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Lutte contre Boko Haram: Une riposte globale !

Une nouvelle dimension à la riposte contre la secte islamiste Boko Haram. Au front camerounais de la lutte contre la nébuleuse Boko Haram, l’arrivée d’un contingent tchadien donne une nouvelle dimension à la riposte. Le chef d’état-major des armées, le général de corps d’armée, René Claude Meka, qui rentre de l’Extrême-Nord, a inspecté aussi bien les troupes camerounaises que tchadiennes, entamant ainsi le travail de coordination nécessaire à une synergie d’action sur le terrain.

Même si, depuis le déploiement de nos forces de défense le long de cette partie de la frontière, toutes les attaques de Boko Haram ont été repoussées avec un professionnalisme et une détermination qui ont infligé de lourdes pertes, en hommes et en matériel, aux insurgés, le Cameroun, seul au front, apparaissait, de plus en plus, dans l’inconfortable posture de « l’étranger qui pleure plus que la famille du défunt ». Car si ses tentatives d’expansion butaient à l’Ouest sur la ceinture de feu de l’armée camerounaise, la secte islamique ne multipliait pas moins son avancée dans les Etats nigérians de Borno, Adamawa et Yobe.

Il faudrait donc se féliciter de la prompte réaction du Tchad à l’appel du président Paul Biya. Le chef de l’Etat camerounais, recevant les vœux du corps diplomatique, le 8 janvier dernier à Yaoundé, en appelait à une plus grande mobilisation de la communauté internationale face à la secte islamiste : « A menace globale, riposte globale. Telle devrait être la réponse de la communauté internationale et notamment de l’Union africaine (UA) et de nos organisations régionales ». Les ambitions de khalife qui trottent dans la tête du chef djihadiste Abubakar Shekau, ne semblent, en effet, ni connaître des limites ni respecter les frontières des Etats.

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En tout cas, les paroles du président ont continué à produire l’effet souhaité, puisqu’en ce moment même, l’UA planche à Addis Abeba sur la menace que représente Boko Haram. Lundi à l’ouverture de ce sommet qui s’achève le 31 janvier prochain, la Sud-africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente la Commission de l’UA, a déclaré qu’« il est temps d’agir, d’agir collectivement contre cette menace de plus en plus importante. » Au plan diplomatique, la prise de position de l’UA est de bon augure pour un plaidoyer auprès du Conseil de sécurité de l’Onu. L’instance planétaire étant susceptible d’apporter une caution diplomatique et des moyens adéquats à l’embryon de coalition qui a vu jour, avec l’arrivée sur le front de troupes tchadiennes.

Au Nigeria, berceau de Boko Haram, où les exactions de la secte ont ému le monde entier, la visite, la semaine dernière, du secrétaire d’Etat américain est également à inscrire à l’actif d’une mobilisation croissante. Signe des temps, c’est depuis le Forum économique mondial de Davos, en Suisse, que John Kerry a annoncé ce déplacement dans un discours où il a appelé la communauté internationale à combattre le « terrorisme » et les groupes islamistes. Il reste à espérer que cet élan international prospère en actions concrètes et que le Nigeria, comme le promettent les deux principaux candidats à la présidentielle de février, Jonathan Goodluck et Muhammad Buhari, se donnent les moyens de combattre la secte, dans une mutualisation des efforts avec ses voisins.

MONDA BAKOA

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