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Mecque: Un rescapé camerounais conteste le bilan fourni par le gouvernement

Blessé et rapatrié au Cameroun, Abdourachidi Tchiroma a compté au moins 100 compatriotes décédés. Au moment où les autorités parlent de 42 décès enregistrés. Le gouvernement du Cameroun cacherait-il la vérité au public au sujet du nombre de ses ressortissants morts dans la bousculade monstre du 24 septembre 2015 à Mina en Arabie Saoudite?

C’est ce que l’on est tenté de croire après avoir lu le témoignage d’Abdourachidi Tchiroma, un rescapé camerounais, sur le site lemondeafrique.fr. Alors que le consul du Cameroun à Djeddah, toujours en Arabie Saoudite, faisait état de 42 morts enregistrés au 28 septembre 2015, le président de l’association des agents de change de l’aéroport international de Douala parle d’une centaine de décès. «Cent Camerounais au moins sont morts.  Ce sont des mensonges que le gouvernement raconte. Près de 4 500 pèlerins Camerounais sont officiellement partis à la Mecque. Mais, d’autres comme moi, sont arrivés de manière individuelle. En tout, nous étions plus de 5 000. Tout s’est passé devant moi. En l’espace de quelques minutes, j’ai vu des frères avec qui je discutais quelques minutes plus tôt mourir», témoigne le miraculé qui confie qu’il a « juste été piétiné. J’ai eu plus de chance que les autres qui sont décédés», précise l’homme.

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Dans l’article de nos confrères français le blessé décrit le cœur meurtri un drame subit et brutal. «Il était 11 heures environ ce jour-là, commence-t-il avec peine. Les pèlerins s’avançaient lentement, sous un soleil caniculaire, vers le site symbolique de la lapidation de Satan. Comme c’était le premier jour, chacun devait lancer sept cailloux. J’ai lancé les miens et je me suis ensuite dirigé vers la sortie. C’est à ce moment que j’ai entendu des cris.». Par la suite, il va vivre des scènes insoutenables : des corps, entassés les uns sur les autres, du sang, des policiers qui tentent de calmer la foule et, surtout, des gens qui fuient dans tous les sens. «C’était la panique générale et c’est à ce moment que des personnes m’ont piétiné», explique-t-il. Le témoignage de M. Tchiroma vient faire naître la polémique.

Robert Ndonkou

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