Features

L’Union Africaine s’occupe de Boko Haram sans Paul Biya !

Paul Biya-Epervier-Detournements-remainement-réseaux sociaux

Le chef de l’Etat camerounais était absent à l’ouverture officielle du sommet de l’Union Africaine ce vendredi. Ceci alors même qu’il venait d’appeler à la mobilisation «globale» contre la secte islamiste Boko Haram.

Encore une drôle de semaine pour Paul Biya. Alors que nombreux riverains en provenance de Meyomessala (département du Dja et Lobo, Région du Sud) disent avoir senti sa présence dans la zone ces derniers jours, l’actualité sur le continent se jouait ce vendredi à Addis-Abeba, au siège de l’Union africaine, où débutait la 24e session de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine dont le gros dossier était la lutte contre Boko Haram.

À Yaoundé, toute la journée, aucun frémissement dans les médias publics n’a secoué la torpeur du début de week-end, même pas une annonce faisant état de la présence d’un membre du gouvernement camerounais à ce sommet qui a vu Robert Mugabe porté à la tête de l’UA.

Pourtant, ce sommet n’est pas comme tous les autres. Pour la première fois depuis fort longtemps, les paramètres semblaient réunis pour que le Chef de l’Etat camerounais monte au front. Son ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary qui s’exprimait sur les questions sécuritaires il y a quelques jours l’avait même dépeint comme étant littéralement sur tous les fronts face à Boko Haram, saluant sa vision et sa volonté d’en faire un problème global.

Nous suivre ►► Facebook   Twitter   Instagram   Youtube 

Or l’entrée en action du Tchad dans la guerre contre la secte terroriste donna à penser que cette vision portait ses fruits. Surtout qu’à la même période, Paul Biya reçut au Palais de l’Unité Nikolay Ratsiborinski l’ambassadeur de la Fédération de Russie au Cameroun. Toute chose qui donna à penser qu’avec le Sommet de l’Union africaine le fer était chaud, et qu’il était temps de le battre.

Il n’en a rien été. Paul Biya a même semblé rentrer dans sa coquille. Il n’a pas rencontré Pierre Lellouche et Philippe Baumel, les deux députés français dépêchés à Yaoundé en milieu de semaine pour parler de «développement et de croissance profitable». Ceux-ci ont rencontré mercredi le président de l’Assemblée Nationale Cavaye Yeguie Djibril, puis jeudi le ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire Emmanuel Nganou Djoumessi et enfin vendredi le Secrétaire général de la Présidence de la République Ferdinand Ngoh Ngoh.

Le chef de l’Etat camerounais a-t-il décidé de faire la chasse à l’affût ? Aurait-il désormais la phobie des séjours à l’étranger à cause de la menace terroriste ? Et surtout: comment tiendra-t-il sa posture de chef de guerre, en ayant minimisé cette rencontre d’ Addis-Abeba ?

ARTHUR BILOUNGA,

Populaires cette semaine

To Top