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Lutte contre Boko Haram: Le Gouverneur de l’Extrême-Nord instruit d’utiliser la sorcellerie

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Des récompenses sont promises aux comités de vigilance qui mettront en exécution cette pratique mystique. Le 28 janvier dernier, au cours d’une réunion de sensibilisation et d’évaluation des activités de vigilance du département du Mayo-Sava, le gouverneur de la région de l’Extrême-Nord, Midjiyawa Bakari, a demandé aux comités de vigilance de « recourir ni plus ni moins qu’à la pratique de la sorcellerie », lit-on dans le bi-hebdomadaire l’Oeil du Sahel, n°778 paru en kiosque ce lundi 1er février 2016. Question pour lui de monter d’un nouveau cran dans la lutte contre la secte Boko Haram.

Selon lui, poursuit le journal, « Le chef de l’Etat a recommandé d’intégrer dans la lutte contre Boko Haram, la dimension de la sorcellerie. Nous attendons de chaque village des actions d’éclat dans ce sens. Nous voulons entendre que tel ou tel village a anéanti ou limité les dégâts de la secte grâce à la sorcellerie. Battez-vous pour votre pays. Impliquez-vous activement. C’est ce que le chef de l’Etat attend de vous. Et nous, nous attendons les résultats », a recommandé le gouverneur. En effet, en demandant aux comités de vigilance d’intégrer la sorcellerie dans la kyrielle d’actions menées contre la secte Boko Haram, Midjiyawa Bakari apporte la preuve qu’aucun moyen ne doit être négligé ou sous-estimé, tant que cela peut contribuer à anéantir les terroristes de la secte terroriste, indique le journal.

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En outre, pour certains, l’initiative du gouverneur de la région de l’Extrême-Nord laisse sceptique. Pour le Dr Gwoda Adder Abel, coordonnateur du collectif des organisations de la société civile, intervenant dans la lutte contre la radicalisation et le terrorisme, « Il vaut mieux mettre l’accent sur la formation des comités de vigilance à la défense et à la protection. Il faut les équiper stratégiquement. Il y’a des systèmes modernes ou notions sur comment détecter les kamikazes, comment agir et comment les contourner, qu’on peut apprendre aux comités de vigilance », conseille t-il.

Par contre, pour le chef du comité de vigilance de Djakarta à Mora, c’est une solution qui trouve un échos plutôt positif : « Il faut savoir que Boko Haram utilise aussi les gris-gris. Certains, avant de venir attaquer, sondent le terrain avec ça. Pour les contrer, nous devons aussi être bien outillés avec les gris-gris », argue Ousman.

Aussi, afin de stimuler la concurrence entre les comités de vigilance sur ce terrain hautement métaphysique, le gouverneur Midjiyawa Bakari leur a annoncé des récompenses pour les villages qui se seront illustrés dans la sorcellerie « positive ». Mais comment mesurer un tel succès? , s’interroge le journal. A qui de droit d’essayer d’y répondre.

Lore E. Souhe

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