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Les usagers de Douala aux abois après l’interdiction des Cargos

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Les anciens abonnés aux vieux cars bannis tentent par tous les moyens de se déplacer. Il est près de 18h au carrefour ancien Dalip et des dizaines de personnes, habitant « Village », pressées de rentrer chez elles en ce début de week-end, répètent leur destination à l’envie au transporteur qui veut bien les entendre, taxis comme motos.

C’est sur ces entrefaites qu’arrive un bus Coaster. Habituellement dévolu au transport interurbain, il est pourtant là pour « aider » les travailleurs, élèves, commerçants et autres à se déplacer à l’intérieur de la ville. Malgré cela, on ne s’y rue pas. Cyrille Moulion, chef de piste du point d’embarquement, explique : « Il prend 400F. Avec le cargo, c’était 200F jusqu’à Tradex Village ». Les Coasters, ce n’est pas leur premier tour à Ancien Dalip. L’occasion faisant le larron, ils font partie de ces moyens qui essayent de combler les besoins de transport des résidants de la ville, deux jours après le début de l’opération d’assainissement lancée par le préfet du Wouri le 5 novembre 2014, avec l’interdiction de circuler des « cargos » à Douala.

Cyrille Moulion évoque même un moyen plus insolite « hier (jeudi, ndlr), une remorqueuse a porté les gens ici pour Village, moyennant 200F ». Les occasions, les usagers n’en laissent passer aucune. Ce chauffeur de jeep a commis l’erreur de s’arrêter et a aussitôt été assailli par une marée humaine. Ils trouveront d’autres particuliers pour les emmener. Avec toute cette demande, le coût du transport a crû. L’occasion étant trop belle pour les transporteurs, qui ont bien entendu augmenté leurs prix, comme le révèle encore Cyrille Moulion, également passager : « Le taxi a ajouté 50F. Donc il faut lui donner 300F. Sans compter qu’il ne fait pas de longues distances comme le cargo. Il va te déposer en chemin et tu vas chercher un autre taxi ou une moto pour arriver chez toi ». C’est le cas aussi du jeune Franck Nya, élève au lycée technique de Koumassi : « Je dépensais 250F pour rentrer. Maintenant, c’est 400F ou 450F ».

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Les habitants de Bonabéri n’échappent pas à cette situation. On les retrouve à un de leurs points d’embarquement, du côté de la Salle des fêtes d’Akwa. Parmi eux, Raymond Yvan Ndabone témoigne : « Jeudi, c’est un car Hiace qui a nous emmenés, moyennant 300F, au lieu des 200F du cargo, mais tu n’as pas le choix. J’habite Ndobo et s’il faut prendre une moto, c’est 500F en bâchant ». « Bâcher », c’est monter sur le deux-roues avec un deuxième passager.

Autre moyen de déplacement à moindre coût et très sollicité, les bus Socatur. L’arrivée de l’un des véhicules à Ancien Dalip vendredi dernier a pratiquement déclenché une mini-émeute. Il a fallu toute la force de persuasion du contrôleur pour que les passagers acceptent de s’aligner. Avant que le bus ne s’ébranle avec peine quelques minutes plus tard, plus en surcharge que d’habitude. La Socatur qui devrait prendre dès ce 10 novembre des mesures pour mettre plus de bus en circulation dans les artères de Douala, selon une source officielle.

©Rita DIBA 

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