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Les policiers ont disparu des entrées des établissements scolaires de Yaoundé

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Très visibles il y a quelques semaines lors de la rentrée scolaires, les éléments de la police ne sont plus présents devant les établissements scolaires de la capitale du Cameroun. Le 7 septembre dernier, jour de rentrée scolaire au Cameroun, l’ensemble des établissements scolaires étaient placés sous haute surveillance. A l’entrée étaient postés au moins deux agents de police, et des mesures étaient prises pour une fouille systématique des élèves avant leur accès au sein de l’établissement. Quelques semaines après, ce dispositif sécuritaire, du fait de la menace Boko Haram qui sévit dans la région de l’Extrême-Nord du pays, n’est plus visible devant les lycées et collèges.

Pour s’en rendre compte, le quotidien Le Jour a fait une descente sur le terrain. Dans son reportage publié dans son édition en kiosque le mardi 20 octobre 2015, le journal révèle qu’en plus du fait que les policiers ne sont plus visibles à l’entrée des établissements scolaire, ces sites sont devenus libre d’accès: «Chacun franchit l’enceinte de l’établissement et se dirige où bon lui semble sans aucun contrôle».

Selon un élève rencontré par le reporter du journal au lycée de Mballa II, «Depuis plus de trois semaines, il n’y a plus de policiers à l’entrée du lycée. Ils viennent seulement lorsqu’il y a une cérémonie organisée ici». Un autre du lycée de Nkol-Eton a indiqué que: «Ça fait bientôt un mois que je ne vois plus de policiers à l’entrée du lycée. Ils étaient là juste les deux premières semaines, après ils ont disparu».

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Le constat est donc général. Et, c’est à se demander si la menace qui pesait sur ces établissements, lieu de grande attraction, s’est estompée. A défaut d’avoir une réponse des autorités sécuritaires, certain établissements continuent néanmoins d’assurer la fouille à l’entrée de leur enseigne. C’est le cas du Collège Adventiste de Yaoundé. Là-bas, Emile Eone, le surveillant général du campus I, dit ne pas savoir où sont passés les policiers: «Nous ne pouvons pas donner d’explication à la place des autorités. A mon avis, je pense que ces policiers sont encore là, mais en civil. Nous avons bénéficié de leur intervention lorsque des petits bandits ont agressé certains de nos élèves. Il faut dire que la présence de ces policiers devant le collège était juste dissuasive».

Selon ce surveillant général, même si la police n’est plus là, «nous, en tant qu’établissement, continuons la fouille des sacs chaque matin. Avec les trois détecteurs de métaux que nous nous sommes offerts, nous assurons nous-mêmes la sécurité de nos élèves». La sécurité des établissements scolaires semble donc être désormais l’affaire des responsables desdits établissements.

Onana N. Aaron 

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