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Les riverains de la Socapalm manifestent contre le Groupe Bolloré

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A travers une action entamée ce jeudi 23 avril 2015 près des plantations de Dibombari, ils appellent la multinationale luxembourgeoise Socfin dont fait partie la société camerounaise spécialisée dans la production d’huile de palme, à prendre en compte leurs revendications. 

Depuis environ 7 heures, ce jeudi 23 avril 2015, les populations riveraines des plantations de la Société Camerounaise de Palmeraies (Socapalm) de Dibombari, dans le Littoral observent une manifestation devant les installations de la structure productrice d’huile de palme. Ils comptent y rester jusqu’à samedi prochain, 25 avril 2015 avant de passer le relais aux riverains de Mbongo qui entreront en scène du lundi 27 au mercredi 29 avril 2015. Ce mouvement initié par le Synaparcam-Bolloré (Syndicat National des Paysans et Riverains du Cameroun) sera conclu par les populations qui côtoient les plantations de la Socapalm à Kribi. Ce mouvement d’humeur est aussi observé dans plusieurs autres pays où l’on retrouve les plantations du Groupe Socfin-Bolloré dont fait partie la Socapalm, à savoir : la Côte d’Ivoire (SoGB), la Sierra Léone (SAC), le Libéria (SRC), le Cambodge (Socfin-KCD)…

Réunis au sein de l’Alliance Internationale des Riverains des plantations Bolloré-Socfin, ils s’insurgent contre le silence des responsables de cette multinationale face à leurs multiples revendications parmi lesquelles : la rétrocession des terres extorquées aux riverains de leurs différentes plantations ; la réalisation d’infrastructures et missions de service public  (éducation, santé, sanitaires, routes, électricité, eau…) ; le développement économiques ; les compensations financières, la protection de l’environnement… Dans une lettre adressée à Hubert Fabri, le président du Groupe Socfin, le 16 mars 2015, les membres de cette alliance brandissaient une menace de manifestation collective au cas où ce dernier ne se pliait pas à leur appel au dialogue. « Sachez que nous sommes déterminés à aller jusqu’où il sera nécessaire pour obtenir la reconnaissance de nos droits. Nous organiserons de nouvelles actions collectives dans tous les pays tant que vous ne nous aurez pas témoigné votre volonté d’ouvrir la discussion pour trouver des solutions communes », écrivait Sare Tchrouin Ange, Chargé de communication de l’Alliance, Président de l’Union des Villages Déguerpis (Côte d’Ivoire).

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Ils dénoncent aussi le non respect des promesses nées d’une rencontre avec le Groupe Bolloré, le 24 octobre 2014 à Paris. A l’issue de cette réunion, le Groupe Bolloré, tout en relevant qu’il agissait comme actionnaire minoritaire, facilitateur du dialogue avec Socfin, avait entre autres  promis de : soutenir les principes fondamentaux définis par le porte-parole de l’Alliance ; faire un compte-rendu de la réunion dès la semaine suivante, à valider par tous les participants ; communiquer les revendications exprimées  à Socfin et à revenir dans un délai d’un mois vers les associations de riverains avec des éléments de réponse argumentée ; soutenir le principe d’un apport d’expertises indépendantes sur les points éventuels de litiges… Cette alliance est soutenue dans ses actions par plusieurs ONG dont la française React. Du côté du Groupe Bolloré, l’on clame n’avoir pas assez de pouvoir, vues ses parts dans le groupe, pour régler les problèmes posés par les riverains. Les responsables du groupe français disent néanmoins avoir déjà attiré l’attention de la direction de leur partenaire  Socfin sur cette situation.

Wiliam Tchango

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