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Libéré de prison, Jean Marc Bikoko raconte son «enfer en neuf jours»

Jean-Marc-Bikoko

Le syndicaliste qui a recouvré sa liberté de mouvement mercredi dernier est revenu sur les conditions de sa détention. Suite à ses six jours de détention administrative, Jean Marc Bikoko et les prévenus autres prévenus qui l’accompagnaient ont entamé «de nouvelles auditions lundi», indique le quotidien Mutations de ce vendredi 25 septembre 2015.

Le journal précise que «les interpellés avaient été conduits dans les locaux de la délégation régionale de la police judiciaire autour de 14 heures pour une nouvelle enquête. Ils ont été ramenés au GMI en soirée».

Commentant cette situation, Jean Marc Bikoko déclare: «Compte tenu de la pression, le gouvernement s’est réuni pour organiser une fugue. Ils ont ordonné au sous-préfet de produire une note d’interdiction à la hâte. Mardi matin, nous sommes déférés au parquet où nous avons passé toute la journée sans que nous ne soyons entendus avec un chef d’accusation qui tienne désormais la route : désobéissance au sous-préfet et rébellion».

S’agissant des conditions de détention proprement dites, le journal rapporte que Bikoko et ses amis «ont passé la nuit de mardi couchés à même le sol, dans une cellule du commissariat central. Et, à côté de leur cellule, se trouvait une femme avec un nourrisson de quatre mois qui a pleuré toute la nuit sous le regard des policiers insensibles».

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Selon le journal, les membres de cette Ong, «comme un seul homme» font presque le même récit : «Le passage à la délégation régionale de la police judiciaire était un moyen pour nos assaillants de requalifier les faits. Nous avons été entendus le 15 septembre. D’où la garde-à-vue administrative du gouverneur. Mercredi dernier, nos avocats ont interpellé le juge et l’avocat du gouvernement pour que les plaignants, sous-préfet et policiers, soient à la barre pour apporter la preuve de leur désobéissance et de la rébellion dont nous sommes accusés»

Mais Jean Marc Bikoko campe sur ses positions : «Les autorités pensent m’avoir causé du tort. Mais elles se trompent, parce qu’elles ont fait du mal au Cameroun. Le sujet de l’atelier est la raison de cette machination  «Gouvernance électorale et alternance démocratique». Avec la campagne transcontinentale «Tournons la page» qui a eu les effets connus au Burkina-Faso et en République démocratique du Congo, elles pensent que nous recevons des financements de l’extérieur».

Et Mutations de conclure : «Les prévenus ont plaidé non coupables et la prochaine audience a lieu le 28 octobre prochain, au tribunal de première instance de Yaoundé».

Béatrice Kazé

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