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Lutte contre Boko Haram : L’Afrique centrale sur le pied de guerre

Déby-et-Biya-CEEAC-Yaounde

Un ton martial a singularisé les discours de Paul Biya et Idriss Deby Itno  à l’ouverture de la  conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement du conseil de paix et de sécurité de l’Afrique centrale, dans la capitale Camerounaise. Lundi 16 février 2015, le palais des congrès de Yaoundé totalement rénové, a accueilli la session extraordinaire de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement du conseil de paix et de sécurité de l’Afrique centrale (Copax). La lutte contre la secte islamiste Nigériane Boko Haram servait de prétexte à ladite rencontre.

En fin de semaine dernière, une réunion de la commission de «défense et sécurité» du conseil de paix et de sécurité de l’Afrique centrale s’est tenue à Yaoundé. L’ensemble des chefs d’État-major des armées des  pays  de la commission des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) y ont pris part.  Quelques jours plus tard, c’est-à-dire, le  14 février dernier, ce fut le tour aux  ministres des affaires étrangères de la commission de siéger en vue d’élaborer une stratégie conforme à la décision des chefs d’Etat  de la CEEAC prise à Addis-Abeba, à l’issue de la concertation  destinée à apporter un soutien aux pays membres de la COPAX,  victimes des actes d’agression de la secte terroriste Boko Haram-  en l’occurrence, le Cameroun et le Tchad. Le point d’orgue desdites rencontres de préparation était donc logiquement, la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement du conseil de paix et de sécurité de l’Afrique centrale, instance censée entériner les ultimes décisions.

Excepté  le président de la république de Sao Tomé et principe, tous les chefs d’Etat de la communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ont fait le déplacement de Yaoundé. De la Centrafricaine Catherine Samba Panza, au Gabonais Ali Ben Bongo, en passant par le Congolais Dénis Sassou Nguesso,  l’équato-guinéen Obiang Nguema Mbasogo, jusqu’au  Tchadien Idriss Deby Itno, par ailleurs,  président en exercice de la commission des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC).  Le lundi 16 février 2015, jour de la  conférence,  le temps était  clément sur les hauteurs du Mont Nkolnyada  où trône le somptueux palais des congrès,  ainsi que sur l’ensemble de la ville aux sept collines. Depuis la veille, les fantassins de la garde présidentielle (GP) avaient pris d’assaut carrefours et axes stratégiques de la cité capitale et surtout tout le long de l’itinéraire qui mène au théâtre de la rencontre.

Biya et Deby main dans la main  

Il était sensiblement 11 heures 06 minutes, lorsque les six chefs d’Etat présents, ainsi que les  membres du panel,  ont fait leur entrée dans la salle principale du palais des congrès de Yaoundé. En tout, six allocutions ont ponctué la cérémonie solennelle d’ouverture de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement du conseil de paix et de sécurité de l’Afrique centrale (Copax). D’entrée de jeu, après le chant du refrain de l’hymne national « O Cameroun berceau de nos ancêtres », c’est au délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé, M. Gilbert Tsimi Evouna qu’il est revenu de prendre la parole en premier, pour les souhaits de bienvenue aux illustres hôtes.

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Seul couac enregistré  à l’entame de son propos, l’édile de la capitale a omis de mentionner le nom du président Ali Bongo Ondimba du Gabon. Rappelé à l’ordre par le protocole d’Etat, le délégué du gouvernement s’est ravisé en alléguant par une boutade,  qu’il arrivait parfois que la secrétaire vous avale une phrase. Prenant la parole à sa suite, le secrétaire général de la CEEAC M. Ahmed Allam-Mi, à féliciter les forces armées Camerounaise et Tchadienne pour le courage et la bravoure avec laquelle elles font face au groupe terroriste Boko Haram. Dans la même veine, le Général Jean-Pierre Moukoko, représentant de l’union Africaine en RCA et en Afrique centrale qui a appelé de tous ses vœux, l’impératif d’une action coordonnée pour défaire l’ennemi commun, a également auguré que : « la victoire contre Boko Haram est à portée de main ». Parlant en lieu et place de BAN KI-MOON,  M. Abdoulaye Bathily, le chef de bureau régional des nations unies pour l’Afrique centrale a,  avant de délivrer le message du  SG de l’ONU, traité Boko Haram de bête immonde. Au nom de son mandataire, le diplomate Sénégalais a remercié le président Paul Biya, le gouvernement,  le peuple de la république du Cameroun, et surtout, le président Idriss Deby Itno pour l’initiative du sommet.

Totale impossibilité de compromis avec Boko Haram

Quand Paul Biya a pris la parole au palais des congrès de Yaoundé, il était exactement 11 heures 49 minutes. Après les civilités d’usage, le président de la république du Cameroun a abondé dans le sens de ses prédécesseurs. Tout en saluant la présence de ses pairs : « Votre présence est le témoignage de la solidarité collective de notre communauté », l’hôte de la conférence a argué qu’il y a une totale impossibilité de compromis. Pour enfoncer  le clou en parlant de Boko Haram,  qu’il a traité de secte obscurantiste et tyrannique, le chef de l’Etat a indiqué que : « Ce mouvement rejette les valeurs de la vie civilisée, il emploie les méthodes d’un terrorisme aveugle et impitoyable ».

La dernière allocution de  la cérémonie d’ouverture de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement du conseil de paix et de sécurité de l’Afrique centrale (Copax) est revenue au chef de l’Etat Tchadien Idriss Deby Itno, président en exercice de la commission  des Etats de l’Afrique centrale. Une fois à la tribune, à  l’initiative de l’orateur, l’assemblée s’est levée pour  observer une minute de silence à l’honneur des soldats tombés sur le chant de bataille. Dans son discours particulièrement dense, l’homme fort de Ndjamena qui s’est voulu panafricaniste, a instamment invité les pays d’Afrique centrale qui ne se sont pas encore engagés dans la croisade contre Boko Haram à le faire. Aussi, le président Deby a interpellé l’organisation des nations unies et l’ensemble de la communauté internationale. Pour clore son propos,  il a paraphrasé un penseur Chinois : « La guerre est semblable au feu, lorsqu’elle se propage, elle met en péril ceux qui l’ont provoquée ».

La conférence extraordinaire de Yaoundé devrait objectivement actionner les leviers du dispositif militaire de la Copax. En attendant l’implémentation puis l’entrée en scène des 8700 hommes de la force mixte multinationale en Mars prochain.

Yves Junior Ngangue

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