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Comment la mafia a broyé Bapès Bapès

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L’ancien ministre des Enseignements secondaires (Minesec), Louis Bapès Bapès, est décédé aux environs de 2h30 dans la nuit de jeudi à vendredi dernier à l’hôpital général de Yaoundé des suites d’une longue maladie.

Âgé de 73 ans, l’homme quitte la scène au moment où, en dehors des soucis de santé, il était sous le coup d’ennuis judiciaires. Limogé le 2 octobre 2015, celui qui a passé plus d’une décennie au gouvernement avait défrayé la chronique judiciaire en son temps. Le 1er avril 2014 en effet, il fut interpellé, conduit à la prison de Yaoundé-Kondengui avant d’être aussitôt remis en liberté quelques heures plus tard, sur ordre du chef de l’État. Ce sera en réalité le début d’une épreuve de nerfs, pour l’ancien élève du collège évangélique de Libamba. Interné dans un établissement hospitalier de la capitale depuis son départ du gouvernement, le rouleau compresseur déclenché par Amadou Ali, alors garde des Sceaux, va décider de relancer l’affaire du présumé détournement de la somme de 550 millions de Fcfa, en rapport avec des primes et autres frais non payés aux responsables de l’organisation des examens et concours au titre des exercices 2005-2009. Annoncé depuis des semaines au tribunal criminel spécial (Tcs), le sort voudra qu’il réponde aux abonnés absents… Pour l’éternité. La Météo, dans ce dossier, rend hommage à celui qui a consacré 11 années de sa vie à organiser et assurer le fonctionnement de l’enseignement secondaire général et technique sur le territoire national. Louis Bapès Bapès a également laissé son empreinte à la Mission d’aménagement et de gestion des zones industrielles du Cameroun (Magzi), qu’il a dirigé pendant 34 ans. Sans oublier le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), le parti de son cœur dont il était l’un des plus vaillants lieutenants.

L’histoire politique du Cameroun retient de Louis Bapès Bapès qu’il aura été le premier membre du gouvernement, encore en fonction, à être placé en détention provisoire. Le 31 mars 2014, peu après 13h, le ministre des Enseignements secondaires, convoqué pour une audition au Tribunal criminel spécial (Tcs) de Yaoundé, une juridiction d’exception créée par le président de la République pour traiter des affaires de gros détournements de deniers publics, est placé, comme un vulgaire malfrat, sous mandat de détention préventive à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui. Il ne sera libéré que 24 heures plus tard (aux environs de 17h15) sur instructions de la plus haute hiérarchie. D’aucuns crurent à l’époque à un mauvais poisson d’avril. Le Minesec commentera ainsi sa folle journée de lundi face aux journalistes : «J’attends toujours le décret du chef de l’État me relevant comme ministre des Enseignements secondaires. Je n’arrive pas toujours à comprendre ce qui se passe. On aurait pu sortir un décret spécial à cet effet.»
Seulement, la brutalité cette arrestation démontrait que, dans cette théâtralisation de la justice, de gros bonnets tiraient les ficelles dans l’ombre. Ainsi, alors que l’affaire reposait encore sur des rumeurs persistantes de détournements de deniers publics, le porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary va, lors du point de presse donné quelques instants après l’affranchissement de Louis Bapès Bapès, se répandre en déclarations, évoquant une instruction du secrétariat général de la présidence de la République. Le texte qu’il vient alors réciter, visiblement rédigé à la hâte par le patron de ce service, Ferdinand Ngoh Ngoh, pue l’embrouille à plein nez : «(…) En application du pouvoir que lui confèrent les dispositions de l’article 222 alinéa premier du Code de procédure pénale, ce juge (d’instruction) a donné main levée d’office du mandat de détention décerné à l’encontre du susnommé… La procédure d’information judiciaire suivie contre lui suit son cours.» Une enquête, menée par votre bihebdomadaire, avait alors laissé dire que Issa Tchiroma, qui n’était apparemment pas au courant de la combine, et surtout soucieux de ne mécontenter personne dans l’entourage présidentiel, avait assisté, sans vraiment participer, à l’élaboration du fameux communiqué qu’il est ensuite chargé de rendre public toutes affaires cessantes. Ce sera fait nuitamment. La suite des événements rapporte pourtant que la Chancellerie, mise au parfum du brouillard et des contorsions qui meublent «le dossier Bapès», a voulu se ressaisir en exécutant, prestement cette fois, une injonction de Paul Biya «de libérer rapidement le ministre des Enseignements secondaires». Du coup, il était loisible de s’interroger sur les tenants et les aboutissants de ce complot et de la mafia ayant abouti à l’arrestation de l’ex-sociétaire du Tonnerre Kalara Club de Yaoundé. Théâtre d’ombres. Dans les coulisses de l’affaire, rapportions-nous alors, l’on apprendra que c’est le secrétaire général de la présidence de la République (Sg/Pr), Ferdinand Ngoh Ngoh, qui aurait coté le dossier Bapès Bapès à son adjoint, Peter Agbor Tabi, avec des instructions précises. Pour les tenants de cette version, l’ancien secrétaire général du ministère des Relations extérieures aurait ainsi agi conformément à un plan savamment orchestré par des réseaux tapis dans l’ombre, désireux de ne point servir la République. Une source proche des milieux de la justice va, quant à elle, soutenir que «ce n’est pas la première fois que l’’’Opération épervier’’ est utilisée pour régler des comptes. L’ancien ministre de la Justice (Amadou Ali, Ndlr) avait fortement instrumentalisé cette initiative salutaire du chef de l’État, dont le noble objectif est d’assainir les mœurs dans la gestion de la fortune publique et lutter contre la corruption».

