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Les réfugiés nigérians créent une dizaine de villages

Fotokol-lamido-Cameroun

L’aire protégée est envahie par de réfugiés nigérians.

Le canton de Kossa dans l’arrondissement de Mora est l’une des localités qui abrite un nombre important de réfugiés nigérians. Ces derniers ont trouvé abri au Cameroun à la suite de la multiplication des exactions de la secte islamique Boko Haram dans le nord-est du Nigeria. Dans leurs bagages, nombreux d’entre eux ont  apporté avec eux des bêtes constituées essentiellement de bovins et de caprins.

Selon les responsables de l’Union international pour la conservation de la nature (Uicn), plus de 4000 boeufs ont investi la zone tampon du parc national de Waza. De plus, à moins de 500 mètres de l’aire protégée, on dénombre aujourd’hui de nouveaux villages créés par les réfugiés nigérians avec des lawans qui ont été obligés de fuir leur pays.

Il s’agit de  Guaouri avec pour lawan Hourso, Gawa où trône le Djaouro Ibrahim, Bara dirigé par Djaouro Abdoulaye, le village Bederi dirigé par Djaouro Mamoudo, le village Dandaya dirigé par Blama Ngoubdo, Messsere dirigé par Goni, Yeme dirigé par Issaga Amissy et le village Farka dirigé par Mal Tidjani. Interrogés, ces réfugiés disent être là depuis plus de six mois. Ces regroupements existent pour la plupart depuis leur arrivée et sont constitués en moyenne de 10 à 30 cases. Selon des témoignages recueillis sur le site, d’autres groupements pourraient se créer dans les semaines à venir.

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Les responsables de ces groupements déclarent avoir reçu l’aval des autorités traditionnelles locales pour s’installer. Jean David Ndjigba, délégué régional des Forêts et de la Faune a conduit une mission fin septembre sur le site du parc pour évaluer la situation. De sa visite sur le terrain, il ressort que «la transhumance incontrôlée et l’afflux des réfugiés autours du parc au mépris de la réglementation forestière et faunique en vigueur pourra affecter les ressources naturelles dans un avenir très proche.» Les autorités locales constatent déjà la dégradation des ressources forestières du fait du surpâturage.

De vastes plantations des cultures vivrières ont déjà été installées dans les zones périphériques du parc. Pour l’instant, les grands foyers de menaces sont pour l’instant le secteur Nord-ouest et les secteurs Est et Nord-Est du parc national de Waza. Tous situés dans le canton de Kossa à 27 km de Mora. Le chef de canton, sa majesté Matti, 95 ans, semble impuissant face à l’invasion de ces étrangers. Il a délégué ses responsabilités à son fils ainé, lequel est accusé par la population d’être à la solde des bergers étrangers.

© L’Oeil du Sahel : ALAIN MAZDA

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