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Les barrages hydroélectriques sortent de terre

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Une mission de supervision du Projet hydroélectrique de Lom Pangar de la Banque mondiale vient d’achever une visite de travail sur le chantier de construction du barrage logée dans la région de l’Est. C’était le vendredi, 17 juillet dernier. Comme le 7 mai dernier lors de la descente des membres du conseil d’administration d’Electricity Development Corporation (EDC), maître d’ouvrage du projet, c’était l’occasion d’évaluer l’état d’avancement des travaux.

Pour ce projet précis, le compte à rebours est déjà lancé, en prélude à la première mise en eau partielle prévue en septembre prochain. Opération qui consistera à remplir de  moitié le réservoir, l’équivalent de trois milliards de mètres cube d’eau, sur les six milliards de capacité de la retenue. Les travaux affichent un taux d’avancement de 82%.

Ces visites de travail sont loin d’être de simples parades. Elles participent, en effet, du suivi régulier des travaux et permettent de trouver des solutions aux éventuels problèmes pouvant empiéter sur le calendrier arrêté. Comme ce fut le cas à Mekin, dans la région du Sud, où un autre barrage hydro-électrique est en construction. « On a connu une situation de crise. Il y avait un problème. Le prestataire avait signé des contrats avec d’autres partenaires, des sous-traitants, et des informations concordantes laissaient comprendre que les travaux ne se déroulaient pas bien. Le sous-traitant a été changé, le contrôleur des travaux qui est le maître d’œuvre a fait un certain nombre de recommandations et nous sommes venus évaluer le niveau d’application de celles-ci », confiait Louis Paul Motaze, président du conseil d’administration (PCA) d’Hydro Mekin, en visite sur le chantier de construction du barrage hydro-électrique de Mekin le 10 juillet dernier.

Au cours de cette descente, le PCA a aussi parlé de vigilance car, « un petit détail peut tout fausser ». En effet, le barrage hydro-électrique de Mekin construit sur le fleuve Dja et dont la capacité est de 15 MW, a connu deux décalages dans sa livraison. Annoncée pour 2014, elle a été reportée à mai 2015, puis récemment à avril-mai 2016. Il n’est donc plus question de louper ce nouveau rendez-vous pour les responsables en charge du suivi du projet exécuté selon les dernières estimations à 70%.

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Les travaux sur les sites des différents barrages ne vont pas sans heurts. A Nyabizan, localité de la région du Sud abritant le barrage hydro-électrique de Memve’ele, le quotidien est rythmé depuis peu par des mouvements d’humeur des ouvriers camerounais. Leurs revendications concernent l’application des barèmes de salaire fixés dans la Convention collective du secteur d’activités relatif aux bâtiments, travaux publics et activités annexes, signé en 2013. Là également, les autorités locales s’emploient à détendre l’atmosphère et réinstaurer un climat de sérénité entre l’employeur, notamment l’entreprise chinoise en charge des travaux et les ouvriers. Des précautions à prendre pour éviter que le chronogramme des activités soit perturbé.

La construction de ces barrages a pour objectif d’améliorer l’offre en énergie électrique au Cameroun. Mais surtout, d’exploiter le potentiel dont dispose le pays pour cette source d’énergie. En effet, le Cameroun possède le deuxième plus grand  potentiel hydro-électrique en Afrique centrale, évalué à 20 GW (gigawatts). Paradoxe, « le taux d’électrification ne dépasse pas 50% alors qu’il atteint 90% en Afrique du Nord. De même, la consommation annuelle d’énergie électrique par habitant est environ de 165kWh contre 1 650 kWh en Afrique australe ». Ces chiffres ont été relevés le 26 juin dernier à Douala lors de la quatrième assise de l’université du Gicam par Joël Nana Kontchou, directeur général d’Eneo Cameroon SA pendant son exposé relatif au défi de l’accès à l’énergie électrique au Cameroun. Pour ce chef d’entreprise, pour atteindre un taux de desserte de l’ordre de 75% avec une réduction de plus de 85% des interruptions de fourniture d’électricité, il faut consentir d’importants investissements. Soit 2 500 milliards de F dans la production, pour un objectif de puissance installé d’au moins 3000 MW à l’horizon 2025, contre environ 1000 MW actuellement.

D’où l’importance des projets similaires annoncés. On attend 400 MW d’énergie supplémentaire à l’horizon 2020, grâce au projet hydro-électrique de Makay situé dans la région du Centre. L’accord, pour sa réalisation, a été signé en juin dernier entre le ministre de l’Eau et de l’Energie et le directeur général de Platinum Power, un opérateur indépendant de droit marocain d’électricité. D’après les estimations techniques, la première pierre du complexe sera posée en février 2017. Dans la même veine, le projet d’aménagement hydro-électrique de Bini à Warak d’une capacité de 75 MW dans l’Adamaoua et le barrage de la Menchum d’une capacité de 72 MW dans la région du Nord-Ouest. Pour ces deux projets, le gouvernement s’active à boucler les étapes préparatoires pour le démarrage des travaux.

Josiane TCHAKOUNTE

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