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Massacres de Boko Haram: Mednour, seul rescapé d`une famille de 35 personnes

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Samedi 4 avril 2015- Mednour a 35 ans. Comme tous les 33 326 réfugiés, officiellement enregistrés du camp de Minawao, il est nigérian. Il a fui son pays à cause des massacres que les éléments de Boko Haram perpétraient, à Bama, son village d’origine.

Il a fait partie des réfugiés qu’Isaac Lucas, notre guide, par ailleurs président du camp, a choisis de nous faire rencontrer, à cause de la particularité des atrocités dont il a été victime. Il nous conduit vers Mednour, 35 ans, assis à même le sol et discutant avec ses camarades réfugiés. Nous allons vers le groupe et abordons Mednour.

Dans son pays, il était enseignant. Mais, ici, dans ce camp d’accueil, il réapprend à vivre. Et comme chacun, il a son histoire. La sienne, fait aussi froid dans le dos, que celle des quelques personnes que nous avons rencontrées pendant ces 48 heures d’immersion dans ce camp situé à 85 km de Maroua à l’Extrême-Nord du pays.

Mednour, appartenait à une famille de 35 personnes, dont selon ces propres dires, au moins 25 d’entre elles, ont été sauvagement massacrées par des hommes d’Aboubakar Shekau, et les autres, introuvables.

« Dans ma famille il y avait plus de 35 personnes, les éléments de Boko Haram ont égorgé, près de 25. Moi, j’ai fui, pour avoir la chance derester de vie. Il y a des gens que jusqu’à ce jour, j’essaie d’avoir même au téléphone, sans succès. J’ai demandé aux membres de notre famille de Maiduguri, s’il avait vu ceux deBama sans suite. Ici, au camp, un réfugié qui est arrivé après moi, m’a raconté que derrière moi, d’autres membres de ma famille, avaient été tués », indique Mednour.

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Certains membres de sa famille ont été tués démembrés,écartelés entre deux camions, il nous raconte l’horreur, «un jour, les gens de Boko Haram ont attaché les pieds de mon cousin sur les cordes reliées de deux camions. Le pied gauche sur lecamion de gauche, et le pied droit, attaché sur une corde reliée sur le véhicule opposé. Au signal du chef, chaquecamion démarrait de son côté, écartelant petit à petit mon cousin, jusqu’à ce qu’il soit déchiré, en plusieurs parties. Ils lui ont fait subir ce supplice devant nous, par ce qu’il était policier. C’est comme cela que les gens de Boko Haram tuaient les policiers qu’ils capturaient. Ils les tuent devant témoin parfois, ils font des vidéos », va-t-il témoigner à koaci.

Mednour est très maigre. Il a le regard fuyant. Il dit avoir toujours peur pour sa vie, même étant au camp de Minawao. Il ne parle pas beaucoup et nous n’insisterons pas.

Armand Ougock, Maroua

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