Société

Les sujets qui vont cristalliser l’attention cette année

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Mise en place du Conseil constitutionnel, mue des organes de base du Rdpc, implémentation de la loi anti-terroriste, sont entre autres sujets qui vont cristalliser l’attention cette année.

Le chef de l’Etat ne l’a certes pas évoqué lors de son message à la nation du 31 décembre dernier, mais la question de la mise en place du Conseil constitutionnel pourrait bien être l’un des sujets majeurs de l’actualité politique au cours des prochains mois, voire des semaines à venir. C’est que, jusqu’aux ultimes instants de l’année 2014, bien des observateurs avertis avaient cru voir dans l’avènement de certains évènements, des signes avant-coureurs de l’imminence de la mise en service de cette institution. C’est le cas de ces réunions des bureaux du Sénat et de l’Assemblée nationale qui se sont tenues le 30 décembre dernier, avec comme ordre du jour, la désignation des plénipotentiaires des deux chambres du Parlement au Conseil constitutionnel.

Ces réunions, faut-il le rappeler, sont intervenues 12 jours seulement après la tenue d’un Conseil supérieur de la magistrature qui a décidé notamment de la mise à la retraite d’Alexis Dipanda Mouellè et de Risouck à Moulong, respectivement premier président et procureur général près la Cour suprême. L’on se souvient que ce Csm, avait également transmis au président de la République, ses propositions en vue de la nomination de deux personnalités au sein de l’organe chargé de connaitre de la question de la constitutionnalité des lois. Mis bout à bout, ces deux éléments incitent à croire à l’éminence de la mise en place de l’instance compétente pour réguler les institutions nationales.

Loi anti-terrorisme

2015, sera aussi l’année des premiers pas de l’application de la loi portant répression des actes de terrorisme. Adoptée par le Parlement le 04 décembre dernier et promulgué par Paul Biya 19 jours plus tard, soit le 23, l’implémentation de cette norme – très critiquée par l’opposition et la société civile, et censée prémunir le pays contre les terroristes – risque bien d’être un des centres d’intérêts des observatoires des droits de l’Homme et des libertés publiques. Tant il est vrai qu’en fin 2014, certains leaders politiques ont fait part de leurs « vives inquiétudes » quant au sort de certaines libertés comme le droit de manifester. Nul doute dans ces conditions, que l’application de cette loi constitue un test de crédibilité et de bonne foi pour le régime de Yaoundé, à qui un procès en « musèlement du peuple » a d’ores et déjà été intenté par des forces de l’opposition.
Autre centre d’intérêt politique cette année, la pacification des rapports entre l’Assemblée nationale et le Sénat. Ainsi que le constate à juste titre le politologue Mathias Eric Owona Nguini, « en 2014, l’on a assisté à une guerre de pouvoir entre ces deux chambres du Parlement ». Pour preuve, au cours de la session budgétaire de novembre dernier, le Sénat a rechigné à défendre son budget devant la représentation nationale. Le conflit à peine « larvé» entre ces deux institutions – qui du reste n’a pour l’heure pas encore fait l’objet d’arbitrage – est amplifié par une interprétation curieuse des sénateurs de la préséance du président de leur chambre sur celui de l’Assemblée nationale. La session parlementaire de mars prochain, apparait donc dans ce contexte, comme le premier pôle d’observation de la décrispation nécessaire des rapports entre ces deux institutions.

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L’on sera tout aussi attentif au cours des semaines à venir, au renouvellement des organes de base du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc). L’intérêt porté sur cette échéance électorale interne au « parti du flambeau », est non seulement justifié par sa place prépondérante sur l’échiquier politique mais aussi, par le fait que cette opération donnera à jauger le degré de cohésion dans les rangs de cette formation. Il faut dire que le spectre des dissensions entre la base et le sommet du parti, générées par les investitures lors des élections sénatoriales, législatives et municipales de 2013, plane toujours telle une épée de Damoclès au-dessus de la tête de Jean Nkueté et ses camarades. Les signes d’essoufflements présentés par la campagne (prorogée) de placement des cartes du parti lancée en novembre dernier, sont à tout le moins, révélateurs d’un malaise au sein du Rdpc.

Boko Haram

Les préoccupations sécuritaires qui ont concentré en grande partie l’attention nationale au cours des sept derniers mois – du fait de la récurrence des attaques de Boko Haram dans la région de l’Extrême-nord et des incursions des groupes armées à l’Est du pays, – devraient rester en 2015, un sujet politique important. D’autant que la perspective d’une guerre d’usure imposée par la secte terroriste à nos vaillantes forces de défense et de sécurité, semble inéluctable eu égard « à l’enlisement de ce conflit », comme le remarque Mathias Eric Owona Nguini. La pertinence de la réponse gouvernementale à la hauteur de cet enjeu, en termes d’entretien du moral des troupes, de gestion optimale de l’effort de guerre et de mobilisation des populations, risque fort bien d’être scrutée.

Tout comme le remaniement ministériel prédit par tous les oracles politiques au lendemain du message de Paul Biya à la nation du 31 décembre 2013, mais qui n’est finalement pas intervenu l’année dernière. Si a priori, aucun signe d’un tel avènement, n’a été décelé dans la dernière adresse de Paul Biya, il reste constant que l’intérêt de ce réaménagement gouvernemental n’en est pas moins prononcé aujourd’hui. Surtout lorsqu’on sait notamment que l’hydre de la sous-consommation du budget d’investissement public (Bip) décrié en 2013 par le chef de l’Etat n’a pas été éradiqué. In fine, pourrait-on se payer le luxe de prendre les mêmes et recommencer, avec le risque de voir les mêmes causes produire les mêmes effets, en dépit de la mise en œuvre d’un plan d’urgence brandit comme une panacée ? L’avenir nous le dira. Quoique sous les oripeaux du Renouveau, tout semble possible.

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