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Les 13.000 Nigérians de Fotokol seront bientôt refoulés du Cameroun

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Prétendant fuir les exactions de Boko Haram, ils se sont installés dans la ville frontalière avec le Nigéria. Aujourd’hui, ils sont un sujet de préoccupation majeure pour les autorités camerounaises. Ils sont plus de 13 000 ressortissants du Nigéria voisin qui se sont installés, en février 2015, dans la ville de Fotokol, dans la région de l’Extrême-Nord. Aujourd’hui, leur situation constitue un casse-tête pour les autorités camerounaises. Pour cause, les autorités nigérianes ne les ont pas laissé traverser à nouveau la frontière.

Selon le quotidien Le Jour n°2043 du mercredi 21 octobre 2015, ces personnes qui prétendaient avoir fui les exactions de Boko haram quand elles sont arrivées en février dernier, n’ont pas voulu se laisser conduire au camp que les autorités camerounaises et le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR) ont prévu pour accueillir des réfugiés à Minawao.

Elles sont restées à Fotokol, prétextant que Gambarou, la ville nigériane mitoyenne de Fotokol était aux mains de Boko Haram. Seulement depuis deux mois, Gambarou a été libérée par l’armée nigériane qui l’occupe désormais. Les «réfugiés» ont voulu traverser le pont pour repartir chez eux mais, les autorités militaires de Gambarou ne les ont pas laissé franchir le pont qui relie les deux villes.

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Selon Le Jour, pour justifier leur refus, les autorités militaires nigérianes évoquent des opérations de ratissage en cours, la présence des carcasses d’insurgés morts dont la vue pourrait traumatiser les personnes de retour d’exil, etc. Des arguments qui rendent méfiants les autorités camerounaises. «Pourquoi les nigérians n’en veulent pas si ce sont de bonnes personnes ? Pourquoi n’ont-elles pas accepté d’aller au camp des réfugiés comme leurs compatriotes ?», s’interroge une autorité administrative dans les colonnes du journal.

L’attitude des nigérians sur la question suscite davantage de questionnement lorsqu’on sait que récemment encore, les autorités nigérianes ont diffusé un communiqué sommant tous les fonctionnaires de rejoindre leurs postes de travail à Gambarou sous peine d’être radiés des effectifs des agents publics. Or beaucoup des 13.000 ont déclaré être des réfugiés. Ils se sont présentés à la frontière pour rentrer mais, ont été refoulés.

Selon les sources du tabloïd, les autorités camerounaises inquiètes de cette situation ont décidé de refouler tous les ressortissants nigérians qui peuplent encore la ville de Fotoko du côté nigérian dans les prochaines heures.

Onana N. Aaron

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