D’après une autre source plutôt loquace, allant contre les instructions de Paul Biya, l’ex-garde des Sceaux, qui a monté tous les dossiers (y compris celui qui emporte feue Catherine Abena et qui a failli «liquide» Bapès Bapès), les pervertissant avec la publication de fameuses listes d’«éperviables» et des numéros de comptes bancaires imaginaires, a transformé la justice en un outil de règlement de comptes. C’est la raison pour laquelle, pour tenter de corriger cette incurie, le chef de l’État a créé le Tcs et l’a doté de sa propre police.

Du coup, dans certains cercles proches du pouvoir, on n’hésitera pas à soutenir que Louis Bapès Bapès a été victime de ce rouleau compresseur mis en place depuis belle lurette. Et beaucoup de s’interroger, en haut lieu, sur le contexte et le prétexte de cette arrestation. Pour certains adeptes de la jacquerie, le décès de l’ancienne secrétaire d’État aux Enseignements secondaires, Catherine Abena, aura constitué l’occasion idéale pour mettre le grappin sur le Minesec. «Pourtant, les deux personnalités n’étaient liées dans aucune affaire, analyse un habitué des couloirs du Tcs. L’acte d’accusation du ministre Bapès porterait sur un présumé détournement de 1,095 milliard Fcfa alors que, pour Catherine Abena, il s’agirait de 250 millions Fcfa. Bien plus, pourquoi est-ce à ce moment précis que l’affaire rebondit ?» Cette précision, de taille, valait tout son pesant d’or.

Dans la spirale destructrice

Le feuilleton baptisé «affaire Bapès» prend sa source en 2005 au niveau du Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe). Il s’agit d’une affaire de primes dues à l’organisation des examens officiels. Une pratique courante et routinière, dans le secteur de l’Éducation nationale depuis des lustres. C’est-à-dire depuis l’époque du ministère de l’Éducation nationale. En jeu, apprit-on, une somme de 1.098.996.686 francs.

Aux enquêteurs du Consupe, instrumentalisés par des hommes de l’ombre, l’ex-Dg de la Magzi expliquera que l’utilisation de ces fonds publics a toujours été transparente, et que jamais personne n’a exigé de documents comptables sur le sujet. Dès le lendemain, Louis Bapès Bapès adressera d’ailleurs une correspondance à cet effet au Premier ministre. Qui met en place un texte y relatif et révise même à la hausse ladite dotation, devenue étriquée en raison de charges chaque jour plus contraignantes. C’est donc le cœur léger que l’homme et ses collaborateurs continuent d’œuvrer notamment à la bonne tenue de la session des examens officiels suivante.

