la déconfiture de son empire financier et de sa famille.

 David Nouwou

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