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Les nouvelles armes de Boko Haram

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Vaincus sur les fronts, les combattants djihadistes recourent  à ces armes qui font des victimes dans les rangs des armées engagées au front et au sein des populations. Alors que la mobilisation commence à  fédérer autour du combat contre la secte terroriste Boko Haram, ses combattants recourent à de nouvelles méthodes criminelles.

Même si sur le territoire camerounais, aucun cas n’a été enregistré jusqu’ici, les attentats-suicides font de nombreuses victimes au Nigeria notamment dans les grandes villes du Nord-Est de la fédération. Les terroristes utilisent généralement la gent féminine et les jeunes gens pour perpétrer ce type d’action criminelle. Au Cameroun, la mobilité des troupes engagée au front se trouve plombée par la pose des mines antipersonnel.   Dans les rangs des soldats camerounais, l’on déplore déjà une quinzaine de militaires et civils ayant été déchiquetés par des engins explosifs improvisés (EEI).

Au cours de la semaine dernière, un officier, le capitaine  Elvis Mbene Matute du Bataillon d’intervention rapide (BIR) et un soldat (chauffeur) ont trouvé la mort à la suite de l’explosion d’une mine au passage de leur véhicule, sur la route Mora-Limani. Quelques jours avant, à Kourgui, près de Mora, c’est une femme et son bébé  qui ont été foudroyés par une mine dissimulée sur une piste. Cette arme de guerre (interdite) utilisée par les djihadistes de la secte Boko Haram a fait ses premières victimes le 31 octobre 2014 sur la ligne de Fotokol. Ce jour, un véhicule appartenant au Bir et une voiture assurant le transport sur le tronçon Kousseri-Fotokol ont sauté sur des mines posées  par Boko Haram, à 7 km de Fotokol. Un soldat y a trouvé la mort et un autre a été sérieusement blessé.

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C’est en décembre que les engins explosifs ont fait plus de victimes dans les rangs des forces de défense. Le 16 décembre 2014, trois militaires camerounais sont tués et deux autres blessés à la suite de l’explosion d’une mine au passage de leur véhicule qui quittait Zelevet pour Mora. Le lendemain, alors que les insurgés procédaient à une attaque massive du camp militaire d’Amchidé, un véhicule du génie militaire, effectuant le trajet Amchidé-Limani a sauté sur une mine tuant deux militaires. Quelques jours plus tard, sur l’axe Amchidé-Mora, deux militaires ont perdu la vie et deux autres ont été blessés après l’explosion d’une mine au passage de leur véhicule. A Maroua, la découverte le  03 janvier dernier d’une grenade sous un véhicule stationné non loin du pont vert a fait installer la ville dans une panique générale.

Selon des sources, les membres de la secte utiliseraient des dynamites récupérées au cours de l’assaut meurtrier du camp chinois de Waza en mai dernier. Lors de cette attaque, 20 tonnes de dynamites et 12.000 têtes allumeur (détonateurs) ont été emportées. Ces engins sont utilisés pour  faire exploser les grandes masses de pierre. L’on comprend ainsi la violence avec laquelle, ces engins détruisent les vies humaines en quelques fractions de seconde.

Cette nouvelle arme de guerre renforce la psychose au sein de la population de la région traumatisée par les attaques et les exactions de cette secte terroriste. Pour faire face à cette nouvelle menace, les autorités administratives appuyées par les forces de l’ordre ont prescrit certaines mesures de précaution minimale. Dans les espaces de grand rassemblement, les forces de sécurité veillent au grain. Les grandes prières de vendredi dans les mosquées et les messes de dimanche sont encadrées par les policiers et gendarmes. Il est par exemple interdit d’entrer à l’église avec des sacs à main. Sur le terrain, les forces de défense utilisent les troupeaux de bœufs comme engins de déminage. Selon les spécialistes des questions de sécurité, cette nouvelle donne va davantage compliquer l’avancée des troupes sur le terrain et va constituer la guerre la plus longue. Il faut de l’avis de plusieurs observateurs faire appel à l’expertise étrangère pour déminer le terrain.

Grégoire DJARMAILA

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