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Les kleptomanes dévorent la fortune publique

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Arrêtés, traînés devant les tribunaux, humiliés, des gestionnaires de la fortune publique continuent toujours de plonger dans le trésor public. Dans l’objectif de lutter contre les détournements des fonds publics, le Chef de l’Etat met en place l’opération Épervier en 2006.

Mais à ce jour, plus d’un observateur s’interroge s’il faudrait mettre en place d’autres mécanismes de lutte pour assainir complètement les mœurs publiques. Cette préoccupation mérite qu’on s’y attarde dans la mesure où la Cameroun semble faire l’exception en étant un pays où les caisses de l’Etat sont siphonnées avec insolence, bien que le phénomène ne soit pas une spécificité camerounaise. Adeptes de vains discours sur l’émergence à l’horizon 2035, des ministres, Directeurs généraux, ordonnateurs de crédits ont plusieurs fois trahi la confiance du peuple, peu soucieux de l’intérêt général. On est donc plus surpris d’enregistrer des cris de joie et des youyous à l’annonce d’un décret du Chef de l’Etat portant nomination d’une personnalité à un poste de responsabilité.

Au lieu de servir la nation, on vient plutôt se servir à la « manger ». La détention des hautes personnalités à la prison centrale de Yaoundé donnerait raison à cette hypothèse. La réalité est perceptible et à présent la préoccupation est celle-ci : Comment l’Etat du Cameroun compte-t-il récupérer les fonds détournés par ces gestionnaires indélicats ?

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Les gouvernants : le malheur du Cameroun

Au Cameroun, vraisemblablement, l’opération Epervier ne fait plus peur. Beaucoup considèrent l’univers carcéral comme une salle d’attente. Distraire les fonds publics reste la chose la mieux partagée. La prison serait devenue un grand centre des affaires, les riches y ont tous les droits : sexe, alcool, honneurs… C’est dans cette optique qu’il faut comprendre l’instinct de vol des Camerounais. Conséquence, les mises en garde du chef de l’Etat n’ont pas d’effet sur la plupart des administrateurs à qui il a confié des responsabilités publiques. Quelle injustice de se sentir milliardaire sur le dos du pauvre contribuable.

Le Cameroun est cependant l’un des rares pays au monde où le SMIG est inférieur à 40.000 Fcfa. Difficile d’expliquer et de comprendre que des agents de l’Etat, qui ont des salaires modestes, sont propriétaires d’immeubles, des plantations capitalistes etc… Que gagne l’Etat à nourrir les milliardaires écroués, pourtant ennemis du pays ? La montée en puissance des détournements des deniers publics au Cameroun inquiète. On dirait une nation suicidaire.

 Alex Zambo

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