Entre-temps, le Sg/Pr Ferdinand Ngoh Ngoh croit le moment venu pour abattre une personnalité qu’il n’a jamais porté dans son cœur. Ainsi, fort d’informations d’une autre époque, mais portant sur le même dossier, il va se souvenir que le ministre de la Justice, garde des Sceaux Amadou Ali, en son temps, avait agité une histoire de compte ouvert au Japon par Louis Bapès Bapès à la Shinsei Bank. Les investigations engagées il y a quelques années seront vaines. Cela devrait signifier que M. Bapès, à défaut d’être blanc comme neige, ne courait aucun risque d’acte d’instruction judiciaire contre sa personne.
Mais c’était sans compter avec les plans mesquins de la mafia. On accusait notamment le Sg/Pr qui, dans son obsession à en finir avec le Minesec et sans doute avec le dessein caché de placer l’un des siens, va se trouver un allié dans son propre service : son adjoint, Peter Agbor Tabi. Sans au préalable s’en référer à Paul Biya, encore moins prendre la peine d’en informer le ministre de la Justice, Laurent Esso, Ngoh Ngoh et son adjoint lancent une procédure kamikaze.

M. Agbor Tabi, instruit par sa «hiérarchie», écrit, «sur hautes instructions du chef de l’Etat», au procureur de la république près le Tribunal criminel spécial (Tcs), Zéphirin Nsoga, qui à son tour cote le dossier à une juge, Mme Bahouni Beténé. Il est demandé au magistrat de convoquer, toutes affaires cessantes, Louis Bapès Bapès puis de le placer sous mandat de dépôt sans autre forme de procès. La suite, on la connaît : une convocation expresse, lundi dernier ; une sorte de placement en garde à vue, à la main courante du parquet ; un chauffeur et un garde du corps presque chassés des lieux («Je ne crois pas que votre patron, soutient la juge visiblement un peu trop zélée, aura besoin de vous de sitôt !») ; un véhicule de service mis sous scellés avant le transfert du ministre à Kondengui. Le timing avait scrupuleusement été respecté.

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L’indignation de Biya
Votre journal avait appris, de sources dignes de foi que le Sg/Pr, qui au départ voulait habiller son complot, aurait saisi le garde des Sceaux en date du 04 février 2014 pour lui demander le point sur l’«Affaire contre Louis Bapès Bapès». La réponse ne se fera pas attendre. Le 17 du même mois, le ministre d’État, ministre de la Justice, lui fera parvenir son avis sur la question, se basant sur les conclusions du rapport du Consupe et celui initié par le vice-Pm Amadou Ali, alors à la Justice. Pas suffisant pour décourager Ngoh Ngoh, qui entreprend alors de mettre son prédécesseur entre parenthèses pour la suite de la cabale.
À partir de cet instant, Ferdinand Ngoh Ngoh va cruellement manquer d’élégance dans la combine. Pour commencer, nos larrons en foire croient pouvoir mener leur petite affaire loin des regards du chef de l’État, dont le départ du Cameroun pour le sommet Union européenne-Afrique de Bruxelles était initialement prévu le même lundi. Il était alors question que tout se déroule pendant que Paul Biya se trouve loin de sa base, et donc quasiment pas possible d’agir sur le cours des événements.
Le report de ce déplacement présidentiel vient donc compromettre leurs calculs, mais il est trop tard pour reculer. Et voilà comment un ministre en fonction sera publiquement traîné dans la boue et jeté en pâture. Une scène surréaliste. Les choses vont s’emballer dès lors, avec l’intervention personnelle de Paul Biya dans le dossier. Respectueux du prestige de la fonction, l’homme n’a en effet jamais permis qu’un collaborateur en poste soit humilié – surtout pas de cette manière. Le chef de l’État donnera ainsi des instructions fermes pour la libération urgente de Louis Bapès Bapès, non sans avoir longuement écouté la vraie version des faits à lui relatée par son ministre de la Justice, Laurent Esso. Avant de quitter Yaoundé pour la capitale belge, Paul Biya, dont la crispation du visage est bien visible à l’aéroport de Nsimalen, redira plusieurs fois à Ferdinand Ngoh Ngoh à quel point il fut indigné par cette façon d’opérer.

