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Mbalmayo : Il abat son collègue gendarme et se tire une balle dans la tete ( Images )

mbalmayo

Les raisons qui ont conduit au double drame restent encore floues. Mardi, 24 novembre 2015, il est 10 heures du matin. un élève-gendarme nettoie du sang sur le perron de la brigade territoriale de gendarmerie de la ville à l’aide d’une raclette et d’un seau d’eau. La porte d’entrée de couleur verte et le plafond de la brigade de gendarmerie de couleur banche  sont encore recouverts de minuscules gouttes de sang.

Sur le sol de marbre blanc, quelques bouts de chair humaine jonchent encore le sol. Sur le plancher du couloir qui conduit au bureau des archives, dans lequel les premiers coups de feu ont été tirés, on observe aussi plusieurs gouttes de sang. La salle des archives où le crime s’est produit est restée intacte.

L’on aperçoit ici des paires de chaussures dames, dont une paire de sandales de couleur noire qui, selon des sources sur place, appartiendrait à une dame, témoin oculaire du drame, laquelle se faisait auditionner dans ce bureau. L’une des deux tables qui se trouvent dans le réduit et une partie du mur portent des impacts de balles. Derrière la porte, une veste de couleur noire, protégée par un plastic transparent, semble n’avoir pas été endommagée.

Il est 12h 05 minutes lorsqu’un sous-officier (adjudant-chef) rejoint la brigade d’un pas alerte. « Nettoyez rapidement ce sang, la légionnaire arrive », lance-t-il à l’un des gendarmes assis sur un long banc en bois, installé sur le perron de la brigade. Le jeune gendarme s’exécute. Le sous-officier rejoint certains de ses collègues à l’intérieur de la brigade pour une concertation. Une dizaine de minutes plus tard,  un véhicule 4×4 entre dans la brigade, à l’intérieur duquel se trouve des officiers de gendarmerie, dont une dame. Avec son équipe, elle descend du véhicule et reçoit un salut militaire retentissant du sous-officier qui profite pour lui souffler des mots, tout en restant au garde-à-vous. « C’est l’équipe d’enquêteurs commis pour cette affaire », déclare l’un des gendarmes. La demi-dizaine d’officiers est tout de suite conduite à l’intérieur de la petite brigade qui est de plus en plus fréquentée depuis la veille.

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Enquête

Les faits se déroulent lundi dans la brigade de gendarmerie de la ville de Mbalmayo, située à une cinquantaine de kilomètres de Yaoundé. Certains témoins retrouvés hier sur le lieu du crime sont toujours sous le choc des évènements de la veille. Selon ces témoins, les premiers coups de feu sont tirés à l’intérieur de la brigade de gendarmerie. « Ils venaient du centre-ville et étaient en train de discuter ici à l’extérieur. Quelques minutes après Nsangou (la victime, ndlr) est allé dans son bureau pour auditionner une dame. Tout de suite, Mbozo’o (l’assassin, ndlr) l’a suivi dans son bureau. Il est allé chercher une arme et après, nous avons entendu deux coups de feu. Mbozo’o est sorti avec l’arme en question. Il s’est pointé ici au perron et s’est mis une balle dans la tête », explique, émue, notre source. L’arme qui a servi au double meurtre est de fabrication russe et porte l’immatriculation 1967-Pr 1670. Selon la même source, le meurtre du nommé Valère Aimé Mbozo’o a été prémédité. « Il savait qu’il allait commettre un meurtre c’est pour cette raison qu’il a d’abord tout cassé chez lui », indique le gendarme.

Situé à une trentaine de mètres de la gendarmerie, le domicile du nommé Mbozo’o est sans dessus-dessous. Le gendarme a pris soin de démolir meubles et ustensiles de cuisine avant de se rendre à son poste de travail, où se trouvait son collègue. Selon des témoignages recueillis dans la ville, le nommé Nsangou jouissait apparemment d’une bonne réputation auprès de son entourage, contrairement à son bourreau. Affecté dans la ville de Mbalmayo depuis sept mois, le nommé Nsangou était, selon des personnes interrogées, très altruiste. « Il donnait régulièrement à boire aux gens et discutait avec tout le monde », indique l’un de ses collègues. Une autre source dresse un portrait différent de la victime. « Il était trop proche des femmes d’autrui et c’est ce qui lui a coûté la vie », tranche-t-il. L’enquête ouverte permettra de confirmer ou d’infirmer cette version des faits.

© Mutations : Jean Daniel Obama

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