Société

Management : ces profs grillés par les affaires

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Prédation des deniers publics, emprisonnements pour détournements de deniers publics, incapacité managériale, nos besaces pleines ont l’auréole sévèrement ternie du fait de leurs déconvenues en dehors des amphis.

L’on serait tenté de croire qu’en matière de management, plus l’on a une besace remplie de parchemins, plus l’on est compétent. Car, à une certaine époque, il était inconcevable de dire qu’un professeur agrégé est incompétent, qu’il n’arrive pas à gérer avec succès une entreprise ou un département ministériel. Cela relevait du blasphème, de la profanation académique ! Ces enseignants ont souvent été vantés, imités, cités en référence… A une époque, c’était une grande fierté que de dire que tel professeur agrégé vous a dispensé un enseignement à l’université.

C’était un gage de fiabilité et surtout de crédibilité ainsi qu’un indicateur d’une formation de qualité. Même le politique avait peur des agrégés ; il les respectait. Leurs paroles passaient pour des versets irréfutables de l’évangile scientifique. Cette belle époque où la lueur scientifique que distillaient les  professeurs agrégés était sacrée semble révolue. Cette catégorie d’enseignants patauge dorénavant dans la gadoue. Leurs scandales, leurs dérapages, leurs contreperformances, leurs incompétences et pour d’aucuns leurs déchéances meublent abondamment la rubrique des faits divers des médias d’ici et d’ailleurs.

Pas surprenant d’entendre qu’il y a des scandales en boucle à l’université, ou alors que des enseignants sont devenus des thuriféraires du régime dont le zèle n’a d’égal qu’une bouffonnerie primaire. Les profs d’université sont dans une multitude de coups fourrés. Qu’est-ce qui justifie que des enseignants de droit ne soient pas parvenus à normaliser le fonctionnement de la Fécafoot près de deux ans après leur entrée en fonction ? Les professeurs Joseph Owona, Minkoa She et Mouangue Kobila, tous trois enseignants de rang magistral, ont échoué à la Fécafoot.

Avant sa nomination à la présidence du Comité de normalisation de la Fécafoot, Joseph Owona avait pourtant relativement bonne presse auprès du public camerounais. L’on s’accordait à dire que c’était un haut commis de l’Etat intègre qui sait s’acquitter de ses fonctions avec satisfaction. Ses états de service à la tête de la très sensible Fédération camerounaise de football ont terni son image au sein de l’opinion publique. Comme lui, beaucoup d’enseignants d’université ont été responsabilisés. Mais l’épaisseur de leur magistère ne s’est pas déclinée en actes de compétences.

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Certains d’entre eux ont souvent été éconduits avec inélégance suite à leurs états de services décevants. Pour d’aucuns, la sanction a été plus sévère. A l’instar du Pr Gervais Mendo Ze, écroué à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé, d’où il doit répondre des affaires liées à sa gestion à la tête de la CRTV qu’il a dirigé 17 ans durant. Sur ce registre, le scandale de l’IRIC qui a embrassé l’actualité ces derniers jours et dont les cendres peinent à se refroidir est un spécimen abouti de la mauvaise gouvernance du ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, pourtant universitaire aux états de service de haut vol dans les amphis. Le professeur Augustin Kontchou peinent à se départir d’une auréole sévèrement ternie il y a vingt un ans par le scandale du « coup de coeur ».

Une campagne nationale de collecte de fonds destinés à soutenir les Lions indomptables pour le mondial de football USA 94 avait été organisée par le pouvoir. C’est le prof Kontchou, l’alors ministre de la Communication et porteparole du gouvernement qui était chargé de convoyer l’argent collecté auprès de Joseph Antoine Bell et ses camarades. Au final, il atterrit dans la tanière des lions aux Etats-Unis sans l’argent et la compétition tourne au fiasco. Un flegme désinvolte, il laissera entendre à la presse à son retour de cette expédition humiliante que l’argent est quelque part entre Yaoundé et New-York.

Difficile donc de convaincre les Camerounais que le prof n’est pas impliqué dans la plus grosse escroquerie de l’histoire jamais organisée par nos gouvernants. En outre, l’on ne trouvera pas de quoi pavoiser dans les états de services d’un Pr Magloire Ondoa dont le passage à la tête d’une structure de gestion du droit d’auteur n’est pas un précis de droit. Ici, Minkoa She ne dira pas mieux. Aba’a Oyono n’est certainement pas l’exception qui confirme la règle. Ses états de service ne plaident pas en sa faveur dans la gestion du droit d’auteur ! Les agrégés ont été démystifiés et démythifiés par la qualité très peu envieuse de leur management. Autrement dit, ils ne sont pas toujours des exemples à suivre.

Christian Lang

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