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Les Camerounais rapatriés de Malabo, victimes d’exactions et d’arbitraire

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La psychose s’est emparée de tous les étrangers vivant dans le pays. Avec ou sans papiers, ils préfèrent ne pas affronter les policiers dont les méthodes de contrôle prêtent à confusion. Depuis près d’un mois, plusieurs camerounais de Malabo, la capitale équato-guinéenne, comme d’autres étrangers de la ville vivent un terrible cauchemar.

Cloitrés pour la plupart à leurs domiciles, ils évitent les contrôles de police qui font rage dans le pays. Selon des sources sur place, près de 400 camerounais de Malabo auraient déjà été renvoyés au pays par la police équato-guinéenne par bateau. « Les rapatriements se font tous les jours, je connais un bon nombre de camerounais qui sont déjà rentrés », témoigne sous anonymat, un camerounais de l’île. Les ressortissants du triangle national, apprend-on sont déchargés à Campo, une localité balnéaire de la Région du Sud, située à environ 75 kilomètres de Kribi, après avoir généralement été dépouillés de leur argent et objets de valeur. Les « sans papiers » originaires de l’Afrique de l’Ouest quant à eux, sont déversés par vol à Cotonou au Benin.

Ces contrôles sont truffés de beaucoup d’arbitraire et d’irrégularités, nous fait-on savoir. Même les étrangers titulaires d’une résidence délivrée par les autorités équato-guinéennes préfèrent ne pas prendre le risque de sortir.

« Ce qu’ils demandent comme papier lors des contrôles, c’est la résidence. Mais quand tu présentes le reçu de ce document, on te rapatrie toujours. Parfois, quand bien même tu présentes la résidence, on la prend et la déchire, c’est pour cela que les gens préfèrent marcher plutôt avec les photocopies  de leurs documents», ajoute un autre interlocuteur résidant dans la capitale équato-guinéenne.

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Avec un document comme le visa alternatif qui permet de sortir et d’entrer dans le pays, l’on n’a qu’une infime chance de traverser un contrôle de police, expliquent nos sources. D’autres étrangers sont même traqués jusqu’à leur domicile, apprend-on. Les camerounais déplorent l’inertie de leur ambassade qui n’aurait pas l’habitude de les protéger face à de telles situations.

Depuis le début de cette opération, il y a environ un mois, la vie est devenue un véritable calvaire pour beaucoup, particulièrement ceux qui vivent de la débrouille.

« Il y a des jours où il n’y a même pas moyen de sortir pour aller chercher à manger, l’argent même est rare puisqu’on ne travaille pas. On prie seulement pour que la vie redevienne normal ici », souhaite un habitant camerounais de Malabo.

D’après des sources sur place, les autorités équato-guinéennes se sont donné trois mois pour expulser pas moins de 500 000 étrangers de leur pays. Une opération qui intervient après la CAN 2015 que le pays a abrité du 17 janvier au 08 février 2015. La rencontre des demi-finales de cette compétition perdue (0-3) par le Nzalang Nacional face au Ghana avait déjà permis d’apprécier la barbarie de certains ressortissants de ce pays et leur haine contre les étrangers.

Wiliam Tchango

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