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Lutte contre Boko haram : La traîtrise de l’armée Nigériane ?

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Les conséquences de l’accord de cessez le feu annoncé par l’armée nigériane avec les terroristes enragent les militaires camerounais au front.

C’est le clash ! Les militaires camerounais engagés au front de la lutte contre la secte terroriste Boko haram se disent étonnés que ce soit à la télé et sur internet qu’ils découvrent l’accord de cessez-le-feu que le chef d’état major de l’armée nigériane a annoncé avec les Boko haram. « La guerre contre les Boko haram a été déclarée multilatérale à Paris. Comment maintenant ils viennent négocier un cessez-le-feu de façon bilatérale ? », s’offusque un officier.

Il ajoute que le Cameroun dans la guerre contre Boko Haram n’est « qu’une victime collatérale. » Pour lui, l’affaire de Boko haram est une affaire Nigério- nigériane. « Nous sommes rentrés dedans par solidarité avec un pays frère, un grand voisin qui était en difficulté. Boko Haram chez nous ne vient que pour faire du ravitaillement, pour s’approvisionner afin d’implanter son prétendu khalifat. » L’armée camerounaise ne tarit pas de griefs à l’encontre de leur homologue et partenaire nigérian.

« Nous étions tombés d’accord sur des patrouilles coordonnées à Paris, ils ne les ont jamais tenues se dérobant chaque fois qu’on voulait les mettre en place. Ils ont promis la reconquête des villes et des camps militaires qu’ils avaient laissés à Boko Haram, ils ne l’ont pas fait. Ils ont fait des frappes aériennes sans grands résultats simplement parce qu’on le sait maintenant, ils ne se souciaient pas d’être efficaces sur le plan stratégique et pire on apprend même que certains avions larguaient du matériel aux terroristes », se plaint notre source.

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Notre interlocuteur s’interroge sur les clauses de cet accord au quel le Cameroun n’a pas été associé. « Est-ce qu’il y a une clause sur le désarmement des Boko haram ? Est-ce qu’ils vont rester paisiblement dans les camps militaires abandonnés par l’armée nigériane ? Est-ce qu’on va leur abandonné le matériel important qu’ils y ont trouvé ? Y aura-t-il amnistie sur tous les crimes commis par Boko Haram », s’interroge t-il. Il mesure les conséquences que cet accord bilatéral va avoir sur la sécurité du Cameroun : « Maintenant, le Cameroun devra faire tout seul face à un problème qui ne le concernait même pas. Logiquement les Boko Haram que nous avons souvent défaits vont concentrer leurs efforts sur nous.

Ils vont revenir ainsi que semble t-il, ils l’ont promis après l’attaque d’Amchidé jeudi dernier. Ils vont harceler nos populations pour se ravitailler. Ils vont venir plus souvent chercher à manger chez nous. Avec toutes les armes qu’ils ont là, le grand banditisme va monter en puissance dans les régions septentrionales et peutêtre le pays entier. Autre chose, leurs réfugiés qui sont éparpillés un peu partout chez nous rentreraient chez eux s’il y avait la paix.

Mais, avec la brutalité des Boko Haram, il faut s’attendre à ce qu’ils en arrivent encore », s’inquiète notre source. En conséquence, nos forces de défense ont décidé de renforcer et multiplier les patrouilles sur des axes réputés convoités par les terroristes.

© Le Jour : Aziz Salatou

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