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Louis Bapès Bapès de nouveau livré en pâture

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Louis Bapès Bapès a encore été cité dans un dossier judiciaire dont il est étranger. Un acharnement qui agace. En même temps, donne la mesure de la capacité de nuisance de ses «amis» qui lui veulent du bien…

Le nom et la stature du ministre des Enseignements secondaires (Minesec) hantent certains esprits chagrins depuis quelque temps. Louis Bapès Bapès, à l’insu de son plein gré, est cité dans une affaire pendante devant le Tribunal criminel spécial (Tcs), dont il n’aurait rien à voir. Chez certains confrères, on est allé jusqu’à s’étonner de son absence à la barre, le 6 août dernier, dans le cadre du dossier de détournement de deniers publics intervenu dans son département entre 2005 et 2006. Vous avez dit bizarre?

Pourtant, pas besoin d’être sorcier pour se rappeler que l’histoire en question touche la ci-devant secrétaire d’Etat au Minesec, Catherine Abena, interpellée le 8 janvier 2010, libérée pour des raisons de santé le 4 février 2011 et décédée en mars dernier des suites de maladie. 25 de ses collaborateurs font également partie des accusés. Il y a comme une tentative de lynchage dans l’air. Louis Bapès Bapès avait déjà été jeté en pâture voici quelques mois, avant de réussir à confondre ses ennemis qui se cachent jusqu’à des niveaux insoupçonnés de l’appareil étatique. Le 31 mars 2014, l’homme était placé en détention provisoire par le juge d’instruction du Tcs, «dans le cadre, avait alors indiqué le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, d’une procédure suivie contre lui pour détournement de deniers publics». Il était miraculeusement libéré dès le-lendemain. De l’inédit en République. Un ministre en fonction arrêté puis jeté en prison, même pour quelques heures, c’est l’autorité de l’Etat qui est traînée dans la boue. M. Tchiroma, dans le rôle du procureur, ne s’était pas embarrassé de circonlocutions. Il avait présenté un collègue, en fonction depuis 2004 après avoir passé 33 ans à la direction générale de la Mission d’aménagement et de gestion des zones industrielles (Magzi), comme un fieffé criminel économique. Pas une seule fois en effet, le Mincom et porte-parole du gouvernement n’avait invoqué la présomption d’innocence a laquelle a droit tout prévenu.

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Cet épisode est resté en travers de la gorge de beaucoup, mais le Minesec, conscient de la confiance portée sur sa personne par le président Paul Biya, a repris du service avec dévouement et depuis, assume. Il vient encore, comme c’est le cas depuis dix années, de réussir une année scolaire sereine. Mais la machine à broyer ne semble pas faiblir.

Il se passe simplement que l’aura politique et technocratique de Louis Bapès Bapès gêne également beaucoup de monde, ceux-là qui ne rêvent que de sa perte. Et les premiers dans ces cabales à répétition se trouvent être ses propres camarades de parti, dont beaucoup se recrutent dans sa Sanaga Maritime natale. Ils en sont jusqu’à chercher à ternir son œuvre inestimable dans ce fief réputé difficile, essaimé en particulier par l’Union des populations du Cameroun (Upc).
C’est pourtant dans ce département que le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc, au pouvoir) a failli vivre une mémorable déculottée, au terme des dernières élections législatives et municipales. Ici, l’Upc a fait la course en tête, en dépit de la présence au sein de la commission départementale de campagne de Joseph Mboui, Louis Yinda, Geneviève Tjoues et autre Hans Nyetam Nyetam. Et, pendant que des têtes de file s’adonnaient à leur mise en scène habituelle et multipliaient des bévues, le stratège Louis Bapès Bapès faisait du porte à porte, mouillait comme d’habitude, le maillot. Au final, et selon des sources introduites, c’est grâce à son travail de terrain que le Rdpc a pu encore sauver une certaine représentativité en

Sanaga Maritime.

Cette prouesse, plutôt que d’être saluée, semble devenue un boulet pour le membre du gouvernement. Conséquence, toutes les occasions sont bonnes pour en faire une tête à claques. Bapès gêne parce que certains pensent qu’il leur fait de l’ombre. Il y a pourtant de la place pour tout le monde, et tant de travail à faire pour s’éviter des peaux de banane. Cherchez simplement à qui profite le crime…


© René Atangana | La Météo

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