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Les investissements Chinois au Cameroun et le danger sur l’’environnement.

chinois

Au Cameroun actuellement, les Chinois financent les projets et dans certains cas sont en charge des travaux de construction de plusieurs infrastructures pour des projets de développement tels que les ports maritimes, les autoroutes, les barrages hydroélectriques, les systèmes d’approvisionnement en eau potable, etc.

En outre, les entreprises chinoises sont aussi impliquées dans les industries extractives avec un accent sur le pétrole, l’exploration minière et l’exploitation des plantations agro-industrielles. S’il est vrai que ces projets vont contribuer à aider le Cameroun à réaliser sa « vision 2035 » de développement à devenir un pays émergent à revenue intermédiaire, il est aussi vrai qu’ils pourraient avoir un impact négatif sur la riche biodiversité du pays. Décryptage du programme national wwf Cameroun.

Au menu de gros Investissements Directs

Les investissements directs concernent les cas où la Chine prend un intérêt direct dans des entreprises ou des projets au Cameroun. Dans ce modèle, les financements provenant de sources chinoises sont investis et généralement suivi de l’exécution par une structure publique ou privée chinoise, avec ou sans participation nationale du Cameroun. La plupart de temps, le montage est tel qu’Exim Bank accorde un prêt par le biais d’une convention. Les opérations sont, dès lors, réalisées à travers une société chinoise. Des exemples illustrant cette pratique existent, en particulier dans les secteurs de l’extraction et des infrastructures.

Quelques exemples clairs de ce type de d’investissement son notables: La prise de contrôle par SINOPEC d’Addax Petroleum pour l’exploitation pétrolière offshore au Cameroun; SINOSTEEL pour le permis d’exploration du minerai de fer du Mont Mamelles près de Kribi à proximité du parc national de Campo Ma’an ; Yang Chang Logone Development Holding Company, avec deux permis d’exploration pétrolière « onshore »dans la partie septentrionale du Cameroun.

Des Partenariats et contrats aussi

En dehors de ses engagements directs dans des projets au Cameroun, les autres financements de projet par la Chine le sont suivant un modèle de partenariat et de contrat. Dans ce schéma d’investissement, les entreprises chinoises opèrent dans la mise en œuvre des projets identifiés par le gouvernement camerounais, qui ne sont pas nécessairement financés par la Chine. Le projet d’assainissement de Yaoundé (PADY) financé grâce à un prêt de la Banque africaine de développement en est une bonne illustration. Certains éléments de ce projet comme la construction du canal de la rivière Mfoundi ont été attribués à la China International Water and Electric Corporation (CWE). Cette même entreprise a obtenu le contrat de construction pour le projet du barrage hydroélectrique de Lom Pangar, financé par un consortium d’Institutions Financières Internationales (IFI) : le Fonds Africain de Développement(17,0% ); la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC10,5%); la Banque Mondiale(20,8%); l’Agence Française de Développement (22,1%); la Banque Européenne d’Investissement(BEI11,0%); la contribution du gouvernement du Cameroun(18,4%) et d’autres(0,2%)1.

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Une grosse menace sur l’environnement

 Pour s’assurer que certains investissements n’affectent pas négativement l’environnement, là où ces impacts ne peuvent pas être évités, les mesures correctives nécessaires sont prises. Le Cameroun a mis en place une législation appropriée qui exige que de tels projets soient soumis à une évaluation d’impact environnemental et social. Cependant, les entreprises, en général, se conforment difficilement à ces exigences et dans la plupart des cas, les études d’impact environnemental sont considérées comme une simple formalité, sans aucune intention de mettre effectivement en œuvre les mesures prévues dans le plan de gestion environnemental et social. La corruption s’y mêle et plombe toute forme d’étude sur l’environnement. Des lors, Il est difficile de distinguer les entreprises chinoises de cette tendance générale un flou managérial entretenu par les élites locales et les fonctionnaires véreux. Au-delà des exigences réglementaires, on fait face aux problèmes de la complexité culturelle. Finalement, l’imbroglio s’installe pendant ce temps, l’exploitation continue, l’environnement se dégrade, les populations trinquent.

Une Collaboration entre le gouvernement camerounais et les ONG s’impose.

La coopération avec le gouvernement camerounais et les autres autorités devraient viser la collaboration avec tous les Ministères sectoriels qui initient les projets relatifs aux investissements chinois, en particulièr avec le Ministère de l’Environnement, la Protection de la Nature et du Développement Durable (MINEPDED) d’une part, et le Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT) d’autre part. Avec le Ministère chargé de l’environnement, les organisations de la société civile, à l’instar de WWF pourraient essayer de mettre en place un système de collaboration qui consiste à appuyer le Ministère dans le processus de délivrance de certificats environnementaux, techniquement et financièrement aider le gouvernement du Cameroun à assurer une affectation permanente de ressources humaines du ministère sur les sites de projet pour travailler suivant des directives spécifiques convenues entre le MINEPDED, le maître d’ouvrage (les autres Ministères sectoriels ou institutions concernées), l’entité de supervision du projet et l’entrepreneur chinois. Par exemple, avec la participation à l’examen de l’EIES, WWF aurait l’occasion de se rapprocher du cercle de prise de décision sur la gestion de l’environnement.

© Camer.be : BEN BATANA

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