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Les basketteuses toujours recluses et abandonnées a l’Hotel Mont Febe

Manipulation. Au lieu de payer les joueuses de l’équipe nationale de basket-ball dames, des responsables du ministère des Sports laissent croire, par des rumeurs, que le chef de l’Etat est désormais impliqué dans la crise. Deux semaines après la fin de l’Afro-basket dames, l’équipe nationale dames du Cameroun est toujours recluse à l’hôtel Mont-Fébé de Yaoundé, où les joueuses attendent toujours de percevoir les primes de cette compétition, qu’elles ont terminé deuxièmes derrière le Sénégal. 

La finale contre les joueuses issues de la Téranga est d’ailleurs le seul match perdu par celles qui ont fait que le cœur de Yaoundé batte au Palais polyvalent des sports de Yaoundé. Mais, les revendications des joueuses ne sont pas prises en compte par ceux qui gèrent le mouvement sportif camerounais. Après que Toko Ekambi, le régisseur de l’Afrobasket dames, Oumarou Tado, le directeur du Développement des sports de haut-niveau et le bureau directeur de la Fécabasket ont proposé deux millions de FCfa à chaque joueuse, les négociations n’avaient évolué que la semaine dernière, lorsque le Dr Pierre Ismaël

Bidoung Mpkatt, le ministre des Sports leur a proposé cinq millions de FCfa chacune.

Fuite en avant Toutes ces propositions avaient été balayées du revers de la main par les joueuses et personne n’a plus pris leurs doléances au sérieux. A contrario, elles ont fait l’objet d’intimidations de la part de certains membres du gouvernement, qui leur ont fait parvenir des menaces. Hier, la manipulation a atteint son pic quand, usant de leurs voies habituelles, ces dirigeants véreux ont fait croire à certaines joueuses que le chef de l’Etat a prescrit le calme, parce qu’il s’apprête à prendre des mesures sur cette affaire. Seulement, les joueuses, que nous avons rencontré hier à leur hôtel nous ont fait savoir que rien n’avait évolué et que personne n’était revenu vers elles. « Nous attendons. Peut-être que les choses vont évoluer demain (ce jour, Ndlr) », nous a dit, l’air désespérée, Amina Njonkou.

Une fin de semaine folle. C’est peu dire, quand on a suivi ces joueuses à partir de vendredi dernier. En début d’après midi, il leur avait été demandé de libérer l’hôtel, sous prétexte que c’était sous instruction du ministre des Sports. Mais, des informateurs à l’hôtel nous ont fait savoir que cette demande avait été formulée par Toko Ekambi, qui ne voulait plus des Lionnes à l’hôtel. Approché, le responsable n’a pas voulu s’étendre sur ce dossier que semblent fuir tous les directeurs du ministère des Sports. Oumarou Tado, le directeur du développement des Sports de haut niveau que nous avons joint assez tard dans la nuit d’hier nous a juste fait savoir qu’il ne pouvait rien nous dire au téléphone. « Un responsable de l’hôtel est venu nous voir et nous a fait comprendre qu’il avait reçu instructions du régisseur de la compétition de nous demander de partir», expliquait Valérie Avebe, l’une des joueuses.

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Les filles avaient fait leurs valises, mais, avant de partir, elles avaient demandé à voir la note qui les mettait hors de l’hôtel. « Nous avons demandé à voir cette note, mais depuis, personne ne nous a rien montré», a ajouté Avebe.Sans cette note, les joueuses ont décidé de continuer à rester à l’hôtel.

Mépris

Samuel Tendong Nduku, que Le Jour a joint hier au téléphone a tenté d’éloigner l’opinion en faisant croire qu’ « aucune joueuse n’est plus à l’hôtel Mont-Fébé ». D’ailleurs, pour préserver son calme, il a tôt fait de se débarrasser de cette affaire : « Ce n’est pas à la Fédération qu’il revient de payer les primes. Nous avons déjà joué notre rôle d’organe technique et il revient au ministère des Sports de faire son travail. La Fédération camerounaise de basket-ball n’a rien perçu pour partager à qui que ce soit ». Sauf qu’il revient à la Fédération de discuter des questions de primes avec les joueuses bien avant le début de toute compétition.

Le Dr Pierre Ismaël Bidoung Mpkatt l’a d’ailleurs fait savoir à Samuel Tendong Nduku, lors de la réunion avec les joueuses et la Fédération. Le mépris que vivent ces joueuses traduit tout simplement le manque de sérieux dont font preuve, depuis des années, tous ceux qui gèrent le mouvement sportif camerounais. Ceci fait que, pour retrouver des médailles remportées par le Cameroun,il faut remonter à plusieurs années. Pis, les sportifs camerounais se découragent de plus en plus et font preuve de manque d’implication. Bien dommage. Or, comme nous l’apprend Avebe, « Nous avons tout laissé pendant trois mois.

Les responsables du ministère des Sports nous ont promis cinq millions de FCfa pour chacune. Mais, nous avons refusé parce que ce n’est pas à la hauteur des sacrifices que nous avons consentis ». Il est donc clair que cette affaire de primes chez les basketteuses va encore faire couler encre et salive.

© Le Jour : Ateba Biwolé

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