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Politique | Les grands défis du RDPC, 30 ans après

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24 mars 1985-24 mars 2015. Cela fait trente ans que le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) est né. A l’échelle humaine, c’est un bel âge. C’est l’âge où on a cessé de suivre les chemins de son adolescence, pour emprunter ceux qui conduisent à la prise en charge de soi, aux responsabilités d’adulte. La place d’acteur majeur qu’occupe le RDPC dans la vie de la Nation ne surprend donc guère. La hiérarchie du parti entend d’ailleurs la consolider comme l’indique le thème retenu cette année pour la célébration de son anniversaire, à savoir : « Le RDPC 30 ans au service du Cameroun, et toujours plus loin dans la promotion de la paix, de l’unité, de la démocratie et du progrès ».

En ce 30e anniversaire, Cameroon Tribune a décidé de faire entorse à la tradition qui veut qu’en pareille circonstance, on se penche essentiellement sur le passé, pour évaluer le chemin parcouru, récapituler les bons et les mauvais souvenirs, en mettant en exergue les plus valorisants. Toutefois, il convient de relever que depuis sa sortie des fonts baptismaux le 24 mars 1985 à Bamenda, la vie du RDPC n’a pas été un long fleuve tranquille. Ce parti politique a été, au fil des ans, confronté à des difficultés de toutes sortes, ainsi qu’à une forte adversité. Son mérite, contrairement à de nombreux autres, c’est de les avoir affrontés, de les avoir surmontés. Ce qui fait du RDPC depuis de longues années le parti leader sur l’échiquier politique national avec de larges majorités à l’Assemblée nationale, au Sénat et dans les conseils municipaux.

Si face à ses adversaires, le RDPC ne semble pas avoir de gros soucis à se faire à court terme, il convient tout de même de noter qu’il est confronté à de nombreux défis qu’il devra relever, s’il veut consolider sa position sur l’échiquier politique national. En bonne place parmi ces défis figure la restauration de la discipline interne. Abordant le sujet à l’occasion de son discours de politique générale du 3e congrès extraordinaire en 2006, le président national, Paul Biya, avait, en de termes graves, condamné les luttes de positionnement entre responsables. « Je le dis et je le répète, le RDPC doit être un parti de militants, et non un parti d’état-major. Bien sûr, la libre discussion ne doit pas conduire à l’anarchie ni aux luttes de factions. Une fois les décisions prises démocratiquement et selon les statuts, elles doivent être appliquées avec discipline et intelligence », avait-il alors déclaré.

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Près d’une décennie après ce rappel à l’ordre, le constat, fait par de nombreux observateurs avertis, est que le parti majoritaire est toujours un terrain d’affrontements entre camarades. En témoignent les nombreuses batailles enregistrées lors des deux dernières consultations électorales. Au niveau de la Cour suprême on a même enregistré des recours de militants contre leur propre formation politique. Ces comportements n’ont pas laissé indifférente la hiérarchie du RDPC qui a sanctionné les contrevenants conformément aux textes du parti.

A côté de la discipline qui fait la force des grandes institutions, la hiérarchie du RDPC doit relever de nombreux autres défis dont celui de son financement. Pour faire face aux tensions de trésorerie auxquelles il est de plus en plus confronté en raison de la difficile conjoncture économique, le parti majoritaire a notamment lancé récemment une vaste opération de placement des cartes. Mais il devra faire preuve de plus d’imagination pour renflouer ses caisses. Le respect des textes de base du parti constitue également un important défi à relever. Il suffit d’écouter les clameurs de la base appelant à la tenue à date des congrès ordinaires et du renouvellement des organes de base pour s’en convaincre.

La place des femmes et surtout des jeunes au sein du parti demeure un casse-tête. En dépit des évolutions observées, ils en demandent plus compte tenu de leur poids démographique et de leur apport dans les victoires du parti. Quant à la conservation du pouvoir qui est la priorité de tous les partis majoritaires, elle est au centre des préoccupations du RDPC qui doit se préparer à une forte adversité à moyen et long termes. Pour faire le point sur les grands défis à relever par cette formation politique durant les prochaines décennies, nous avons, en plus des analyses de la rédaction, sollicité le regard de la hiérarchie du parti, des responsables de base et autres cadres triés sur le volet.

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