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Mariages précoces : de la pédophilie camouflée

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Dans toutes les juridictions du monde, un individu pris en flagrant d’ébats sexuels avec une mineure de 14 ans sera sanctionné. D’Amérique en Europe, d’Asie en Océanie, on les considère comme étant des pédophiles. Peu importe que cela se fasse sous la désignation de «mariages précoces et forcés (Mpf)», et qui touchent principalement la jeune fille.

D’ailleurs, au regard de la mobilisation internationale, il s’agit tout simplement d’une « grave violation des droits de l’enfant». La situation est d’autant plus alarmante que si l’Asie est en tête de peloton de cette pratique, parmi les 20 premiers pays, 15 sont africains. Et les principales raisons évoquées sont : le respect des traditions et le faible pouvoir d’achat des familles.

Le texte qui décrit le phénomène des Mpf dans l’Extrême-Nord peut faire penser que c’est un cas isolé. Que non ! Il est plus que généralisé. Certes, l’Eds-Mics 2011, susmentionné a révélé que37% des filles mariées avant l’âge de 18 ans se retrouvent à Kousseri, dans la région de l’Extrême-Nord. Toutefois, de manière générale, 57% des femmes de 20 à 24 ans déclarent s’être mariées avant l’âge de 18 ans dans les zones rurales.

Et comme si ça ne suffisait pas, en 2014, le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (Minproff) en appui avec Plan Cameroun a mené une étude sur le phénomène « Money Woman », qui est une union arrangée entre les parents d’une fille âgée entre 0 et 12 ans et un homme plus âgé, conditionné par le paiement en espèces par ce dernier d’une dot à la famille de la fille, parfois avant sa naissance. L’enquête a été réalisée dans la localité d’Akwaya dans le Sud-Ouest.

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Dans les familles, les hommes et les femmes sont plus des instruments d’alliance à travers les unions contractées que des relations basées sur les sentiments réciproques. Mais, il faut bien se dire que le monde évolue et qu’il ne sera pas toujours question de continuer à marcher sur les traces des parents, grands-parents voire arrière-grands-parents pour ce qui est  des mariages à contracter. Car, on voit bien que ce qui était admis et permis il y a quelques années est en réalité un «délit». Et sur ce plan, il n’y a pas que l’ «époux», qui est condamné par la loi, mais aussi les «parents», qui sont souvent au cœur de la combine.

Cette année, le thème retenu à l’occasion de la journée de l’enfant africain est : «25 ans après l’adoption de la Charte africaine des Droits et du Bien-être de l’enfant : Accélérons nos efforts pour éliminer les mariages des enfants en Afrique». Ladite Charte a été adoptée en juillet 1990 et le Cameroun l’a ratifié le 5 septembre 1997 et recommande que l’âge légal pour contracter un mariage par une jeune fille est 18 ans. Par contre, l’ordonnance de 1981 fixe l’âge légal chez la fille à 15 ans. Il est donc tant que le Cameroun harmonise la législation nationale aux textes internationaux. Ainsi, au moins, on aura avancé dans ce combat, qui ne fait que commencer.

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