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Malaise a la DGRE, le personnel victime d’affairisme et de règlements de compte

DGSN a Yaounde

Après le cambriolage, un collectif du personnel dénonce des pratiques au sein de la Direction générale de la recherche extérieure. Que se passe-t-il à la Dgre? La question s’impose aujourd’hui, compte tenu d’un faisceau d’éléments qui alimentent l’actualité au sein de la Direction générale de la recherche extérieure. Au sujet du cambriolage perpétré courant juillet au siège de ce service stratégique, supposé parmi les plus gardés de la République, l’on apprend que les cambrioleurs se sont introduits, «sans effraction» dans le cabinet du Dg, Léopold Maxime Eko Eko, ont désactivé les caméras de surveillance, démonté les rideaux et les ont jeté au sol, avant d’emporter des documents et ordinateurs importants.

Mutations ignore à quel stade se trouve l’enquête ouverte avec diligence par la Dgre. Mais alors que celle-ci est en cours, un collectif dénommé «collectif du personnel de la Dgre» ferait circuler des tracts au sein de cette administration sensible. Le document auquel nous avons pu accéder n’est pas du tout tendre à l’égard du commissaire Maxime Eko Eko.

Les membres du collectif dénoncent «l’humiliation croissante» dont ils sont victimes, «les montages et autres mises en scène-cambriolages-affaire Harissou-pseudo-tentative d’évasion aggravée de Polycarpe Abah Abah- des notes commanditées de Yaoundé mais signées des chefs de postes pour des besoins de manipulation».

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Le collectif dit également non aux «promotions canapés, au renseignement assis et spectacle, au clientélisme, à l’enrichissement sans cause des protégés du Dgre». Il s’insurge contre l’affairisme (trafics impunis de notes, du carburant, etc.), les règlements de compte, la promotion des individus sans épaisseur, l’exhibitionnisme et l’imposture.

Des accusations sur lesquelles Mutations n’a pas pu recueillir les avis des autorités de la Dgre tout le long du week-end, en dépit des démarches entreprises. Mais déjà, au lendemain du cambriolage, des sources internes à la Dgre signalaient une bataille entre des collaborateurs de Léopold Maxime Eko Eko, lesquels jouissent ou ont perdu de juteux avantages généralement octroyés par la hiérarchie. Une « guerre des services » renforcée, affirmait-on, par des manœuvres visant à dresser les uns contre les autres dans l’objectif présumé d’avoir une information croisée. La présence dans la boîte de «policiers sanctionnés par le Dgsn pour déviances professionnelles» était également mal perçue.

Voilà sans doute des pistes à explorer pour mieux comprendre ce qui apparait comme un malaise à la Dgre. Nommé Dgre le 31 août 2010, Maxime Eko Eko, qui a fait l’essentiel de sa carrière dans cette unité d’intelligence stratégique, gère en tout cas là une patate chaude aux racines insondables.

© Mutations : Ibin Hassan

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