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Lydienne Eyoum refuse de rencontrer Laurent Esso en visite a Kondengui avec la vice-présidente Suisse

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Elle a refusé de rencontrer Simoneta Sommaruga, la vice-présidente suisse, lors de sa visite dimanche dernier à la prison de Yaoundé.

La prison centrale de Yaoundé a fait sa grande toilette, ce 28 septembre. Des visiteurs de marque étaient annoncés au pénitencier. Pour l’occasion, des visites aux prisonniers ont été suspendues toute la journée. Vers 13h, Laurent Esso, ministre d’Etat, ministre de la Justice débarque. Il est venu conduire la vice-présidente de la Confédération Suisse, Simoneta Sommaruga, à Kondengui.

La dirigeante Suisse s’est particulièrement intéressée au quartier des femmes situé en face de l’infirmerie de la prison La délégation du ministre d’Etat et de la vice-présidente suisse, s’y est déportée. D’après des sources pénitentiaires, Simoneta Sommaruga demande à rencontrer Lydienne Eyoum. Une gardienne de prison va le faire savoir à l’avocate. Celle-ci lui rétorque qu’elle n’a pas été prévenue d’une telle visite. Les officiels camerounais et suisse sont aux portes de la cellule de Lydienne Eyoum. Aucun signe d’elle.

Cette fois-ci c’est l’intendant de la prison qui vient lui signifier que la vice-présidente suisse souhaite la rencontrer. Lydienne Eyoum s’enferme de plus belle. Elle n’a pas bougé de sa cellule. D’après des sources proches de Lydienne Eyoum, elle ignorait tout de cette visite. Encore moins de la présence du ministre d’Etat, Laurent Esso. Cette scène intervient deux jours après la condamnation de Lydienne Eyoum à 25 ans de prison.

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Ce même 28 septembre où elle reçoit cette « étrange visite » à laquelle elle s’oppose malgré l’insistance des gardiens de prison, voici ce que l’avocate écrit sur son compte Facebook : « j’ai reçu de plein fouet la violence d’un jugement arbitraire totalement fondé sur des arguments à charge comme l’a été l’accusation, occultant tous les éléments à décharge même les décisions de justice devenues définitives produites à ma décharge.

J’ai entendu des avocats de la partie civile clamer leur immense satisfaction face à cet arbitraire. J’ ‘ai eu honte. Honte de voir étalée au grand jour une telle injustice et une telle méchanceté. Même des ministres et Premier ministre condamnés devant ce Tribunal spécial pour des crimes présumés de détournement de deniers publics n’ont pas subi une telle violence! Est-ce parce que je suis avocat par définition insoumise et française de surcroît?

Etre Français et défendre ses droits serait-il devenu un crime au Cameroun? Où simplement homme ou femme de loi? Car du fond de mon cachot je pense à Me Abdoulaye Harissou, notaire réputé dont j’ai appris l’arrestation et la détention dans un lieu tenu secret. Alors si on peut dire aujourd’hui peur sur les avocats, peur sur les huissiers, peur sur les notaires. Ne dira-t-on pas bientôt peur sur les magistrats. Qui sera le rempart contre l’injustice et l’arbitraire ? J’ai très peur.

Peur sur l’avocate, peur sur la femme, peur sur la mère, peur sur l’épouse, peur sur la justice, mais restons forts ».

© Le Jour : Eitel Elessa Mbassi

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