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Maroua : La police ( ESIR ) sèment la terreur dans la ville

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Installées il y a quelques années à Maroua, les Equipes Spéciales d’Intervention Rapide (Esir) sont au coeur de plusieurs exactions sur les populations.

Depuis quelques semaines dans les rues de Maroua, le comportement des éléments des équipes spéciales d’intervention rapide alimentent les débats dans les chaumières. Il ne se passe plus une seule journée sans qu’une plainte du genre s’élève contre ces hommes en noir. Selon certaines indiscrétions, ce corps s’est totalement accaparé du contrôle de la ville, mettant de côté la responsabilité du commissariat central et de ceux des arrondissements, de la police judiciaire, du Groupement mobile d’intervention (GMI)…

Le cas le plus alarmant serait cette sorte d’extorsion de biens aux victimes plaignantes qui se retrouveraient dans les mailles des Esir. Bien que ses actions soient ciblées, ce corps de la police aurait selon des indiscrétions, établi des montants à verser pour échapper à la terreur qu’il cause dans la plus belle des régions. Ainsi, pour rentrer en possession de sa moto saisie, même en possédant tous les documents requis, il faut débourser la somme de 15 000 de nos francs.Ces magouilles persistantes qui se passent sous le nez des autorités administratives et judiciaires ne sont pas sans aggraver le climat d’insécurité qui prévaut dans cette partie du pays. Les populations qui ne savent plus à qui s’adresser pour le minimum du confort sécuritaire se contentent des débats au sein des familles.

Parmi ces commentateurs de circonstance,se trouvent les étudiants de l’université de Maroua, non moins victimes.Comme pour conter leur mode opératoire, Martin Onambele, étudiant à l’institut Supérieur du Sahel explique: «je sortais des cours, et il fallait que je passe au cyber café faire mes recherches d’autant plus que je n’aurais pas assez de temps le matin. Je suis également passé au centre de documentation, où j’ai perdu du temps jusqu’à 21h 40 mn. En rentrant j’ai été interpelé par les éléments des Esir. Je me suis présenté mais, ceux-ci m’ont traité de voleur, de bandit, soit disant que ce sont les étudiants qui sont des vrais bandits.

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Ils m’ont bastonné, roué de coups. Or ils étaient sensé sécuriser, mettre de l’ordre dans la ville». «Des cas de ce genre sont légions dans cette ville de Maroua» affirme un autre étudiant «pour mon cas, c’était en pleine journée, il était à peine 14h quand je me suis fait molester par trois policiers arborant la tenue des Esir. En plein chemin, ils m’ont jeté hors du véhicule après m’avoir extorqué 7000 francs et saisi mon téléphone portable. Il suffit également d’un rien pour qu’ils s’en prennent aux personnes qui veillent au bord de la route ou devant leur maison. Ils leur demandent de présenter leur carte nationale d’identité, soit disant qu’ils sont en patrouille» confie une autre victime, étudiant à l’école normale supérieure de Maroua.

Joint au téléphone par votre journal, le commandant des troupes, l’officier de police principal Akring dit ne rien savoir de tous ces abus de ses éléments sur les habitants de Maroua : «Je n‘ai jamais reçu de plaintes ni à mon niveau, ni au niveau de la police des polices contre ces forces de police. Généralement, c’est la population qui apprécie le travail des Esir dans la ville de Maroua. J’ai été surpris d’entendre que mes éléments sont accusés d’arnaque», explique le commandant Akring.

Les populations qui ont maintes fois critiqué l’impunité vis-à-vis de ces exactions ne savent plus à quel saint se vouer. De toutes indiscrétions, ces actions récurrentes sont des manigances savamment orchestrées par les patrons locaux de la police, pour qui les populations constituent de véritables vaches à lait pour des rentrées financières et matérielles.

[ Abdouramane Ousmano ]

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