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Les femmes et le 08 mars : Plus de festivité que de prise de conscience ?

Samedi 8 mars 2014 a été l’occasion une fois de plus de constater que des femmes n’ont pas encore compris le vrai sens de la journée.
«Le thème de la journée ? Je ne connais pas. Est-ce que c’est important ?». Ainsi répond une femme. Samedi, 8 mars 2014 à la place de l’Udeac à Douala. Les femmes sont venues très tôt pour la traditionnelle parade de la journée qui les célèbre. Des partis politiques dont le Rdpc ont affrêté des bus gros porteurs pour convoyer leur militantes jusqu’au lieu de la parade. Certaines entreprises ont concédé les mêmes facilitations comme elles le font lors de la fête du travail, le 1er mai de chaque année. Si on ne peut pas systématique dénoncer cette pratique, elle ressemble à maints égards à une récupération qui détourne cette célébration de son noble objectif. La conséquence est la suivante.Après le défilé, le reporter tend le dictaphone à quelques femmes. Questions posées : Que représente cette journée pour vous ? Le thème vous interpelle-t-il ? Très peu acceptent s’exprimer sur leur propre journée. De celles qui parlent, ce sont surtout des réponses laconiques. «Je sais que c’est la journée de la femme. Je n’ai pas le thème en tête. Je ne peux rien vous dire à propos, sauf que je suis émue par cette journée», affirme avec un large sourire une dame. «Je ne veux pas parler. Excusez-moi », lancent plusieurs. «Je ne sais pas trop ce que dit le thème. Ça parle de quoi ? Madame je sais juste qu’après le défilé, nous allons boire, manger, danser». Evelyne Nsamè, sort un peu du lot. «C’est une journée qui prône l’épanouissement de la femme sur le plan social, financier et même matrimonial.» Quid du thème ? «Vous pouvez me le dire ? Je ne sais pas. Il parle de quoi ?» Est-ce donc à dire que la journée internationale de la femme se limite au défilé et aux agapes ? Rendu déjà à la 29ème édition, on aurait espéré une évolution des mentalités. Une prise de conscience de la femme comme acteur social de la femme au même titre que l’homme.Pour Evelyne Ngo Lambidjeck, journaliste à la Crtv «c’est une journée mémorable qui est l’aboutissement d’une longue série d’activités. Avec des débats autour du thème de la journée-Défis et réalisation des objectifs du millénaire pour le développement pour les femmes et les filles- pour lutter contre l’extrême pauvreté de la femme et de la jeune fille.» Et de renchérir, «le défilé permet de se défouler, de porter cette tenue, de montrer que la femme est belle à travers sa tenue, sa coiffure.» Directrice exécutive de l’organisation non gouvernementale Servitas-Cameroon, Chantal Kambiwa pense que la parade a toute sa place dans la célébration. «Le défilé n’est que l’apothéose de tout ce qu’on a eu comme travaux. N’oubliez pas que nous sommes en formation depuis deux semaines. Nous organisons des tables-rondes pour sensibiliser les femmes à fin qu’elles sachent pourquoi elles sont ici aujourd’hui.» Elle avoue que le sens même de la journée n’est pas encore assimilé par la grande majorité de la gent féminine. «Les femmes ne connaissent pas le thème, c’est vrai, mais la mentalité change. Au fur et à mesure que les années passent, on les éduque et elles s’adaptent. Aujourd’hui nous ne sommes plus là comme il y a dix ans. C’est progressif. C’est au journaliste de ne pas toujours chercher à montrer ce côté négatif. Toutes les femmes ne peuvent pas comprendre», Soit.

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Salomon KANKILI

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