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Lutte contre Boko Haram: Un commandement opérationnel à l’Extrême-Nord

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Yaoundé vient d’opter pour la centralisation des efforts sur Maroua, pour la lutte contre la secte salafiste nigériane qui sévit dans la région de l’Extrême nord depuis plus d’un an.

En principe, c’est à partir du 1er août 2014, dans quelque 10 jours qu’entre en fonction le nouveau commandement opérationnel décidé par le chef des forces armées qui est le président de la République. Des sources proches du dossier au ministère de la Défense, estiment que la mesure décidée en début juillet courant et pour laquelle des responsables ont déjà été consultés vise à combler une insuffisance causée par la multiplicité des corps et des services spéciaux autour de la lutte contre Boko Haram ; lesquelles forces et efforts sont déployés dans le cadre de l’ « Opération Emergence ».

Le commandement opérationnel qui couvrirait, si l’agenda n’est pas modifié, toute à la région de l’Extrême-nord pendant un temps pas encore défini permettra de centraliser tous les renseignements, clé de voûte de la lutte contre la menace terroriste dans la région. « Les gens veulent toujours donner l’information à Yaoundé pour épater le commandant en chef, leurs ministres ou leurs chefs d’Etats-majors alors qu’en la partageant prioritairement sur place, on travaillerait mieux à contrer Boko Haram », indique une de nos sources qui susurre qu’avec l’institution du commandement opérationnel, la police ; la gendarmerie ; les renseignements généraux ou le contre espionnage et l’administration sur le terrain qui sont enclins à partager l’information plus avec leurs états-majors à Yaoundé seront à la limite contraints de la donner aux unités opérationnelles in situ. 

Justement, sauf changement de dernière minute, c’est un officier supérieur du Bataillon d’intervention rapide (Bir) qui compte une bonne frange des unités de terrain qui devrait diriger le nouveau commandement opérationnel. naturellement l’action de ce commandant sera coiffée, du point de vue organique, par le commandant de la Troisième région militaire interarmées (3e Remia ), le général Martin Tumenta déjà chargé des opérations des forces de la Minusca en République centrafricaine. C’est dire que c’est le Bir qui aura a charge de conduire ce nouveau commandement opérationnel au quotidien. Lequel sera chargé, d’après nos sources, de l’établissement des plans d’emploi et des plans opérationnels ; de l’exécution de ces plans et la conduite des opérations ; de l’attribution de leurs missions aux échelons de commandement qui lui sont subordonnés et même de la répartition entre ceux-ci des forces et éléments de forces mis sous ses ordres. Et même si le commandant opérationnel qui sera nommé n’a pas d’autorité organique directe sur les unités qu’il emploie, il assumera certaines de leurs fonctions, notamment en matière de politique d’équipement, de recherche et développement, d’entraînement et de préparation opérationnelle. 

Ces prérogatives peuvent amener le commandement opérationnel à assurer parfois, et dans des circonstances bien précises, des fonctions de police, parfois avec un effectif pas à jour en terme de procédures judiciaires. Ce qui est souvent agaçant pour le citoyen ordinaire qui peut, dans ce régime d’exception, penser que ses droits fondamentaux sont mis entre parenthèses. Le cas du commandement opérationnel institué à Douala au début des années 2000 pour lutter contre le grand banditisme vient illustrer ces appréhensions. Car le Camerounais ordinaire a retenu d’un commandement opérationnel qu’il a des méthodes dures laissant peu de place aux procédures judicaires et aux respects des droits humains fondamentaux. Mais les sources proches du dossier assurent qu’une centralisation des informations, du renseignement et la coordination de toutes les forces de sécurité sur le terrain est indispensable pour repousser Boko Haram de l’autre côté de la frontière. Et même que les hommes du commandement opérationnel ne sont pas au-dessus de la loi. Le pari du nouveau commandant sera donc d’allier les deux… ce qui n’est pas une gageure.

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Focal: Nouvelles attaques à Amchidé


Un nouveau raid attribué à Boko Haram a été perpétré dans la localité de Limani à près de 12 Km d’ Amchide, précisément à un poste de police à Nariki autour de 13 heures 30, vendredi dernier, 18 juillet 2014. Le bilan au moment où nous allions sous presse faisait état d’un policier tué, un gardien de la paix. Un de ses camarades, un inspecteur de police a été grièvement blessé et évacué dans une formation hospitalière de Maroua. Les témoins de la scène qu’ont rencontrés nos sources indiquent que ce sont des hommes lourdement armés et à motos qui ont ouvert le feu sur les éléments du commissariat spécial d’Amchidé descendus sur le terrain. Au sein des forces de l’ordre locales, la thèse d’une nouvelle attaque de la secte islamiste, d’inspiration salafiste revient. Même si des observateurs sérieux n’excluent pas la piste d’un règlement de comptes entre dealers, ce type de passe d’arme ayant existé dans la région longtemps avant la montée en puissance de Boko Haram. 

Rodrigue N. TONGUE 

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