Features

Le « zoua-zoua » sous contrôle à Maroua

station-carburant-zoua-zoua-maroua

Pour éviter le désordre urbain, des mesures ont été prises par les autorités administratives et municipales locales pour encadrer le trafic du « zoua-zoua» à Maroua.

« Koweit City » va certainement perdre sa réputation de fief de vente des produits pétroliers de contrebande en provenance du Nigeria qui partage une bonne partie de sa frontière avec la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. Pourtant, ce quartier de Maroua administrativement connu sous le nom de Founangué III est le QG de ce commerce non-autorisé par la loi camerounaise. Il se dit d’ailleurs que c’est à cause de ce commerce que le quartier porte le sobriquet « Koweit City » depuis des décennies.

En effet, le préfet du département du Diamaré, Ernest Ewango Budu, a exigé, depuis le 10 novembre 2014, que les multiples dépôts de carburant installés dans les habitations de ce quartier de Maroua soient délocalisés pour des sites aménagés loin des agglomérations. Ici, le carburant frelaté, connu sous le nom de « zoua-zoua », est stocké, non seulement, dans des magasins inadaptés, mais il se retrouve dans les habitations et parfois à proximité des cuisines où le feu est utilisé à longueur de journée pour la cuisson des aliments. Pire, ce carburant est manipulé par des mains non-expertes, donc non-habilitées à exercer la vente des produits pétroliers.

D’où les multiples incendies enregistrés régulièrement à « Koweit city » en particulier et dans la ville de Maroua en général. Le dernier en date, encore frais dans la mémoire des habitants de cette cité, est celui survenu dans la nuit de samedi à dimanche 10 novembre 2014 dernier. Le feu est parti autour de 22h du dortoir du gardien de nuit d’un des magasins de stockage de « zoua zoua ». En allumant un bâton de cigarette, le veilleur de nuit a été surpris par les flammes qui ont subitement envahi le magasin où étaient stockées des centaines de bidons de carburant frelaté.

Nous suivre ►► Facebook   Twitter   Instagram   Youtube 

Informé de l’incident, le préfet du Diamaré, Ernest Ewango Budu qu’accompagnaient le sous-préfet de Maroua 2e, Dahirou Yaya et les responsables des forces de maintien de l’ordre est descendu sur le lieu du sinistre. Sur instruction du préfet, une perquisition dans les habitations riveraines a permis de démanteler plus de 500 bidons vides de 20litres, 450 bidons de 20 litres de « zoua-zoua », 11 litres de gasoil, ainsi que des centaines de fûts de carburant et plusieurs centaines de litres d’huile de moteur. Pourtant à l’apparence, ces magasins où sont stockés ces produits pétroliers indiquent autre chose à leur devanture : « Ici, dépôt vente eau du Sahel », ou bien « vente eau du Sahel en gros et en détail ».

Pour Ernest Ewango Budu, la vente des produits pétroliers en provenance du Nigéria n’est pas autorisée au Cameroun, parce qu’il n’existe pas de convention qui lie les deux pays dans ce sens. « Nous savons que les marqueteurs ne peuvent pas couvrir les arrondissements et les villages de toute la région de l’Extrême-Nord, c’est pourquoi l’Etat affiche ce qu’on appelle la tolérance administrative à ce niveau précis », tient à préciser le préfet. « Cela ne devrait pas ouvrir la voie à la non-application des précautions qu’il faut absolument respecter, c’est-à-dire, ne pas stocker ses produits inflammables dans les quartiers ou dans les résidences », martèle-t-il. Une précaution minimale.

Afin de mettre de l’ordre dans ce secteur d’activité, une rencontre a regroupé lundi 10 novembre 2014, autour du préfet du Diamaré, les trois sous-préfets et les trois maires de la ville de Maroua ainsi que les vendeurs du carburant frelaté. Dans les résolutions prises, les vendeurs doivent, en collaboration avec les municipalités locales, stocker leurs produits dans des sites appropriés placés hors de la ville loin des agglomérations. Des points de vente dans la ville doivent être identifiés par les maires afin d’éviter que les rues de Maroua soient envahies par les points de vente désordonnés de zoua-zoua. En tout cas, pour les autorités administratives, des sanctions sévères seront prises à l’encontre des contrevenants parce que la tolérance administrative aura été suffisamment éprouvée.

©Joël MAMAN |Cameroon Tribune

Populaires cette semaine

To Top