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Marthe Mendo Jam Afane : L’enfant de l’hymne national Camerounais

Jam Afane

Le 19 juin dernier, Marthe Mendo Jam Afane a présenté à la presse son premier recueil de poèmes intitulé « Cœur sur feuille », paru aux éditions Ifrikiya. Dans ses textes poétiques condensés en une soixantaine de pages, elle rend un vibrant hommage à son père, René Jam Afane l’auteur des paroles de l’hymne national du Cameroun décédé il y a 34 ans.  Aujourd’hui, son ouvrage lui sert de vitrine pour expliquer au Cameroun le manque de reconnaissance donc a été et est encore victime son regretté père. « Je pense que toute peine mérite son salaire », martèle l’auteure quand elle parle du manque de considération vis-à-vis de René Jam Afane.

En effet, selon l’écrivaine, le défunt qui avant sa mort avait pris soin de protéger son œuvre ne perçoit pas ce qui lui est dû et l’unique fois que cela a été fait, c’est la somme de 40.000 Fcfa que la  famille de l’illustre disparu a  perçue. Ce qui paraît injuste aux yeux de la fille de Réné Jam Afane. «Avec tant d’utilisation de l’hymne national, la somme de 40.000 frs est irraisonnable», soutient la fille courroucée. Elle lance ainsi un cri de cœur aux citoyens en charge de ces questions afin qu’ils jettent un regard compatissant vers la famille de celui-là qui porte l’histoire d’une nation.  Cette histoire commune qu’est l’hymne national et que l’auteure tente de ressusciter à travers ses vers.

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Agée de 57 ans, Marthe est la cinquième fille d’une fratrie de quatorze dont il ne reste plus que huit en vie. Ses études primaires, elle les a débutées à Sangmélima dans son village natal puis à Sa’a et Yaoundé avant de poursuivre ses études secondaires aux Lycée général Leclerc, classique et moderne de Sangmélima et au collège de la Retraite. Une mobilité causée par les différentes affectations de son instituteur de père. Après l’obtention de son baccalauréat A4, elle se dirige sans hésitation à l’enseignement comme son géniteur et ses autres frères et sœurs.

Elle sera donc admise à l’École normale supérieure de Yaoundé où elle sort nantie d’une licence en lettres modernes françaises, puis du Diplôme des professeurs d’enseignement secondaire (Dipes) II. Avec ces graduations, Marthe va donc respectivement enseigner aux Ces de Mballa II et bilingue de Bonabéri puis aux lycées d’Elig-Essono et  bilingue de Limbé. Elle  y passera 17 années avant sa reconversion qui la conduit  à un  poste de responsabilité  au ministère des Finances (Minfi). Des occupations qui ont freiné  ses élans d’écrivaine. Malgré le temps perdu, Marthe couchait déjà ses textes sur du papier et les rangeaient afin de pouvoir les rassembler au bon moment. Elle y a donc mis près de 30 ans pour peaufiner « Cœur sur feuille ».

Viviane Bahoken


« Les petites choses » de Marthe Mendo Jam Afane… von bentoche77114

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