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Les « Cargos » interdits à Douala!

Cargo-PK8-Douala

Cette décision suspensive du préfet du Wouri survient après un autre accident mardi à Akwa.

Principale information à retenir de la descente hier, 5 novembre 2014 du préfet du Wouri, la circulation des « cargos » est suspendue dans la ville de Douala jusqu’à nouvel avis. L’opération pour retirer tous ces véhicules des artères de la ville a ainsi été lancée ce mercredi par Naseri Paul Bea. Le préfet, accompagné de ses collaborateurs des différents arrondissements de Douala, des élus locaux, des forces de maintien de l’ordre, des responsables de la Communauté urbaine, s’est rendu à certains points d’embarquement de ces véhicules : tour à tour Syncatex, face à la gare ferroviaire de Bassa, à la poste de Ndokoti et au carrefour Dalip.

Premières paroles du préfet du Wouri : « La récréation est terminée ». Une déclaration d’autant plus déterminée que dans la nuit de mardi, aux environs de 20h, un de ces véhicules considérés par Naseri Paul Bea comme de « véritables engins de la mort », a heurté quatre personnes du côté de la salle des Fêtes d’Akwa. Pas de décès enregistré sur place. Pour le préfet, il est question de « prendre l’avis des experts » et d’aviser « par la suite ».

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Sur le terrain, les véhicules saisis ont été emportés dans les fourrières municipales, dans une ambiance bruyante, comme à Ndokoti. Sur place, où se gare d’habitude une trentaine de « cargos » selon un conducteur, il est difficile d’identifier les chauffeurs, certains ayant pris la fuite. D’autres crient leur malheur loin des autorités : « Nous sommes des pères de famille. Où irons-nous ? ». Certains encore, comme Gabriel Ngaba Angoa, apprécient l’initiative : « Il y a un problème de civisme des conducteurs dans notre secteur et on nous confond tous ». Il présente d’ailleurs son permis, un geste qui n’est pas possible pour beaucoup de protagonistes sur place.

Et même si Gabriel Ngaba Angoa avance que l’état des véhicules n’est pas le seul élément à mettre en cause, on ne peut s’empêcher de s’étonner devant des « cargos ». Fait curieux, certains, bien que tombant en lambeaux possèdent bel et bien une visite technique et autres vignettes. Le responsable du point d’embarquement Ndokoti – PK14 insiste cependant : « C’est parce que les chauffeurs n’entretiennent pas leurs véhicules. Et la surcharge aussi a un impact négatif sur leur état ».

Celui qui est chauffeur depuis 19 ans revient notamment sur l’accident de Kondi du 29 octobre dernier : « Le conducteur de ce cargo s’appelait M. Lazare. Son véhicule était déjà défectueux. Il n’était plus en mesure de transporter des êtres humains. Il portait le bois entre Ndokoti et PK21. Nous lui avons donc interdit d’embarquer ici à Ndokoti. Le soir du drame, il est venu aux environs de 19h, il n’y avait plus de responsables sur place. Et le pire est arrivé ».

©Rita DIBA |Cameroon Tribune

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