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Martin Mbarga Nguele Le super flic désarmé dans l’affaire de bébé volé

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Pour donner le change à la famille du bébé disparu dans l’hôpital de la Police, le Dgsn a prescrit sans délai le retour du nouveau-né. En vain. Le 7 avril, aux alentours et dans la cour de l’Ecole nationale supérieure de Police, des hommes du Groupement mobile d’intervention, lourdement armés et visiblement très nerveux et excités, font le pied de grue.

A la manière de troupes mobilisées pour mater une manifestation à coups de feu et de canon à eau, ils sont prêts à en découdre avec tout contrevenant à l’ordre public. Mais ce matin, la raison de cette surexcitation se trouve, non pas dans la rumeur qui annonce une potentielle marche de solidarité de la société civile en soutien à quelque victime d’injustice ; c’est que la Police en a marre du feu nourri des médias au sujet du bébé volé dans son hôpital. Alors, pour taire ces rafales médiatiques, une action musclée est montée : punir le zèle d’Edith Viviane Djuala, la maman du bébé volé dans les locaux de l’hôpital de la police, qu’ils considèrent comme une indisciplinée, en l’expulsant sans ménagement.

Voilà les uniques gestes de solidarité de ce corps qui n’a pas pu éviter le vol du bébé d’une mère qui a choisi la sécurité des locaux de la Police, pour donner la vie.

On n’a plus entendu le Délégué général à Sûreté nationale (Dgsn), Martin Mbarga Nguele, qui avait pourtant annoncé  que l’on retrouverait le nouveau-né sans délai, après un ultimatum de deux jours. Aphone, muet comme une carpe, le Dgsn, dans une attitude qui frise le mépris, a tourné le dos au cas de cette jeune maman. Car, la veille, c’est le directeur dudit centre hospitalier, alors qu’elle est séquestrée depuis le vol de son bébé dans une pièce exigüe, et coupée de tout, qui lui annonce qu’elle est désormais indésirable en ces lieux. Ce qui sonne la fin de son séjour,  sans façons après deux semaines de captivité non sans menaces proférées contre le père.

Si on connaît les débordements des policiers et les abus de pouvoir dont font preuve certains gradés de ce corps, il est inimaginable voire impensable, sauf à être autiste, que l’ordre d’expulser Edith Viviane Djuala, victime d’un coup de vol survenu dans les locaux de la police, ait été donné par quelqu’un d’autre que le Dgsn en personne. Sinon, comment comprendre que l’ultimatum que du chef de corps n’entraîne aucune mobilisation ? Cet homme de 83 ans, arrivé à la tête d’un corps dont il est membre, réussit pourtant à séduire les populations avec ses méthodes.

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Ce questionnement ouvre la voie à aux critiques des méthodes d’une police qui ne veut rien assumer, et ne peut plus assurer la sécurité des familles qui choisissent de faire confiance à son hôpital. Après le coup de bluff du Dgsn et l’annonce de l’ouverture d’une enquête, comment comprendre qu’une victime se retrouve pratiquement embastillée. La faute : être mère et s’être fait voler son enfant. Où est passé le super flic qui tord le cou à la surcharge dans les taxis, qui traque les réseaux de faux, les policiers fictifs, les crapules dans les rangs du corps, le grand banditisme ou encore les velléités d’insurrection dans une ville sous surveillance.

Difficile de croire non plus que celui qui a occupé le poste de Délégué général à la Sûreté nationale entre 1983-1984, n’ait pas su ou pu prendre les mesures qui s’imposent, afin que de tels actes ne se produisent pas dans les locaux de la police. Pourtant, Martin Mbarga Nguele, qui a été inspecteur de police à 19 ans, avant de gravir tous les échelons du corps puis d’embrasser, après le coup d’Etat de 1984 une carrière de diplomate qui l’a, tour à tour, conduit au Zaïre (Rdc), au Brésil et en Espagne, aurait pu prévenir la survenance d’un acte aussi répugnant qui salit l’image d’une police déjà écornée par divers scandales et affaires.

Une affaire dont bien des indices montrent et démontrent qu’un étranger n’aurait pas pu pénétrer dans la salle sans que le personnel, tous des policiers, ne s’en rende compte. Loin de votre journal l’idée de croire que le patron veuille couvrir ses hommes, coupables de négligence, mais qui croirait que l’on puisse se passer d’une instruction du Dgsn de  façon aussi cavalière, sans conséquence. Pourtant, non seulement au bout de la période de 48 heures, le bébé est resté introuvable et Mbarga Nguele n’a pas bougé, mais c’est sur la mère que l’essentiel des recherches s’est orientée, et que se sont rués les hommes de la police pour étaler l’incurie dans sa forme la plus inacceptable. Mais aujourd’hui, la police est-elle encore le partenaire et le recours naturels des populations, avec ce qui vient de se produire à l’Ecole de police, et surtout l’issue qu’on lui connaît ?

Pierre Célestin Atangana

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