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Livre: les derniers « kongossa » du pays

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Avec « Comment s’informent et communiquent les Camerounais de l’étranger ? », Antoine Wongo Ahanda fait une étude des penchants médiatiques de la diaspora.

Plus qu’un ouvrage, une recherche basée sur les sciences de l’information et de la communication. Antoine Wongo Ahanda, enseignant-chercheur dans le domaine, livre le résultat d’une étude longue de 10 ans sur les habitudes communicationnelles des Camerounais de la diaspora. Entre les lignes, les ficelles d’un retour au pays natal par voie de médias se tissent. Comment maintenir les liens avec ses terres alors qu’on est si loin ? Les moyens semblent divers, et l’auteur, à force de chiffres et de graphiques les révèlent. « Comment s’informent et communiquent les Camerounais de l’étranger ? Communication et transnationalisme » dévoile les procédés de reconnexion entre les Camerounais de l’étranger et leur pays. Il est question en majorité de politique dans cet ouvrage basé sur cinq études principales, retracées avec clarté par la préface du Pr. Laurent-Charles Boyomo Assala, professeur des Universités, Directeur de l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic).

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L’implication forte de ces hommes et femmes de l’extérieur dans les affaires politiques se dessine au fil des pages. Une ingestion facilitée par l’utilisation de plusieurs canaux de communication. Les médias électroniques (entre autres réseaux sociaux, blogs…)  mais aussi les chaînes de télévision nationales comme la Crtv ou Canal 2, et cet intriguant concept de transnationalisme, constituent les socles de communication majeurs de ces expatriés. L’auteur situe le transnationalisme entre l’intégration dans les pays d’immigration et la revendication de la citoyenneté par cette diaspora qui au final est bien consciente de ce qu’elle exige en matière d’information. S’ils s’attachent à leur nation d’adoption, ces Camerounais d’ailleurs conservent un puissant rapport affectif avec leurs origines. Par cette relation, ils gardent un œil sur les affaires locales, et par-dessus tout, sur la politique.

Un milieu dans lequel la diaspora se positionne en général, si l’on en croit l’auteur, contre le pouvoir en place. Boudeurs peut-être les Camerounais de l’étranger, mais ils ont leur mot à dire dans le secteur de l’économie, avec des échanges monétaires entre l’extérieur et l’intérieur s’élevant à des millions de dollars chaque année. L’étude n°5 sur la réception de la télévision camerounaise, à travers une enquête auprès des abonnés du « Bouquet africain » en France, plonge le lecteur dans cette dépendance communicationnelle qui a eu raison de la diaspora. C’est en somme une étude détaillée de 224 pages, faite de fouilles bibliographiques et d’une proximité étonnante avec les sources que divulgue Antoine Wongo Ahanda.

©Monica NKODO 

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