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L’Est du Cameroun bientôt ingouvernable

Région-de-l’Est-Samuel-Dieudonné-Ivaha-Diboua

Le laxisme des autorités de Yaoundé face à la circulation des armes de guerre dans cette région fait craindre le pire. Toujours est-il que l’insécurité dans cette partie du territoire est toujours alimentée par des hommes en tenue qui se sentent revêtus d’un manteau d’intouchable. En contradiction aux lois républicaines. Malgré plusieurs cris de détresse, des renseignements prévisionnels et des rapports bien documentés, les autorités de Yaoundé font toujours la sourde oreille.

Les populations de l’Est ne savent plus à quel saint se vouer. Tant les perspectives sécuritaires sont sombres. Dans ce bassin de vie comme Moloundou à 855 km, d’une superficie de 15 000 km², les quelques 40 000 âmes qui cohabitent au quotidien n’ont plus de repère et ne savent plus quelle idée suivre. Au cœur de ces inquiétudes bien réelles des lendemains, l’insécurité alimentée, dans cette partie du pays, par des militaires camerounais et des hommes à la moralité douteuse qui se donnent à cœur de joie dans des pratiques diverses, hautement ignobles.

Ces actes hautement répréhensibles qui auraient valu une révocation pure et simple de l’armée, sont l’œuvre de la Sécurité militaire (Semil), de la 132e compagnie d’intervention motorisée (Cim) et des éléments du bataillon d’intervention rapide (BIR), selon une correspondance du sous-préfet Avom Dang.

No man’s land

Une mission composée du sous-préfet de l’arrondissement de Moloundou, du commandant de la 132ème Cim, le conservateur du Parc national de Lobeke, le commandant de Brigade de gendarmerie de Moloundou, a réussi à récupérer 1 000 munitions de guerre, une arme à feu de type Kalachnikov Ak47 N°1449 et quatre (04) pointes d’ivoire le 26 mai dernier. Cette autre saisie intervient après l’opération coup de poing fructueuse menée du 30 avril au 6 mai dernier dans la localité de Mbang, département de la Kadey. Au cours de cette mission, les éco-gardes, avec l’appui des éléments du BIR de Ketté, avaient neutralisé huit braconniers avec un butin de plus de 200kg de gibier et leur arsenal de chasse.

Des sources dignes de foi, attestent que les éco gardes conduisent régulièrement des raids dans les villes de Moloundou et Kika à la frontière avec le Congo Brazzaville où se cachent les braconniers qui abattent les éléphants avec des kalachnikovs. « Grâce aux renseignements fournis par les informateurs, au cours de plusieurs opérations de force menées par les autorités administratives et les forces de sécurité, des suspects sont pris aux filets des Eco-gardes du Minfof de la Tri-National de la Sangha (Tns). L’offensive de de plusieurs saisies d’armes de illustre à suffisance que la circulation des armes à feu (de tous les calibres), est en nette progression à l’Est du pays » explique un haut gradé de la compagnie de gendarmerie de la Boumba et Ngoko.

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L’insécurité à l’Est du pays est toujours alimentée à ce jour par des hommes en tenue et des autorités administratives à la moralité douteuse qui se donnent à cœur de joie dans des forfaitures diverses. Déjà, les autorités camerounaises sont au centre de la circulation des armes de guerre dans cette partie du territoire. Les faits sont têtus. Au cœur de la manœuvre ignoble, les éléments des forces armées nationales. Dans une correspondance N°08/L/B12.01/SP du 11 novembre dernier adressée au Secrétaire général de la Présidence de la République et au ministre délégué à la présidence chargé de la défense (Mindef), le sous-préfet de l’arrondissement de Moloundou, Avom Dang, tirait déjà la sonnette d’alarme. Sollicités aux fins de lutter contre la grande criminalité, la circulation des armes de guerre, le grand braconnage, le trafic des pointes d’ivoire et de peaux de panthères, ainsi que des espèces en voie de disparition au Cameroun, les militaires avec le concours des autorités administratives excellent plutôt à merveille dans la perversion et dans les couloirs de la criminalité rampante.

Surtout qu’une arme de guerre se négocie actuellement à 15.000, 25.000, 50.000 fcfa et même avec moins, à l’Est. En attendant la réaction de Yaoundé, le sous-préfet Avom Dang jure la main sur le cœur qu’il ne fait que ce qu’il a appris à l’école au cours de sa formation. Tout en se réfugiant derrière les propos du gouverneur de la Région de l’Est, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, qui lors de sa tournée socioéconomique et culturelle du 26 août dernier à Moloundou a été clair à son endroit. « Travaillez en étroite collaboration avec les chefs de villages tous les jours et que vous soyez à l’avant-garde de la lutte contre l’insécurité, la circulation des armes de guerre et la grande criminalité ». Jusqu’à quand devra-t-on reconnaitre le mérite dans notre pays? Mais, il est temps que cessent cette forfaiture et ce culte de la médiocrité institutionnalisé pour enfin rendre cette partie du territoire gouvernable.

 Jean Claude Fogno

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