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Les Lions indomptables touchent le fond

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Trois matches, trois défaites, zéro point, neuf buts encaissés, un seul marqué. Le bilan chiffré de la participation des lions indomptable du Cameroun à la coupe du monde 2014 tient à peine sur une ligne.

En concédant une autre lourde défaite à leurs adversaires brésiliens lundi à Brasilia, les Lions indomptables sortent une fois de plus par la petite porte. Fin d’un parcours pour le moins douloureux où les Camerounais ont souvent laissé entrevoir un aperçu de leurs qualités sur le terrain, avant de sombrer et de se laisser déborder. Le Mexique, la Croatie et le Brésil ont pris le dessus lors des trois sorties, mais ils ont presque toujours été aidés par les lacunes individuelles et collectives des joueurs camerounais. « Manque de concentration », explique l’entraîneur.

Les mots de Volker Finke ont l’avantage de dire les choses avec beaucoup de diplomatie. Là où d’autres auraient carrément parlé de distraction, voire de dispersion. Pour réaliser une performance plus faible que la triste participation du Cameroun à la coupe du monde de 2010 en Afrique du sud, il faut avoir eu de sérieux sujets de déconcentration. Les joueurs, le staff et les dirigeants étaient avertis. Mais avec une déroutante facilité, ils sont tous tombés dans le même piège, commis les mêmes erreurs. Résultat : on en vient presque à regretter les résultats d’il y a quatre ans. En Afrique du sud, le Cameroun avait certes été battu trois fois, mais jamais n’avait passé pour un distributeur de points avec bonus sur le goal average.

Lundi pourtant, les Camerounais ont offert un spectacle moins triste. Donnant la réplique à une équipe du Brésil toujours pas rassurante pour son public, Nicolas Nkoulou et ses camarades ont inscrit leur premier, et unique, but dans la compétition. Le match contre le pays organisateur se présentait comme le plus « meurtrier » pour une équipe malmenée depuis le 13 juin dernier. Il s’est avéré le plus satisfaisant, nourrissant une fois de plus les regrets des supporters et observateurs du football camerounais.

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Que s’est-il donc passé au Brésil ? Le Cameroun est allé à la coupe du monde avec, apparemment l’ambition de rééditer l’exploit de 1990, de faire oublier la catastrophe de 2010. Apparemment. Parce qu’il faut avoir le courage de se demander si cette ambition était partagée. Pour le public, la réponse ne fait pas l’objet de beaucoup de doutes. Après avoir vu leur équipe se qualifier brillamment, puis les rassurer lors des matches de préparation, les Camerounais dans leur majorité escomptaient légitimement une participation honorable. Et pourquoi pas une qualification pour les 8e de finale ?

Mais qu’en est-il des joueurs ? Les Eto’o, Nkoulou, Moukandjo, Itandje, Assou Ekotto, Alexandre Song et autres, sont-ils allés au Brésil avec la ferme intention de défendre bec et ongles, les couleurs du Cameroun ? La réponse est dans les clichés symboles qui marqueront à jamais cette autre campagne foireuse. « Absence » au moment de recevoir symboliquement le drapeau national des mains du Premier ministre, chef du gouvernement ; accrochage entre Assou Ekotto et Moukandjo lors du match Cameroun-Croatie ; gestes d’antijeu inutiles et préjudiciables pour le groupe ; mouvements d’humeur répétés autour de questions d’argent.

Où était le staff technique, les dirigeants de la fédération et ceux du ministère des Sports et de l’Education physique ? Comment ces adultes, ces encadreurs, ont-ils tous pu laisser cette bande d’« enfants » aux ego surdimensionnés, jouer les patrons, là où l’honneur du pays était en jeu ? Voici donc l’heure du bilan. L’heure de répondre à ces questions qui se posaient déjà en 2010. On peut choisir une fois de plus de botter en touche, ou de se rejeter la faute indéfiniment. Et pendant ce temps, le label « Lions indomptables », créé par une volonté conquérante, puis façonné par la sueur des Nkono, Abega, Milla et autre Omam Biyick, est devenu la risée de la planète football.

Yves ATANGA

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