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Les prisons camerounaises sont pleines !

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Environ 26 000 individus remplissent les prisons au Cameroun. Un effectif à l’origine de la surpopulation aujourd’hui constatée dans les maisons carcérales. Les observateurs sont en accord pour dire que les prisons au Cameroun accueillent plus qu’elles n’en peuvent. Un état qui n’est pas sans conséquence. Car de la promiscuité décriée par les uns et les autres, en passant par la vétusté des locaux et des soucis d’évacuation des eaux souillées, on a ici, la caractéristique majeure des prisons du Cameroun.

Mutations en ligne dans sa publication du 15 septembre 2015, dit que « pour supporter le trop-plein de détenus dans les prisons, l’on en est parfois arrivé à se rabattre sur des constructions en matériaux provisoires. C’est le cas du quartier des condamnés à mort de la prison de New-Bell, d’où est parti le feu ». En 2014, la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés indiquait que le pénitencier de New-Bell contenait 2952 détenus, pourtant sa capacité d’accueil étant de 800 places. Le Journal écrit que ces statistiques sont également observées dans les autres prisons du pays. « A la prison de Kondengui, à Yaoundé, l’on dénombre environ 4200 détenus. Ces détenus sont encadrés par 393 personnels. Ce qui est insuffisant par rapport au ratio international », indiquait Francis Sabeng Oloumou, Chef service administratif et financier à la prison de Kondengui, le 5 juin 2015.

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Le quotidien Emergence dans son édition du 21 janvier 2016, dit que les grâces présidentielles du Président de la république sont l’un des moyens trouvés par l’exécutif, pour remédier au problème de surpopulation carcérale. Le journal indique tout de même les causes de ce phénomène. Il cite entre autres la présence des prévenus et de faux prisonniers dans les milieux carcéraux au Cameroun. « Comme l’ont expliqué les responsables de la commission nationale des droits de l’homme et des libertés du Cameroun  (cndhl), qui accompagnaient le centre d’orientation éducative du Cameroun (Coeca), plusieurs prisonniers sont en réalité des prévenus, c’est-à-dire des justiciables en attente de jugement ». Le journal dit que le 19 janvier dernier, au cours d’une conférence de presse tenue en prélude à la rencontre nationale sur la situation des prisons qui se tiendra du 20 au 27 janvier 2016, à Yaoundé, des chiffres ont été rendus publics. « La prison centrale de Kondengui compterait 4200 pensionnaires, dont 60% sont des prévenus, la prison de Mbalmayo quant à elle contient 320 détenus pour 50% en prévention. La prison de Bafoussam suit avec 1400 prisonniers pour 60% de prévenus et celle de Garoua approche les 1200 personnes privées de liberté pour un peu plus de 50% prévenus ».

Outre cela, le journal révèle que des mineurs ayant dit qu’ils sont majeurs, viennent aussi remplir les prisons. Des indications fournies au quotidien par la Commission nationale des droits de l’homme. A côté, on retrouve aussi des personnes qui « sont soumise à la contrainte par corps pour n’avoir pas restitué les sommes dont ils sont accusés de détournement, des amendes et autres frais de procédure judiciaire (Dépens) ». Face à ce qui est suscité, le centre d’orientation éducative au Cameroun prévoit attirer l’attention sur les conditions de détention des prisonniers. Ceci, avec le soutien de l’Union européenne.

Liliane J. Ndangue

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