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Les dessous de l’arrestation de Guérandi Mbara

Guérandi-cameroun

Même depuis son exil ouagalais, l’un des cerveaux du putsch du 06 avril 1984 représentait toujours une menace pour la stabilité du Cameroun.

L’intrépide capitaine, n’a jamais caché sa déterminante volonté de renverser le pouvoir de l’homme du 06 novembre 1982. Malgré l’échec du putsch du 06 avril, il a juré de venger ses compagnons d’armes qui ont voulu prendre le pouvoir par la force des armes. Depuis son exil au Burkina Faso, l’ancien pensionnaire de l’École militaire interarmes (Emia) de Yaoundé, promotion 1974, a promis de revenir à la charge. Même s’il se faisait parfois oublier, cela n’a rien enlevé à sa détermination à en découdre avec le locataire d’Etoudi. D’après Jeune Afrique, le putschiste multipliera en coulisse des voyages.

S’il avait réussi à mettre en exécution son plan diabolique de déstabiliser le Cameroun, sans doute l’on aurait assisté à un épouvantable bain de sang inutile et sans précédent. Le pays de Paul Biya aurait alors sombré dans une violence indescriptible par les faits des agissements d’un dangereux fugitif, irrité et déchaîné qui n’a fait que vilipender le régime de Yaoundé et de pousser au soulèvement. « Heureusement, les Camerounais sont épris de paix. Ils restent jaloux de la stabilité dont jouit le pays.

Au regard de l’affaire Guérandi, tout porte à penser que le peuple camerounais est uni pour combattre tout complot malveillant ourdi par les ennemis de la paix. Entre les plus de 20 millions de Camerounais et un individu fut-il la bête noire du régime Biya, le choix des pouvoirs publics a été sans appel. On peut débattre de l’affaire, mais une constance s’impose : Guérandi Mbara, cet obnubilé de pouvoir a voulu embraser son pays. Et devrait d’ailleurs payer pour avoir voulu sacrifier des milliers voire des millions de Camerounais», confie un analyste politique.

Connaissant l’intransigeance, la témérité et la férocité de ce fis de militaire kirdi, faudrait-il vraiment en vouloir aux autorités du Cameroun qui semblent ainsi avoir pris leurs responsabilités pour épargner les populations d’un bain de sang oiseux ?  Le Cameroun avait-il intérêt à inscrire son nom dans la liste sanglante des pays instables ? Le Tchad, la RCA, le Mali, le Niger, la Guinée ou le Congo sont des exemples qui nous parlent.

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Il est clair qu’on ne pouvait pas laisser en divagation un taureau qui voulait transformer le Cameroun en un brasier. Trois décennies après le drame d’avril 1984, combien de Camerounais souhaitent encore revivre ce tragique épisode, avec son lot de morts, de blessés et de disparus ? Très peu dans tous les cas, sinon personne. Sachons donc raison gardée.

Fin de parcours.

C’est l’article de Jeune Afrique N°2801 du 14 au 20 septembre 2014 qui a déclenché l’affaire Guérandi Mbara. En effet, selon le magazine de Béchir Ben Hamed, l’un des instigateurs du coup d’Etat manqué d’avril 1984 a finalement été neutralisé le 25 janvier 2013 en Bulgarie. Pour anecdote, l’hebdomadaire panafricain fait savoir que c’est à partir de l’aéroport de Vrazhdebna de Sofia, en Bulgarie, qu’il a été cueilli à froid. Prétextant le conduire en Russie, pour une opération d’achat d’armes, ses bourreaux dont un colonel bulgare et un ancien colonel des forces spéciales portugaises vont finalement avoir la tête d’Ahmadou Diallo, identité d’emprunt de Guérandi Mbara non sans le délester de son passeport de service burkinabé avec lequel il voyageait habituellement.

Dans les faits, relate l’article de Jeune Afrique, il n’a jamais été question de le conduire en Russie, ni de lui vendre le moindre fusil d’assaut. Mais, sachant son plan pour en finir avec Paul Biya et son régime, l’appât de la vente d’armes ne pouvait qu’attirer l’ennemi public numéro un du régime camerounais.

Muni d’un passeport burkinabé, il se montre précautionneux, donnant ses rendez-vous dans des endroits publics et très fréquentés. Quelques fois, il baisse la garde. « Il arrive à cet amateur de bonne chère et à ce fin connaisseur de vins français de se faire applaudir dans les restaurants africains du 18è arrondissement de Paris, grisé par sa légende noire et rasséréné par la sympathie d’une diaspora en quête de héros.

Dans ces moments-là, il est particulièrement vulnérable », détaille l’article de JA. Ses déplacements sont néanmoins suivis en haut lieux. Au sein du pouvoir, certains le veulent plutôt vif que mort. L’idée de faire rentrer le fugitif contre un portefeuille fait même du chemin dans certains centres de décision. Mais, dans l’ensemble, tout le monde a encore frais dans les mémoires, les tristes évènements du 06 avril 84 avec son lourd bilan.

© Source : La Météo

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