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Lutte contre le terrorisme : après le littoral, la burqa interdite à l’est

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La proscription du port intégral du voile dans les deux régions s’ajoute à celle de l’Extrême-Nord et du département du Noun. Des mesures préventives contre le terrorisme en général et les attaques kamikazes en particulier, mais qui doivent davantage être accompagnées de vigilance tous azimuts.  

Après  le  département  du Noun  à  l’Ouest  du Cameroun et la région de l’Extrême-Nord ,  les régions du Littoral et de l’Est  sont  également concernées depuis la semaine dernière par  l’interdiction  de  la  confection,  la commercialisation  et  le  port  du  voile intégral ou burqa.  Concernant la région du Littoral, la décision a été prise le 20 juin dernier par le gouverneur Joseph Beti Assomo, au sortir des travaux du Comité régional de sécurité et de maintien de l’ordre tenue à Edéa, Chef-lieu du département de la Sanaga-Maritime. C’était pour le compte du premier semestre de l’année en cours.

D’autres  mesures  préventives contre  les  attentats  dans  la  région  du Littoral  ayant  pour  capitale  Douala, ville la plus peuplée du Cameroun avec environ 3,5 millions d’habitants ont été prises lors de la réunion présidée par Joseph Beti Assomo, en compagnie de son  état  major.  Une  cartographie  des mosquées a été ainsi prescrite, de même qu’une surveillance accrue des prêches des imams. Selon le gouverneur de la région du Littoral il ne s’agit guère de jeter l’anathème, encore moins l’opprobre sur une religion.

Mais de réduire au  silence  toutes  velléités  d’attentats dans ladite région en général et à Douala en particulier, ville qui concentre 95% des  échanges  commerciaux  du Cameroun avec l’extérieur, via notamment le port éponyme. Quelques jours après le Littoral, l’Est a suivi le pas de l’interdiction du port du voile intégral. En effet, la région de  l’Est, déjà en proie à la menace des groupes de rebelles centrafricains, serait encore plus en difficulté si le terrorisme venait à s’y mêler. D’où la mesure d’interdiction du port de la burqa prise par le gouverneur Jule Marcelin Djaga.

Si tant est que l’interdiction de la confection, la commercialisation et le port du voile intégral est une mesure préventive  des  attentats,  il  n’en  demeure  pas moins vrai qu’elle demeure insuffisante pour venir à bout du terrorisme de manière globale. Il faudrait l’accompagner davantage de vigilance tous azimuts et de fouilles systématiques, parfois inopinées, dans les lieux de grand rassemblement.

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Aussi, les populations devraient-elles  être  très  attentives  à tout mouvement suspect autour d’elles et les dénoncer sans hésitation auprès des  autorités  compétentes.  Dans  les quartiers, les Chefs de bloc, plus que jamais, devraient être mis à contribution dans cette guerre devenue véritablement asymétrique. Qui vient d’arriver dans le quartier ? Que fait-il dans la vie ? Telles sont des interrogations auxquelles  lesdits  Chefs  devraient  en apporter discrètement la réponse sans tambour, ni trompette.

26 morts au moins depuis le 12 juillet  

Nul ne saurait se soustraire au devoir de la vigilance, car la menace est grave. D’autant plus que le groupe terroriste Boko  Haram  après  le  Nigéria  et  le Tchad (depuis le mois dernier), a décidé d’étendre la méthode kamikaze au Cameroun depuis le 12 juillet 2015, avec les premiers attentats suicides sur le sol camerounais, à Fotokol. La petite localité située à environ 80 km de Kousseri, à la frontière avec le Nigéria on se souvient, a été frappée par deux femmes kamikazes. Les terroristes étaient vêtus de burqa. La première explosion s’est produite dans un lieu de grande attraction non loin du camp du Bir au moment de la rupture du jeûne du ramadan. La deuxième  explosion  est  intervenue  à l’entrée du camp militaire. Le bilan fait état de 13 morts et 7 blessés.

Depuis lors, Boko Haram ne lâche pas du lest. La secte se déploie asymétriquement,  enrôlant  bébés,  fillettes, gamins, femmes, adultes, dans des attentats kamikazes. Voilés ou pas, les agents de la mort frappent. Ils sont capables de  se  faire  dynamiter  partout,  à  tout moment, à condition de ne pas mourir seul.  Comme  à  Maroua,  capitale  de l’Extrême-Nord, le 22 juillet dernier. Deux  femmes,  dont  l’une  portant  un bébé selon des témoins, se sont faites exploser au marché central de Maroua.

Le bilan affiche 13 morts et 32 blessés, de sources officielles. Sur l’ensemble des attaques kamikazes depuis le 12  juillet  2015  au  Cameroun,  l’on enregistre au moins 26 morts et 39 blessés.  D’autres  sont  «moins»  graves, certains  sont  entre  la  vie  et  la  mort. Mais, faut-il le souligner, les forces de défense  et  de  sécurité  nationale  sont sur le pied de guerre et déploient à la mesure du possible, toutes stratégies et opérations à même de vaincre l’ennemi commun.

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