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L’élevage en zone urbaine : un risque pour les populations

Elevage zone urbaine

Au lendemain des journées de l’habitat, les professionnels des médias et ceux de l’urbanisme ont décidé de se pencher sur les questions liées à la conciliation de l’élevage et de l’agriculture en zone urbaine. Tour d’horizon sur les points observés.

Concilier agriculture ou élevage en zone urbaine, c’est possible. C’est le message retenu lors du colloque organisé par la Mutuelle de l’Habitat Camerounais le 24 janvier 2015 à Ndokoti. Parti d’une remarque flagrante et d’un laisser-aller dans certains quartiers de la ville de Douala, les activités d’élevage d’animaux notamment porcins et caprins sont devenues un sujet assez délicat et préoccupant pour les pouvoirs publics. Ndogpassi, Logpom, Nyalla, Logbaba, Ndokoti… Voilà quelques quartiers où ont été recensées des occupations alliant des animaux et des milieux vivants. « Ça fait des années que plusieurs voisins élèvent des porcs et son travail est devenu très invivable ! Il fait empester le quartier et je ne sais pas pourquoi les autorités ne l’interdisent pas ! Est-ce qu’ils ont même l’autorisation ? », fulmine Djomgoué Constant Honoré, porte-parole de l’association des commerçants et riverains unis du quartier Ndogpassi II (ASRCORU).

Pourtant, d’après le Dr. Ebele Mboussi, vétérinaire et spécialiste de la Santé à la Mutuelle de l’Habitat Camerounais, ces activités qui ne sont pas toujours autorisées par des décisions sous-préfectorales, ne sont pas sans risque. En effet, bien de personnes exercent dans l’élevage sans mandat ni autorisation des autorités légales. Seuls quelques accords avec des riverains et /ou des chefs de quartiers constituent leur « okay ». Le manque d’encadrement desdites activités suscite des interrogations quant à leur impact sur l’homme. Nuisance sonore dues aux cris d’animaux ; aération environnementale modifiée ou dégradée de par des effluves ; destruction de l’espace physique ; risques de propagation de maladies virales, sont entre autres les aspects décriés par Djomgoué Constant Honoré.

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D’après Dr. Ebele, des maladies (anthropozoonoses) telles que la grippe aviaire, la fièvre aphteuse, la dengue, la toxoplasmose… qui sont assez souvent provoquées par des animaux d’élevages lorsqu’ils sont en contact avec des personnes ignorantes et surtout quand toutes les mesure d’hygiène ne sont pas observées. Pourtant l’interdiction pure et simple de l’élevage d’animaux dans la région du Littoral représente, d’après les données de la Mutuelle,  12,4 % des rentes nationales. « Vous comprenez donc qu’il serait impropre d’interdire ces pratiques mais il faut les recadrer ou les relocaliser et c’est là tout e challenge » a prévenu Jacquot Nyambot, exécutant à la mutuelle.

C’est justement afin de proposer des mesures correctives et efficaces dans une ville en constante évolution qu’avec la CUD, les promoteurs et agents immobiliers du Littoral, tout comme le site d’achat et de location de maison et de terrain en ligne www.Lamudi.cm, ont proposé des mesures correctives : la délocalisation des activités d’élevage dans les zones périphériques ; la construction des cellules confinées et industrialisées. Bien que n’ayant pas été acceptées par tous, plusieurs séries d’implémentation seront expérimentées afin de déterminer la viabilité et la faisabilité du projet.

Gaspard Ngono

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