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Mathias Owona Nguini: «Il ne fait pas bon pour les dirigeants de pays occidentaux de s’afficher aux côtés de Paul Biya…»

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Le politologue indique par ailleurs que la rareté des visites des dirigeants occidentaux au Cameroun semble traduire le fait que Yaoundé n’est plus une destination attractive pour ces personnalités. Dans une interview accordée au quotidien Le Jour, Mathias Owona Nguini, enseignant des Universités explique les raisons pour lesquelles depuis bientôt une décennie, le président Paul Biya n’a plus reçu ses homologues occidentaux à Yaoundé.

En effet, à titre d’exemple, depuis la visite de Jacques Chirac à Yaoundé en 1999, Etoudi n’a plus vu passer aucun président français. « Cela peut indiquer que Yaoundé n’est plus une destination attrayante. Cela dépend aussi de la manière dont les dirigeants se représentent l’Afrique diplomatique. Autrefois, Yaoundé apparaissait comme une destination attrayante. Ce n’est plus le cas », explique Owona Nguini.

Ce n’est pourtant pas la volonté de recevoir des grands dirigeants du monde qui manque côté camerounais. Car, dans le même temps, le Cameroun a reçu au plus haut sommet des dirigeants chinois et turcs, pour ne citer que ceux-là. Pour Owona Nguini, « les autorités camerounaises en général et le président Biya en particulier souhaiteraient pouvoir recevoir des personnalités de premier plan venant de grands pays occidentaux. Seulement, l’occasion ne leur est pas donnée. Par contre, ils ont pu recevoir des dirigeants comme les présidents chinois et turc. Ce qui signifie qu’ils sont disposés à accueillir des personnalités de premier plan venues d’autres pays ».

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Le Cameroun aurait donc perdu du poids sur le plan du marketing diplomatique international. Sur le plan matériel, le Cameroun ne gagne pas grand-chose et ne perd pas nécessairement grand-chose non plus. Par contre, sur le plan symbolique, cela démontre qu’il y a une forme de dévaluation relative du Cameroun sur la scène internationale et sur l’échiquier diplomatique mondial. La non-alternance au pouvoir – Paul Biya, 82 ans, au pouvoir depuis 33 ans – serait pour quelque chose, selon l’enseignant chercheur à la Fondation Paul Ango Ela. « En clair, il ne fait pas bon pour les dirigeants de pays occidentaux de s’afficher aux côtés d’un président comme Paul Biya, au pouvoir depuis plus de 30 ans… », conclut-il.

Onana N. Aaron

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