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Manifestation : Des élèves se soulèvent à Tokombéré dans le Nord Cameroun

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Ils ont saccagé la moto du proviseur et détruit des bancs. Le sous-préfet de Tokombéré a finalement ramené le calme dans sa ville jeudi dernier. C’est en soi un exploit, car la situation était plutôt envenimée dans cet arrondissement du Mayo Sava où la politique est mêlée à tout. 

Mercredi dernier, un élève de la classe de première A4 du lycée de Tokombéré a été apostrophé par le proviseur. L’élève, qui n’est pas un modèle d’assiduité, aurait manqué de respect à Lamine Seini. Le proviseur se sentant offensé a alors violemment giflé « Passy », ainsi que le surnomment ses camarades. La droite a envoyé Passy au sol. Il s’est relevé humilié. Il a à son tour riposté d’un coup de poing avant de prendre la fuite. Lamine Seini, agacé par cette fi de combat, a fait appel à la brigade de gendarmerie de Tokombéré.

Le lendemain jeudi, Passy est revenu au lycée et a commencé à prendre ses cours tranquillement. Il n’a pas eu le temps de savourer sa quiétude bien longtemps. Vers 9 heures deux gendarmes sont venus l’arrêter. Les pandores lui ont passé les menottes, ce qui a ulcéré ses camarades de classe. Ils ont résisté aux gendarmes, se sont élancés dans les couloirs du lycée pour ameuter tous les élèves. Très vite une foule s’est formée. Le proviseur et les professeurs se sont retranchés au bloc administratif du lycée. Les élèves révoltés leur ont lancé des pierres. Outre les jets de pierre, ils ont vandalisé la moto du proviseur et cassé quelques table-bancs. Ils se sont comportés tel que le sous préfet a fait intervenir l’armée. Un petit détachement du Bir est venu délivrer les enseignants de leurs bureaux où ils étaient séquestrés par leurs élèves. La situation a failli mettre le feu à Tokombéré quand les élèves du lycée technique se sont alliés à leurs camarades du lycée classique. Les revendications qui ne sont pas toujours académiques ont été entendues.

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Les frais d’informatique qui s’élèvent à 5.000 FCfa au lycée de Tokombéré ne seraient pas les mêmes qu’au lycée de Galaga, trois km plus loin, où les élèves ne devraient apporter que 3000 Fcfa. La comparaison n’était pas anodine. Le lycée de Galaga est situé à Kolkoch, le quartier siège de la chefferie Maddah. Le chef Madah est Cavaye Yegué Djibril. Il est surtout le président de l’Assemblée nationale du Cameroun et à ce titre est suspect à Tokombéré de ne favoriser que ses proches. Le Pan, selon des manifestants, aurait doté le lycée de chez lui de tous les équipements dont un générateur. Or, au lycée de Tokombéré, il n’y a ni électricité, ni générateur. De plus, à Galaga, tous les frais d’écolage seraient payés par le Pan. La manifestation de mercredi était en fait une autre occasion de décrier le Pan. Ses contempteurs ont ainsi brandi le prétexte des résultats du concours d’entrée à la police publiés en fin de semaine dernière. Selon eux, 11 fils de Tokombéré ont été admis. Tous seraient des enfants du Pan ou ses proches

Pour les manifestants, Cavaye Yegué a non seulement facilité l’accès à ses proches à ces places très convoitées de la jeunesse, mais il aurait aussi voulu punir les jeunes trop nombreux qui soutiennent Mamadou Yacouba, un jeune ingénieur passé au Mrc.  Selon nos sources, le Pan n’aurait pas digéré « l’affront » que ces jeunes lui aurait fait le 11 février quand ils ont défilé à plus de 2500 alors que le Rdpc n’avait pas autant de militants. La situation était donc très tendue avant l’intervention du sous-préfet Bouba Nicolas, qui a dû user de tact. Jeudi, alors que la ville s’apprêtait à se soulever un deuxième jour consécutif, il a amené le proviseur à surseoir à son envie de sanctionner quelques 400 élèves fauteurs de trouble. Lamine Seini a demandé aux élèves de revenir en classe dès ce lundi matin et le calme est revenu à Tokombéré.

© Le Jour : A.S

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