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Lutte contre Boko Haram : Que peuvent les comités de vigilance ?

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C’était l’une des résolutions fortes de la 3e session du Comité de sécurité transfrontalière entre le Cameroun et le Nigeria, dont les travaux ont eu lieu à Yaoundé il y a une dizaine de jours.

Les deux pays ont préconisé la mise sur pied de comités de vigilance pour la sécurité le long de la frontière commune entre les deux pays. Ceci dans le but d’accroître les informations dans le domaine de l’amélioration et l’intensification de l’échange du renseignement en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, le trafic de la drogue, des armes et d’autres formes d’activités criminelles . On le comprend bien, au niveau des Etats, la question de l’implication de ces structures dans le cadre de la lutte contre l’insécurité a une importance fondamentale. Comme on peut donc le constater, c’est à une mobilisation tous azimuts que l’on assiste au Cameroun, comme ailleurs, depuis le déclenchement de la guerre contre la secte Boko Haram.

Comme on peut le constater, il ne s’agit pas simplement d’une affaire de populations de la région de l’Extrême-Nord, victimes des exactions de cette nébuleuse. C’est la sous-région toute entière qui s’est mise en branle pour faire face à cette menace. Tout est mis à contribution pour faire face à cette situation. Aucune frange de la population n’est laissée de côté pour donner la réplique. C’est ainsi que dans le département du Mayo-Tsanaga, les habitants se sont mobilisés pour apporter leur contribution. Ceci à travers des comités de vigilance parfaitement organisés. Ainsi, ces ensembles constitués de jeunes n’hésitent pas à organiser des patrouilles nocturnes. Aussi, on apprend que dans la nuit du 17 au 18 janvier dernier, ce sont des dizaines de membres de Boko Haram qui ont été arrêtés et livrés aux forces de défense et de sécurité.

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Au Cameroun, le fonctionnement des comités de vigilance est bien régulé. Ces structures sont placées sous la responsabilité des sous-préfets, conformément à l’instruction présidentielle du 1er septembre 1972 qui fixe la conduite des efforts de défense. Ainsi, en ce qui concerne les comités de vigilance, « il s’agit essentiellement de développer le patriotisme des serviteurs de l’Etat et de l’ensemble des citoyens, d’exiger le loyalisme de tous, de dépister les éléments hostiles et de préparer leur neutralisation en cas de nécessité », peut-on lire dans cette instruction. Au regard de ce qui précède, l’on se rend compte de ce que le rôle de ces structures est non-négligeable. Ce rôle clairement défini par le législateur camerounais. Dans la région de l’Extrême-Nord, la recherche du renseignement prévisionnel figure au rang des préoccupations des membres de différents comités de vigilance. Ainsi, leurs membres sont régulièrement appelés à informer les autorités administratives et militaires sur la présence des éléments de la secte islamiste Boko Haram. L’on se rend d’ailleurs compte de leur importance, si l’on en juge par les résultats relevés dans le reportage signalé plus haut.

Mais il faut dire que les comités de vigilance ne sont plus aujourd’hui le seul fait de la région de l’Extrême-Nord. Au regard de la veille organisée par la plupart des autorités administratives dans les différentes régions pour traquer les membres de la secte islamiste, l’on comprend la nécessité de l’activation des comités de vigilance dans les régions limitrophes. Ce, dans la mesure où la secte islamiste ne recrute pas ses agents uniquement dans la seule région de l’Extrême-Nord. En clair, chaque Camerounais, où qu’il se trouve aujourd’hui, doit être de veille pour glaner des informations qui peuvent être utiles aux autorités publiques dans le cadre de la lutte contre la secte Boko Haram. Même si dans l’esprit du législateur camerounais, le rôle des membres des comités de vigilance ne devrait pas aller au-delà de la recherche du renseignement.

On peut néanmoins remarquer aujourd’hui qu’au-delà de l’Extrême-Nord, les comités de vigilance ont souvent constitué les premiers maillons de la défense de certaines de nos localités. Même s’il faut parfois relever, pour le déplorer, certains dérapages. C’est d’ailleurs pour éviter ceux-ci que l’instruction de 1972 a prévu une enquête de moralité des membres devant constituer un comité de vigilance.

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