Main de fer gagnante au Minesec
Sous Bapès, il est de notoriété qu’il y avait moins de tumultes pendant la proclamation des résultats d’examen officiels. Le Minesec avait réussi à faire respecter le chronogramme de la quasi-totalité des activités de son département, dont la plus importante concerne la phase de publication des résultats. Cette prouesse, quoi qu’en aient pensé ses détracteurs, était à mettre à son actif avec une définition claire des rôles de tous les maillons de la chaîne des examens.
Louis Bapès Bapès avait multiplié le nombre de chargés de mission, et mettait tout en œuvre pour que le matériel parvienne à temps dans les centres d’examen. Conséquence immédiate, la confidentialité et la sécurité étaient de mise. Pour qui connaît les proportions prises jadis par le phénomène de «l’eau» en période d’examens, au moment où l’ingénieur prenait les rênes dans ce secteur de l’éducation, il est difficile de ne pas saluer l’action de Bapès Bapès. Tout comme on ne saurait oublier sa décision, prise en mars 2006, de fermer les sections dites «terminales spéciales» dans certains établissements. Louis Bapès Bapès entendait, par là, tordre le cou au phénomène du «Bac tchadien», qui avait connu une progression vertigineuse au fil des années.
Bien qu’elle ait rencontré une certaine incompréhension, à quelques mois de la fin de l’année scolaire, cette décision fut cependant été applaudie des deux mains par plusieurs acteurs de l’éducation au Cameroun (les enseignants notamment). Les statistiques des examens officiels 2007, qui ont révélé une augmentation du nombre de candidats au certificat de probation et au baccalauréat, semblent indiquer que le Minesec a sans doute eu raison d’avoir la main ferme. Lors du meeting de remerciements au président Paul Biya, le 12 décembre 2015 à Edéa, le successeur de M. Bapès, Jean Ernest Ngallè Bibehe, n’a pas manqué de rendre hommage à ses parents ressortissants de la Sanaga-Maritime ayant servi avec loyauté et dévouement la nation. Particulièrement à son prédécesseur qui, selon lui, mérite une retraite paisiblement honorable, car aux grands commis de l’Etat la patrie en est reconnaissante.

Un fervent militant du Rdpc

Né le 17 avril 1943 à Klengond, par Ndom dans la Sanaga-Martime, Louis Bapès Bapès était connu pour son calme, sa modestie et sa pondération. À ce qui se dit, celui qui a intégré la fonction publique en 1969 devait tout cela à ses humanités marquées par son passe au collège de la Libamba, avant de devenir un habile technocrate doublé d’un fin politique.

Il est reconnu comme celui qui a ramené le Rdpc dans le cœur des populations de Ndom, sa contrée. Les résultats des différentes consultations électorales, de 2003 jusqu’à sa mort, en disent long sur le travail abattu par ce militant de la première heure. «Il faut dire qu’avant l’entrée en scène de M. Bapès, le Mouvement pour la libération de la démocratie camerounaise (Mldc) de Marcel Yondo, ainsi que l’Union des populations du Cameroun (Upc), avaient tout raflé au nez et à la barbe des ténors politiques de la localité, confie un dignitaire. Plutôt que de faire cause commune, l’élite du cru passait le temps à se livrer à des guerres intestines, loin de l’objectif commun qui est de faire rayonner le parti de Paul Biya.» Et d’ajouter que l’ex-Minesec avait hérité, politiquement, d’une région en charpie et en perte de vitesse.
C’est donc Louis Bapès Bapès qui réussira à recoller les morceaux et à faire redémarrer le Rdpc. C’est donc grâce à cet homme timoré que le parti de Paul Biya reprendra du poil de la bête, reléguant l’opposition aux oubliettes. D’aucuns louent aujourd’hui son sens élevé du dialogue et de l’écoute. Son dynamisme certain, au sein du Rdpc, a notamment milité pour sa nomination à la tête de la mission d’assainissement du fichier du parti, à la veille du double scrutin (législatives et municipales) du 22 juillet 2007, en dehors de son poste de président de la commission départementale de campagne du parti, où il contribuera à la nette victoire du Rdpc dans la Sanaga-Maritime.

