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Les mesures d’ Eneo pour réduire l’effet des délestages sur les ménages

Eneo-Cameroun-électricité-Yaoundé

De sources internes à Eneo, nos confrère  ont appris que Les débits s’améliorent. Ils sont aujourd’hui à 700 m3/s contre moins de 600 m3/s il y a une semaine. Et ils permettent de réduire les coupures de 30 à 50%. On pense que la tendance ira s’améliorant.

Pour baisser la pression des coupures, Eneo a , selon des sources internes, suspendu les travaux programmés qui étaient pour 20 % à l’origine des perturbations. Les programmes de délestages seront réaménagés ponctuellement en fonction des incidents. Il est recommandé aux équipes de prendre des dispositions pour, autant que faire se peut, ne pas couper pour déficit un quartier qui a subi des perturbations pour cause d’incident. Pour gérer avec plus de célérité les incidents, Eneo a décidé de renforcer ses équipes de dépannage.

En rappel, depuis quelques semaines, le pays dans sa partie Sud est secoué par une vague importante de délestages. Les coupures sont principalement causées par la baisse du débit d’eau dans la Sanaga, lui-même engendrant un déficit de production de l’ordre de 80 à 100 MW malgré l’activation de toutes les sources thermique additionnelles à l’instar des centrales à Gaz de Kribi et Bassa Logbaba et de la centrale de Yassa Dibamba.

«Entre le 23 avril et le 26 mai 2015, nous avons enregistré sur la Sanaga, un déficit inhabituel de l’ordre d’un milliard six cents millions de mètres cube d’eau, comparé à la même période de l’année dernière. Face à cette situation critique, nos barrages hydroélectriques de Songloulou et Edéa sont dans l’impossibilité de garantir un niveau de puissance pouvant satisfaire la demande actuelle en électricité», écrivait Eneo dans un communiqué de presse le 27 mai 2015.

Dans le cadre d’une visite de la centrale hydroélectrique d’Edéa par la presse et des associations de consommateurs Jeudi 04 juin 2015, il a été constaté la faiblesse du niveau d’eau qui entrait dans les usines. En aval des usines côté droit, les fondations sont visibles. Les ouvrages de génie civil laissent apparaitre des marques qui témoignent du passage par le passé de l’eau 10 ?? plus haut . En aval des usines côté gauche, des pierres emmergent. En temps normal, on ne voit pas ces pierres. Les fondations et les pierres emmergent comme elles ne l’ont pas été depuis environ 30 ans. Il y a très peu d’eau pour faire tourner les turbines.

«Les débits sont faibles parce qu’il ne pleut pas assez dans le bassin versant de la Sanaga entre l’Adamaoua et l’Est d’une part et l’Adamaoua et l’Ouest d’autre part. Comme vous le voyez, les quantités d’eau entrées dans la centrale comme carburant sont insuffisantes pour faire tourner à plein régime les turbines.», déclare Ahmadou Bivoung , Directeur de la centrale d’Edéa. Au passage des journalistes, des groupes qui sont censés produire 21 MW, ne produisaient que 6 chacun.

L’impact direct de cette baisse du niveau d’eau est la baisse de la production des centrales hydrauliques. 1er juin, la faiblesse du débit était telle que Songloulou et Edéa ont accusé comparativement à l’année dernière à la même date un déficit de 300 MW. Et si au niveau national le déficit ce jour-là était de 100 MW , c’est que les sources thermiques de production ont tourné à plein régime.

Au cours de la conférence de presse d’ Eneo jeudi dernier, le Directeur Central technique de l’entreprise avait expliqué que la situation actuelle de l’hydrologie dérivant des changements climatique est la source principale des perturbations que connaissent les camerounais ces jours ci. Mais il a tenu à préciser deux autres sources de perturbations que sont les incidents qui peuvent survenir du fait de la vétusté du réseau ou les travaux de renforcement de ce même réseau qui nécessitent souvent que des zones soient coupées pour permettre aux équipes de travailler.

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Le gouvernement par la voie du ministre de l’eau et de l’Energie a signé le vendredi 05 juin un communiqué annonçant que l’absence de la centrale d’Ahala , un des dispositifs du programme d’urgence du gouvernement est en partie responsable aussi de la situation actuelle. Le communiqué souligne que la firme Aggreko refuse de céder au gouvernement la centrale d’Ahala d’une capacité de 60 MW.

Eneo procède aux coupures rotatives. Le programme des coupures est disponible sur son site web www.eneocameroon.cm. En appelant le 8010, les clients peuvent aussi s’informer sur l’impact de cette crise dans leur quartier.

Eneo projette un investissement de 477 milliards de francs CFA entre 2014 et 2024 dont 37,5 milliards cette année. Sur les 37,5 milliards, 20 milliards sont consacrés au renforcement et à l’extension du réseau. Il s’agit ainsi de réparer ou remplacer les poteaux bois dégradés, créer de nouvelles lignes, 80 pour les villes de Douala et Yaoundé en 2015.

A propos de la limitation à 1000 MW de puissance installé d’ Eneo et du monopole

La croissance de la demande est de l’ordre de 75 à 100 MW tous les ans. Ce qui veut dire que le Cameroun a besoin d’une capacité supplémentaire de 75 à 100 MW tous les ans . Au moment où survient le cas de force majeure de cette année (un débit plus faible que prévu. 600 m 3/s contre 1200 l’année dernière), le Cameroun était dans une situation d’équilibre entre l’offre et la demande. C’est pour cela qu’il s’agit d’un équilibre instable. La capacité du Cameroun est de 1279 MW , A savoir les 997 d’Eneo plus les capacités restantes qui sont celles de KPDC et DPDC. Toutes les usines tant d’ Eneo que de ces producteurs indépendants sont activées. Eneo transporte et distribue l’énergie qui en sort.

La limitation de la capacité d’ Eneo à 1000 MW n’a pas pour conséquence de limiter l’offre globale du Cameroun à 1000 mais plutôt de ne pas permettre à Eneo de construire de nouvelles centrales. Le gouvernement a pris cette option pour permettre, et ce depuis 2006, à d’autres acteurs de produire l’électricité et de la vendre à Eneo qui à son tour distribue. C’est fort de cette orientation que le DG d’ Eneo a déclaré qu’ Eneo est prêt à signer des contrats d’achat d’énergie avec tous les producteurs indépendants qui s’installeront. En clair, Eneo ne jouit plus du monopole en matière de production.Il perdra la gestion du transport dans quelques mois avec la mise sur pied de la société publique de transport. Il restera le distributeur de l’électricité et un producteur parmi d’autres. Sur dix ans, Eneo entend investir 477 milliards de FCFA. Cette importante somme va prioritairement être investie dans le renforcement du réseau de distribution et améliorer le rendement de centrales du parc d’ Eneo. Eneo a indiqué la capacité de production espérée du pays dans 10 ans ( 2500 MW) mais au vu de ce que Eneo ne peut légalement améliorer son parc production, il revient aux producteurs indépendants et aux projets étatiques de combler le gap par rapport à la capacité actuelle qui est de 1279 MW.

Adeline ATANGANA

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