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Lutte contre Boko Haram: où est passé l’effort de guerre des pays de l’ Ua ?

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Plus d’un an après la promesse des dirigeants, on attend, on attend… les financements ne sont toujours pas apportés. Des populations civiles paient le plus lourd tribut de l’indifférence. Créée à Niamey (Niger) le 20 janvier 2015, la Force multinationale mixte (Fmm) a été entérinée par les chefs d’État africains le 31 janvier, au cours du 24è sommet de l’Union africaine (Ua) à Addis-Abeba (Éthiopie).

Plus d’un an après, les financements pompeusement promis par les uns et les autres pour appuyer cette unité de combat multinationale regroupant des formations des différents corps d’armées contre la secte islamiste Boko Haram, sont attendus. Pour cette guerre qui exige beaucoup de moyens, la majorité des pays du continent font curieusement la sourde oreille.

Et pendant ce temps, les hommes d’Aboubakar Shekau continuent de semer la terreur au Cameroun, Niger, Tchad et au Nigeria, l’épicentre de la nébuleuse, avec tout ce que cela entraîne comme pertes incommensurables en vies humaines et dégâts matériels. En dépit, de la bravoure dont font montre les forces de défense et de sécurité des pays riverains. Des populations civiles sont les principales victimes des exactions de ces forces du mal qui ont depuis quelques temps changé le mode opératoire.

Une conférence pour rien

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En dehors de la désignation du nouveau président de l’institution régionale (Idriss Déby Itno en remplacement de Robert Mugabe), aucune résolution déterminante, notamment en matière de lutte contre l’insécurité transfrontalière et le terrorisme, n’a été prise au terme de 26e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Ua, le 31 janvier dernier en Éthiopie. L’on avait pourtant annoncé pour janvier 2016, une rencontre de levée de fonds sous la conduite de la Commission du regroupement panafricain, l’objectif étant de mobiliser au moins 50 milliards de francs Cfa.

Des fonds destinés à la Fmm (appelée à traquer Boko Haram jusqu’à son dernier retranchement) qui doit compter à terme 10 000 soldats. Aujourd’hui, des conséquences sur le développement économique des pays de la région se font davantage sentir. On dirait que les enjeux sécuritaires préoccupent peu les dirigeants d’un continent de plus en plus la cible des enlèvements et attentats-suicides des groupes terroristes tels que Boko Haram, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), le groupe Ansar Beit al-Maqdis et la branche libyenne de l’État islamique.

Et le récent rapport de l’Onu et d’Amnesty international est effroyable quant aux pertes en vies humaines liées aux attaques de la secte islamiste. D’après le document publié le 14 janvier, pour la seule année 2015, les exactions de Boko Haram dans les quatre pays ont causé la mort de 3500 personnes, essentiellement des civils.

Pierre Amougou

 

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