Le bâtisseur de la Magzi
En 1974, alors que Louis Bapès Bapès vient de terminer de hautes études en Hexagone, Ahmadou Ahidjo créé la Mission d’aménagement et de gestion des zones industrielles du Cameroun (Magzi) et en fait le tout premier directeur général de cette structure chargée de participer, entre autre, à la mise en place d’une industrialisation rapide du Cameroun, à la promotion du développement harmonieux de toutes les régions du pays, à la facilitation de l’installation des promoteurs industriels étrangers et nationaux au Cameroun, à l’organisation de l’espace urbain, à la protection de l’environnement…
Directeur général de la Magzi pendant 30 ans (1974-2004), M. Bapès Bapès, par ailleurs tête de proue du parti au pouvoir dans la région du Littoral, n’avait été remplacé à la tête de cette structure publique qu’en 2004, soit 2 ans après son entrée au gouvernement en qualité de ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Il donnera vie à cette société (organigramme, recrutement du personnel), créée en 1971. Aujourd’hui instrument stratégique entre les mains de l’État dans la politique nationale d’industrialisation, la Magzi offre aux investisseurs, des espaces sécurisés pour l’implantation de leurs entreprises, et à des conditions avantageuses.

Pour un enseignement de proximité
On pourrait tout reprocher à l’ancien patron du Minesec, sauf son souci permanent de mettre sur pied un système d’enseignement de proximité. Les faits parlent d’eux-mêmes sur l’étendue du territoire camerounais. Pour la seule année 2015, 84 nouveaux établissements ont été créés dont 48 nouveaux collèges d’enseignement général (Ces) dans les 10 régions du pays et 36 collèges d’enseignement secondaire technique, industriel et commercial sortis des fonts baptismaux.
Dans la même veine, 89 établissements du secondaire général et technique seront transformés en lycées bilingues. En 2013, Louis Bapès avait fait adopter un budget triennal destiné à réaliser quatre programmes pour un coût estimé à 678,7 milliards de Fcfa. Trois de ces lignes ont été qualifiées d’opérationnelles. Le premier de ce trio avait trait au développement de l’enseignement secondaire général, qui concerne toutes les actions prévues pour améliorer la présence et le service des collèges et lycées publics (constructions nouvelles, réformes des programmes et appuis au fonctionnement).
La même attention sera portée à l’enseignement secondaire technique et professionnel, objet du programme n°2. De nouveaux lycées techniques seront inscrits dans ledit programme, qui s’intéresse aussi à l’ouverture de nouvelles filières : coiffure, pêche, etc. Le développement de l’enseignement normal est le dernier des programmes opérationnels. Il vise à équiper les écoles normales d’enseignants qui viennent d’être transférées au Minesec. Quant au programme support, qui sert les trois précédents, il va améliorer la gestion de ces derniers et rechercher des partenariats.

Bapès et le combat contre les établissements clandestins

Pendant que la démographie de notre pays galope, tout en fructifiant la demande, la mise à disposition des structures d’accueil en matière éducative s’avérait nécessaire. Malheureusement, cette carence a fait en sorte que plusieurs opérateurs indélicats ont choisi la voie de la clandestinité, et donc de la facilité. Ils sont en effet nombreux, qui violent allègrement les obligations de création et de fonctionnement de ces établissements dont certains sont localisés dans des maisons d’habitation. Mais à chaque fois que ces pratiques étaient signalées, un arrêté, signé du chef du département ministériel, est venu siffler la fin de la récréation pour les «sans-papiers», quand ils n’ont pas été priés de passer dans ses services compléter leurs dossiers de demande d’immatriculation. Des sources proches de ce ministère qualifient cette stratégie de méthodique : pas question de susciter des remous pendant la période de rentrée scolaire, de peur de voir des politiques procéder à des récupérations inopportunes. Ici, l’accent était mis ici sur la sensibilisation des clandestins à se mettre en règle. La responsabilité des parents se voulait elle aussi interpellée, afin de les amener à faire le bon choix au moment d’inscrire les enfants, à travers une liste d’établissements autorisés régulièrement mise à jour par M. Bapès. Afin que nul n’en ignore.

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